Atelier La Pomme: Le fruit de leur labeur

Hubert Beaudry a passé le flambeau à sa... (Photo Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Hubert Beaudry a passé le flambeau à sa fille Ève, maintenant propriétaire de l'Atelier La Pomme, il y a quelques années.

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ZONE Coopérative du Petit Champlain
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La coopérative de solidarité du quartier Petit Champlain fête cette année son 30e anniversaire. En 1985, une cinquantaine d'artisans et de commerçants se sont regroupés pour acheter le parc immobilier du quartier. Pour cette deuxième de trois publications, Le Soleil se penche sur les succès vécus et les défis auxquels fait face la coopérative aujourd'hui. Prochain rendez-vous en novembre. »

<p>Laurie Richard</p>

(Québec) L'artisan du cuir Hubert Beaudry partageait, à la fin des années 70, une adresse du quartier Saint-Jean-Baptiste avec plusieurs autres artisans. «La chaloupe devenue trop petite pour la gang de pêcheurs», M. Beaudry a voulu déménager. Il avait eu vent du «rêve du Petit Champlain», projet mené par Gerry Paris et Jacques de Blois. Et s'est laissé tenter.

M. Beaudry s'est installé dans le local où se trouve actuellement la boutique Ibiza, sur la rue du Petit Champlain, en 1979. Il conserve le nom de l'atelier : La Pomme. Il se rappelle qu'ils étaient «six ou sept artisans» dans le quartier à l'époque. «C'était rough au début. Mais on vivait avec pas grand-chose. C'était peace and love

L'atelier de production se trouvait sur place. L'Atelier La Pomme se spécialisait dans les vêtements et les accessoires en cuir. La femme de M. Beaudry, Paule Lamarche, développait les collections. «C'était une des seules à travailler le cuir fin à Québec.» On a dû engager plusieurs couturières. Dans les années 80, on produisait entre 300 et 400 manteaux par année, sans compter les nombreux autres morceaux et accessoires.

Le couple a aussi eu deux filles : Ève et Elsa. M. Beaudry en est venu à tranquillement délaisser le côté artisanat pour se concentrer sur la gestion, l'approvisionnement et les ventes.

Avant la coopérative de solidarité existait un regroupement des artisans dans le quartier. «Mais les artisans ne sont pas forts sur les cotisations. Les gens refusaient de la payer.» M. Beaudry s'implique dans la coopérative dès le commencement, en 1985. «Au début, ça ne marchait pas fort. On était des artisans, personne n'était formé pour ça», la gestion. Il n'y avait pas de personnel, pas de bureau. La coop a même été placée en tutelle par la Société de développement des coopératives, et un spécialiste a dû s'en mêler, question qu'elle survive, explique-t-il. Elle en est sortie beaucoup plus structurée. Les loyers ont augmenté par la suite : «Ç'a été un bout difficile, mais ç'a été payant après.»

M. Beaudry a exploité jusqu'à trois boutiques pendant quelques années dans le quartier au milieu des années 80 : La Pomme Rouge, La Pomme Verte, La Gitane. Mais, même s'il s'amusait, il se rend compte que courir trois lièvres à la fois n'était pas rentable. Aujourd'hui, seule l'enseigne originelle perdure. Elle se trouve depuis 1988 au même endroit, sur la rue du Fort. «On s'est concentré sur notre force : le cuir.»

Nouvelle génération

M. Beaudry dit en riant ne pas avoir tenté de quitter le quartier, de s'implanter dans un centre commercial «par manque d'ambition». Plusieurs de ses anciens voisins ont «essayé» le Nouvo Saint-Roch, sont montés en haute ville. «Ce n'est pas dans la culture artisane, l'artisan tripe sur l'autonomie, pas l'argent. C'est un gagne-pain, ce n'est pas un investissement.»

La fille de M. Beaudry, Ève, a acheté la boutique il y a quatre ans. M. Beaudry continue de s'y impliquer. Avec le changement de génération, l'offre est plus contemporaine, remarque-t-il. «Comme un cultivateur qui vendrait sa terre, mais continuerait à bûcher.»

Aujourd'hui, l'Atelier La Pomme propose toujours des vêtements de cuir, maintenant signés Huguette Fecteau. On y vend les créations d'une vingtaine de créateurs québécois, tant du côté des vêtements que des accessoires. «La transition, ça prend du temps, il faut accepter que ce soit différent!»

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