Amphithéâtre de Québec: du rêve à la réalité

L'amphithéâtre multifonctionnel de Québec est prêt à recevoir... (Photothèque Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

Agrandir

L'amphithéâtre multifonctionnel de Québec est prêt à recevoir ses premiers visiteurs.

Photothèque Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Dossiers >

Vers un nouveau Colisée

Actualité

Vers un nouveau Colisée

Un groupe de gens d'affaires veut doter Québec d'un nouvel amphithéâtre multifonctionnel pouvant accueillir tant des matchs sportifs que des spectacles. Le projet a ses partisans comme ses détracteurs. »

Jean-Michel Poirier

Collaboration spéciale

Le Soleil

(Québec) Maintenant terminé, l'amphithéâtre multifonctionnel de la ville de Québec est prêt à recevoir ses premiers visiteurs. Situé en plein coeur du quartier Limoilou, cet énorme bol pouvant accueillir plus de 18 000 spectateurs a cependant nécessité tout le savoir-faire et la créativité de son architecte, François Moreau, ainsi que de son équipe. Rencontre avec le chef d'orchestre du projet.

L'architecte François Moreau, dans les bureaux de la... (Photothèque Le Soleil, Yan Doublet) - image 1.0

Agrandir

L'architecte François Moreau, dans les bureaux de la firme ABCP, sur la rue Saint-Paul à Québec

Photothèque Le Soleil, Yan Doublet

Q Combien de personnes ont travaillé dans l'équipe de projet?

R Ça a pris du jus de bras! Au total, ce sont plus de 72 personnes qui ont travaillé à un moment ou à un autre sur le projet de l'amphithéâtre. En période de pointe, nous étions 41 à travailler en même temps au bureau de projet. 

Q Quel était votre rôle en tant qu'architecte principal?

R Dans tout projet, le rôle de l'architecte est comparable à celui d'un chef d'orchestre. Au départ, il donne les grandes orientations au projet, puis il s'occupe de coordonner l'ensemble des professionnels sur le chantier, autant les ingénieurs que les architectes jusqu'aux scénographes et acousticiens. J'ai même travaillé avec les responsables des services alimentaires pour concevoir les installations. Il s'occupe également de donner de l'ouvrage à tout le monde. Par exemple, l'architecte va créer une trame structurale : il va positionner les colonnes, et si l'ingénieur dit que c'est impossible, il faudra faire des compromis. C'est un travail d'équipe. Il est le premier à écrire les mesures, mais les autres professionnels ont la liberté de jouer avec ces mesures-là.

Q Avez-vous vécu des écueils?

R Oui, avec le site choisi. Dès le départ, nous avons eu peur que le projet ne se réalise pas pour un problème de terrain. Sur le premier site que la Ville avait identifié, les coûts excessifs de décontamination et l'étroitesse du sol faisaient en sorte qu'on arrivait à des chiffres vraiment faramineux. Nous avons cependant présenté une alternative sur le même terrain d'ExpoCité. De cette manière, on a pu démontrer qu'on pouvait rationaliser correctement. 

Q Comment approche-t-on le design d'une structure comme l'amphithéâtre?

R On l'approche de différentes façons. Ce n'est pas unidirectionnel. Pour me faire une tête, j'ai visité 16 amphithéâtres dans le circuit de la Ligue nationale de hockey. Au départ, on n'avait pas la commande de faire un «monument». Le maire Labeaume voulait un édifice sobre et économique, sans flafla. Comme c'était financé par de l'argent public, nous avons décidé de faire quelque chose de rationnel, de fonctionnel et de sobre dans la ville. C'est sûr qu'on aurait pu faire quelque chose de plus éclatant, mais on a opté pour quelque chose de pérenne. Nous sommes partis d'un concept de base sur la thématique de l'hiver. Nous voulions concevoir un bâtiment représentatif du quartier et de la ville. Aussi, le changement de site a complètement changé la dynamique d'insertion du projet. On devait récupérer l'hippodrome, mais on a démontré rapidement que c'était impossible. On a finalement laissé l'emprise de l'hippodrome, bien localisé entre les deux colonnes dans l'axe avec le boulevard Hamel.

Q Comment avez-vous fait le tri des éléments à ajouter et de ceux à laisser de côté?

