Les infirmières mènent l'enquête au Centre antipoison

France Leblanc est infirmière au Centre antipoison depuis... (Photo Le Soleil, Yan Doublet)

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France Leblanc est infirmière au Centre antipoison depuis 20 ans.

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La profession d'infirmière et d'infirmière auxiliaire change et s'adapte aux besoins. Dans cette série d'articles, les journaux du Groupe Capitales Médias abordent certaines questions qui préoccupent ces professionnelles. Prochain rendez-vous : le 26 mai 3e de 4 »

(Québec) «Appelez-moi Sherlock Leblanc», lance tout sourire France Leblanc, infirmière au Centre antipoison depuis 20 ans. «Mon travail en est un d'enquête pour savoir ce qui a intoxiqué la personne. Il faut savoir non seulement le nombre de pilules, mais surtout la dose, car c'est cela qui détermine l'effet du poison.»

Son côté «Sherlock» lui permet de cerner la situation par une série de questions directes et indirectes de manière à obtenir le plus de renseignements pour bien évaluer le cas. 

«La mère qui appelle parce que son enfant a avalé des Tylenol ne se souvient pas de la quantité dans le contenant si je lui demande combien de comprimés ont été avalés. Mais si je lui demande s'il en a pris 13, elle me donnera une réponse du genre : «Non, il n'y avait pas plus de cinq pilules dans la bouteille.» Je sais donc à quoi m'en tenir.»

Chaque appel comporte son lot de surprises. Un même produit n'aura pas le même effet sur chaque personne. Elle doit donc explorer toutes les facettes pour bien comprendre le cas.

Après plusieurs années dans divers départements au CHUL, et un séjour de deux ans en Nouvelle-Zélande où elle perfectionne son anglais, France Leblanc peut postuler un emploi au centre antipoison maintenant qu'elle répond aux exigences de bilinguisme.

«Ce qui m'attirait, c'était l'enquête, le mystère et la possibilité d'avoir beaucoup d'autonomie, car à l'époque l'infirmière était plus une exécutante des demandes de médecins», raconte-t-elle. «Lorsque je réponds à un appel parce que vous vous être trompé dans votre médication ou pour tout autre cas, j'évalue la situation, je consulte la base de données, je donne des orientations. Je suis responsable du dossier du début à la fin et complètement autonome.»

Plus encore, les infirmières du centre antipoison suivent le cas d'une personne intoxiquée même après la fin de l'appel que la personne soit aux urgences, aux soins intensifs ou en suivi à la maison. À tour de rôle, même au changement de quart de travail, quelqu'un assurera le suivi jusqu'à ce que la personne soit hors de danger.

Ces temps-ci avec le beau temps, les cas d'intoxication viennent du redémarrage des piscines. Des gens effectuent leurs mélanges dans la maison au lieu de le faire au grand air. Les vapeurs toxiques des produits chimiques peuvent toucher les poumons, les yeux, la peau. 

Et les enfants sont aussi à risque lorsqu'ils portent tout  à leur bouche. Dans la maison, ce pourrait être des produits de nettoyage ménager, mais dehors, ils pourraient manger des champignons toxiques sur la pelouse. Bien des adultes de font prendre aussi avec les champignons toxiques dans les bois ou confondent au printemps l'ail des bois comestible et le veratrum vert, qui lui est toxique.

France Leblanc fait partie des professionnels des soins infirmiers que l'on ne voit jamais. Les infirmières, c'est certain qu'on les verra à l'hôpital, au CLSC, dans un CHSLD. Elle, c'est au téléphone qu'on peut la joindre; elle ou l'un des vingt autres collègues affectés au Centre antipoison ouvert 24 heures sur 24, sept jours par semaine.

Une vingtaine d'infirmières travaillent au centre antipoison pour couvrir l'ensemble du Québec. Des toxicologues sont de garde 365 jours par an pour répondre aux interrogations du personnel du centre antipoison. Le centre a ouvert son service le 25 novembre 1986.




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