L'emploi scruté au peigne fin

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Jacques Létourneau, président de la CSN

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Marie-Anne Dayé

Collaboration spéciale

Le Soleil

(Québec) Le Québec s'est doté d'un Code du travail en 1964. Où en est le Québec d'aujourd'hui dans les relations de travail? Comment répondre au contexte économique et social actuel? Le Soleil se penche sur la question au moment où des spécialistes débattent du sujet lors du 69e congrès des relations industrielles qui se tient les 26 et 27 novembre, à l'Université Laval.

Quelque 250 participants sont attendus à ce congrès annuel qui se tient aujourd'hui et demain, 26 et 27 novembre, au Grand Salon du pavillon Maurice-Pollack de l'Université Laval. L'événement est une opportunité pour les représentants du monde syndical, du milieu patronal, du gouvernement et des organismes spécialisés dans les questions d'emploi et du travail d'établir un «diagnostic» sur la représentation collective dans le contexte actuel.

«Est-ce que le Code du travail permet aux salariés d'avoir accès au syndicalisme? Est-ce que le Code du travail permet d'établir un équilibre dans les rapports de force entre les travailleurs et les syndicats?» s'interroge Paul-André Lapointe, professeur titulaire au Département des relations industrielles de l'Université Laval et membre du comité organisateur du congrès.

Durant les deux journées du congrès, quatre tables rondes alimenteront les discussions notamment sur la nouvelle dynamique des relations de travail, les nouvelles formes d'emploi, la spécificité du secteur public et parapublic québécois et l'influence de l'État sur la représentation collective et le Code du travail. Celles-ci seront suivies d'une table ronde réunissant la présidente et les trois présidents des grandes centrales syndicales québécoises (dont Jacques Létourneau, président de la CSN, qu'on voit ci-dessous).

Bien que le syndicalisme québécois fait bonne figure en Amérique du Nord, le taux de travailleurs couverts par une convention collective a légèrement diminué entre 1997 et 2013, passant de 41,5 % à 39,5 % selon les derniers chiffres de l'Institut de la statistique du Québec. Pour les organisateurs du congrès, le modèle syndical québécois est à revoir.

Paul-André Lapointe rappelle que les dernières années ont été marquées par la présence importante des lock-out par rapport aux grèves. «On a l'impression que le Code du travail ne joue plus tellement son rôle pour établir un équilibre dans les rapports de force entre les syndicats ou les employeurs. Les employeurs ont beaucoup plus de pouvoir dans les négociations. D'ailleurs ça se reflète dans les salaires. Les salaires des syndiqués ont évolué beaucoup moins rapidement au cours des dernières années que ceux des non-syndiqués, ce qui est assez surprenant», soutient-il. À son avis, la mondialisation et la financiarisation des entreprises octroient plus de pouvoir aux entreprises par rapport aux syndicats.

Syndicalisation difficile

Initialement, le Code du travail reconnaissait une seule forme de travail, soit le travail salarié à temps plein. Aujourd'hui, environ 13 % des travailleurs sont des travailleurs autonomes, qui sont cependant exclus du Code. «Parmi ces travailleurs autonomes, certains sont dépendants d'un seul client et sont de faux autonomes, ils sont plutôt salariés», explique Paul-André Lapointe.

Le professeur fait également remarquer la faible syndicalisation dans le secteur tertiaire privé, soit le commerce de détail, la restauration, l'hôtellerie, le multimédia, la biotechnologie alors que l'emploi est en croissance rapide. «Dans le secteur du multimédia, on est aux prises avec de jeunes professionnels qui sont moins sensibles aux questions collectives. Aussi, ces gens-là se déplacent, ont peu de permanence dans l'entreprise, ont peu d'ancienneté et c'est très difficile d'organiser la syndicalisation.» Le congrès sera donc l'occasion de réfléchir à de nouvelles manières de moderniser le Code du travail afin qu'il corresponde à la réalité du monde du travail actuel.

=> En un mot

Le Code du travail du Québec définit les règles juridiques encadrant le fonctionnement du régime de la libre négociation collective des conditions de travail des salariés. Le Code protège le droit d'association, reconnaît l'accréditation des salariés et permet la négociation collective dans le but de conclure une convention collective acceptable pour les travailleurs et les employeurs. À défaut d'une entente, les parties pourront recourir à la grève ou au lock-out.

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