R On a visité énormément d'amphithéâtres de la Ligue nationale avant de faire celui de Québec, et on les a analysés en profondeur pour voir ce qui fonctionne, ce qui ne fonctionne pas, et ce qu'on pourrait améliorer. Car en architecture, on ne crée pas grand-chose, on améliore. On fait l'étude de besoins avant de faire le programme fonctionnel et technique et on a rencontré 67 organismes avec chacun leurs désirs spécifiques. On a conçu une matrice et on a croisé l'ensemble des besoins pour voir où ça se recoupait, puis on a procédé à l'analyse économique. Et on a dû faire des choix. Patrice Drouin de Gestev avait demandé une trappe sur le toit afin de pouvoir rentrer dans l'amphithéâtre directement par le haut, sans trop savoir s'il en aurait besoin. Mais quand on l'a étudié économiquement, on s'est rendu compte que c'était trop coûteux pour peut-être servir un jour. Mais on a aussi inséré une série d'éléments auxquels on tenait particulièrement, comme tous les ancrages nécessaires pour le Cirque du Soleil derrière les sièges. L'amphithéâtre peut donc recevoir immédiatement un spectacle du Cirque, sans coûts supplémentaires. 

Q Y a-t-il un élément dont vous êtes particulièrement fier?

R Les opérations de rationalisation de Claude Rousseau, ça nous a forcés à être très imaginatifs et à développer un produit unique en Amérique du Nord. On a développé un deuxième niveau de salon à même le gradin supérieur. Il a fallu l'insérer sous les gradins, car la Ville voulait avoir plus d'un niveau de salons. Et ça ne s'est jamais fait. Même Populous, notre partenaire américain (voir pages 4 et 5), nous disait que c'était impossible, qu'ils n'avaient jamais réussi à le faire. Mais on a décidé de le faire ici à Québec. Et ça a tellement bien marché que Populous l'a repris à Las Vegas. Ça a vraiment été un exploit. Et tout ça, avec 64 000m2 de bol. Il n'y a aucun amphithéâtre de 18 000 sièges qui est aussi petit. Mais on est hyper-fonctionnels et on n'a rien laissé derrière.

L'amphithéâtre de Québec, alors que les touches finales... (Photothèque Le Soleil, Patrice Laroche) - image 2.0

Agrandir

L'amphithéâtre de Québec, alors que les touches finales étaient ajoutées au revêtement extérieur. 

Photothèque Le Soleil, Patrice Laroche

Une place pour tous

Si le consortium SAGP n'a pas conçu la place Jean-Béliveau devant le Centre Vidéotron et la zone événementielle derrière, François Moreau et son équipe ont cependant travaillé de concert avec l'équipe de la Ville qui en était responsable, «pour arrimer tout ça et que ce soit logique».

L'architecte principal affirme avoir prévu, «avant même l'amphithéâtre», la zone événementielle à l'arrière du bâtiment. «La Ville avait déjà prévu installer une scène extérieure à cet endroit-là. On est venus implanter l'amphithéâtre à cet espace. Les plans ont dû être retravaillés afin d'accueillir le volume de l'amphithéâtre», a expliqué M. Moreau. «Peu de gens savent ça, mais nous avons installé des entrées électriques et les branchements de scène. Tout est là. C'est vraiment un plug and play

Ainsi, l'amphithéâtre pourra non seulement présenter des spectacles d'envergure internationale à l'intérieur, mais il pourra aussi servir de gigantesque batterie pour fournir l'électricité nécessaire à la présentation de spectacles extérieurs, «le terrain ayant une capacité de 100 000 personnes».

Toujours dans un souci de cohérence, «nous avons donné les grandes lignes pour l'aménagement de la place à l'avant». Avec la réduction des places de stationnement pour y installer une glace extérieure et une multitude d'autres détails, M. Moreau ajoute que les gens et les familles ne pouvant pas nécessairement s'offrir des billets pour les évènements à l'intérieur du Centre Vidéotron pourront quand même profiter des installations. «Il fallait aussi prévoir de l'espace pour les tailgates, ou des spectacles de motos», a-t-il illustré.   

Une histoire d'amour

Pour François Moreau, la construction de l'amphithéâtre n'est pas qu'un simple mandat professionnel. Il s'agit aussi d'une véritable histoire d'amour. Membre fondateur du groupe J'ai ma place, l'architecte de Québec a cru au projet avant même qu'il soit annoncé. Et cette histoire d'amour, la population de Québec aussi en faisait partie.

«Quand on avait mandaté la firme de sondages Léger, on s'est rendu compte que les citoyens de la ville étaient derrière nous à plus de 80 %», a-t-il indiqué. Et cet appui populaire a contribué à convaincre les politiciens que l'idée était non seulement de construire un simple amphithéâtre, mais de créer un projet porteur, rassembleur pour la ville de Québec. 

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer