Théâtre Petit Champlain: la mise au point d'un moteur du quartier

Jean Beauchesne est directeur général du théâtre Petit... (Photo Le Soleil, Patrice Laroche)

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Jean Beauchesne est directeur général du théâtre Petit Champlain depuis juin 2014.

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ZONE Coopérative du Petit Champlain
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La coopérative de solidarité du quartier Petit Champlain fête cette année son 30e anniversaire. En 1985, une cinquantaine d'artisans et de commerçants se sont regroupés pour acheter le parc immobilier du quartier. Pour cette deuxième de trois publications, Le Soleil se penche sur les succès vécus et les défis auxquels fait face la coopérative aujourd'hui. Prochain rendez-vous en novembre. »

<p>Laurie Richard</p>
Laurie Richard

Collaboration spéciale

Le Soleil

(Québec) Le théâtre Petit Champlain, institution culturelle établie depuis plus de 35 ans dans le quartier du même nom, aura droit à une cure de rajeunissement début 2016. Le gouvernement du Québec a octroyé 1,2 million $ pour ces travaux essentiels qui permettront à la Maison de la chanson de poursuivre sa mission tout en renouvelant l'expérience qu'elle offre à sa clientèle.

Le théâtre aura vécu plusieurs changements en deux ans. En 2014, à la suite d'une opération de rationalisation, Jean Beauchesne, ancien programmateur du Festival d'été de Québec, devient directeur général à la place du fondateur de la Maison de la chanson, Ulric Breton. 

M. Breton cherchait alors une succession pour assurer la pérennité du concept, «l'âme qu'il a donnée au théâtre», remarque M. Beauchesne. Puisque l'établissement est géré par un organisme à but non lucratif, on a procédé à quelques changements au sein du conseil d'administration : s'y sont joints des membres rattachés à l'équipe de la salle Albert-Rousseau, qui est aussi gérée par un organisme à but non lucratif.

«Au début, le Théâtre, c'était un moteur économique pour le quartier», explique M. Beauchesne. Le théâtre devait créer de la vie le soir, après la fermeture des magasins, à 17h. Dans les années 70, les magasins étaient également fermés le dimanche. «Aujourd'hui, il ne faut pas être prétentieux, on a de la concurrence à ce niveau-là. Je crois que les voeux des fondateurs du quartier, [Jacques] de Blois et [Gerry] Paris, n'ont pas changé. Il faut le maintenir comme lieu de divertissement parce qu'il y a de réelles retombées économiques et culturelles.» 

Mais comme n'importe quel moteur, il lui faut une mise à niveau, explique le nouveau dg. Pas de changements majeurs prévus à l'horizon. «On continue dans la même voie : présenter une palette d'auteurs-compositeurs de chanson d'expression française. C'est le marché naturel pour le Petit Champlain.»

Au début des années 90, Ulric Breton et Pierre Jobin en ont fait un endroit où «on essayait le plus possible de présenter des fleurons de la chanson française et québécoise». Dans les 20 dernières années, le théâtre s'est mis a accueillir des spectacles d'humour, beaucoup en rodage, «et de créer des événements avec ça». Ces artistes, comme Louis-José Houde, peuvent aisément remplir la salle Albert-Rousseau, mais bénéficient de tous les avantages d'un théâtre, avec une pression moindre, explique M. Beauchesne. 

La salle de 224 places est aussi appréciée par les artistes établis qui cherchent une formule intime, note M. Beauchesne. «On voit pratiquement tout le monde au parterre. On a l'impression de pouvoir s'adresser à tous. Ça change la dynamique.»

Nouvelles normes

À la fin janvier débuteront les travaux de mise aux normes du théâtre. Il sera fermé pendant deux mois. On renouvellera à ce moment les bancs de la salle, on installera un système de gicleurs, on mettra le système de chauffage au point. On procédera également à la rénovation des loges et des espaces communs comme les foyers et la réception. La réouverture officielle est prévue à la mi-mars.

La billetterie, par exemple, à l'entrée, sera sûrement remplacée. «On n'en a plus besoin, dit M. Beauchesne, 70 % des billets sont achetés par Internet pour être ensuite scannés. Plus besoin d'espace de contrôle.» La billetterie crée un «blocage architectural», soutient-il, elle empêche les gens l'été de s'asseoir dans les foyers du théâtre. 

On veut aussi rafraîchir l'image de l'établissement. L'administration veut inciter les touristes à l'adopter comme un autre lieu où se divertir. On veut en faire une destination comme telle. Le théâtre dispose d'une terrasse où on peut prendre un verre, «et il n'y a pas beaucoup de terrasses sur la rue», affirme

M. Beauchesne. 

La clientèle recherche aujourd'hui une «expérience». Avec le Petit Champlain «rafraîchi», on veut aussi s'adresser à la relève de la clientèle : les 34 à 54 ans. «Si on réussit, le théâtre ne s'en portera que mieux.» C'est connu, les gens sortent moins, M. Beauchesne en convient. Mais l'année 2015 s'annonce jusqu'ici meilleure que 2014. Il pourra faire un bilan plus détaillé à la fin décembre. «So far, so good», dit-il.

Le théâtre Petit Champlain, l'année de son ouverture,... (Photo archives Le Soleil) - image 2.0

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Le théâtre Petit Champlain, l'année de son ouverture, en 1978.

Photo archives Le Soleil

La naissance d'un théâtre

Le théâtre Petit Champlain a été inauguré en juin 1978. D'après un article signé par le journaliste du Soleil Louis-Guy Lemieux paru en août de la même année, les locaux, aménagés en 1967, ont hébergé un autre théâtre et quelques discothèques avant d'accueillir cette nouvelle salle de spectacle. La rue du Petit-Champlain n'était alors qu'au début de la deuxième phase de sa rénovation.

M. Lemieux écrivait en 1978, dans un texte accompagné de la photo ci-contre, que la rue «était appelée à devenir le rendez-vous des promeneurs et des amateurs de spectacles en musique et en théâtre». Le théâtre Petit Champlain a traversé de premières années difficiles. Il a fermé ses portes en 1979 et une autre fois en février 1984, pour des raisons financières. Félix Leclerc, Gilles Vigneault et Claude Léveillé y avaient notamment offert un spectacle le 24 mai 1982, «pour que les gens sachent que ce merveilleux petit théâtre doit vivre», écrivait alors le journaliste Jacques Samson dans les pages du Soleil. L'effort a été insuffisant.

La coopérative du quartier est devenue propriétaire de l'établissement en 1985, année de sa fondation. Avec quelques associés, Ulric Breton a entrepris de relancer le théâtre dès 1988. Il fondera en 1994 la Maison de la Chanson, qui poursuit toujours sa mission aujourd'hui.

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