Lévis, berceau et terreau de coopération

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Depuis un an, Lévis s'identifie comme la ville de la coopération. Un choix naturel lorsqu'on sait que le Mouvement Desjardins y a vu le jour. Cette présence exerce une grande influence sur la communauté où l'on dénombre près de 40 coopératives. Le Soleil présente une dizaine d'entre elles illustrant la diversité de l'engagement des citoyens dans leur milieu. »

Hélène Simard, présidente-directrice générale du Conseil québécois de... (Le Soleil, Patrice Laroche)

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Hélène Simard, présidente-directrice générale du Conseil québécois de la coopération et de la mutualité

Le Soleil, Patrice Laroche

Louis Tanguay

Louis Tanguay
Le Soleil

(Québec) Au moins 35 coopératives ont pignon sur rue à Lévis, mais plusieurs fédérations d'organisations mutualistes y ont aussi vu le jour.

Hélène Simard, présidente-directrice générale du Conseil québécois de la coopération et de la mutualité (CQCM) rappelle à titre d'exemple que c'est en sol lévisien que les Inuits ont jeté les bases de la Fédération des coopératives du Nord-du-Québec, au terme de trois semaines de travail en commun, en 1967.

Aujourd'hui, les coopératives de consommation, de production et de distribution actives dans 14 villages nordiques y sont l'un des plus grands employeurs privés avec un effectif de 250 personnes.

Créé en 1940 par le sociologue Georges-Henri Lévesque, à l'Université Laval, le CQCM a aussi, il y a plus de 25 ans, rapidement pris racine sur la Rive-Sud, où son siège social est devenu un élément «symbolique» du paysage coopératif.

D'autres communautés pourraient réclamer le titre de «ville de la coopération», si on pense à Huntingdon où est née la première mutuelle de secours au Canada ou à Sacré-Coeur, près de Tadoussac. Là, les succès de la coopérative forestière rayonnent sur les emplois jusque dans les villages des environs.

Mais, en entrevue au Soleil, dans son bureau voisin du quai des traversiers, Mme Simard indique que l'appellation lévisienne tient autant du fait qu'Alphonse Desjardins a codifié ici ce qui a donné ses lettres de noblesse au mouvement coopératif, que de la présence des milliers d'employés des divisions de l'institution qui porte son nom.

Pour Mme Simard, comme chef-lieu des services à la région qui l'entoure, Lévis peut encore développer de plus en plus de petites entreprises de services à valeur ajoutée mettant à profit la coopération.

Un des défis, c'est de faire connaître, notamment par l'intermédiaire du Centre local de développement et de la Coopérative de développement régional, cette formule entrepreneuriale comme porteuse d'avenir et non simplement présente dans le paysage.

Le CQCM est le gardien de toutes les formes de coopération, qu'il s'agisse de solidarité sociale, de consommation, et d'associations de travailleurs ou de producteurs. Toutes sont présentes sur le territoire de la ville.

Environ un tiers des coopératives locales identifiées sur une liste fournie par le CQCM sont des coops d'habitation. Elles servent d'outils pour revitaliser le milieu urbain, comme à Lauzon, par exemple.

Enjeu principal

L'enjeu principal, dit la présidente, c'est que les programmes gouvernementaux pour soutenir un hébergement de qualité à coût abordable s'essoufflent.

Pourquoi ne pas profiter de la réflexion sur de nouvelles solutions pour rendre plus accessibles des programmes destinés aux aînés autonomes dans des habitations avec services?

Surtout que Lévis attire beaucoup la population âgée des zones rurales proches.

Et Hélène Simard trouve chez les Lévisiens l'ADN et le leadership nécessaires pour que la ville devienne un véritable terreau de coopération.

Elle signale que l'assiduité des membres aux assemblées générales annuelles de la caisse populaire de Lévis est souvent citée comme un exemple de mobilisation des coopérants. On réussit généralement à y attirer un millier de participants.

L'engagement se reflète aussi dans le fait que cette caisse a été une des premières à se doter d'un fonds d'aide au milieu géré par un comité consultatif formé de gens indépendants.

Cette pratique est maintenant étendue à la majorité des caisses, mais celle de Lévis a ainsi redonné à sa communauté jusqu'à 1 million $ en une seule année.

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