Les religieuses augustines, les pionnières des soins de santé

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La profession d'infirmière et d'infirmière auxiliaire change et s'adapte aux besoins. Dans cette série d'articles, les journaux du Groupe Capitales Médias abordent certaines questions qui préoccupent ces professionnelles. Prochain rendez-vous : le 26 mai 3e de 4 »

(Québec) Les religieuses augustines ont été les premières en Nouvelle-France à prodiguer des soins aux malades. Elles ont créé des hôpitaux avec leurs monastères, que ce soit l'Hôtel-Dieu de Québec en 1639, et deux autres dans la Ville de Québec, à Lévis, à Montmagny, à Saint-Georges, à Gaspé, en plus de cinq hôpitaux au Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Même si les communautés religieuses ne dirigent plus les hôpitaux depuis les années 60, elles ont été le pilier des soins infirmiers et des soins de santé pendant quelques siècles au Québec. Ces femmes étaient le ministère de la Santé avant la réforme de la Révolution tranquille.

Le docteur Louis Dionne, chirurgien oncologue ayant oeuvré 40 ans à l'Hôtel-Dieu de Québec, rappelle dans le film Augustines, corps et âme que ces femmes ont été à l'origine du système de santé publique au pays. Un fait qu'il ne faut jamais oublier à son avis.

Il souligne aussi certaines incongruités actuelles comme les colloques portant sur le «patient au coeur des soins». Les religieuses augustines ne se sont jamais posé la question, dit-il, elles agissaient. Une religieuse rappelle dans ce même documentaire que les voeux de la communauté étaient de «consacrer sa vie au service du Christ et des patients».

«Nous sommes un ordre hospitalier», les soins font partie de la génétique de la communauté religieuse depuis 400 ans, raconte soeur Lise Tanguay, supérieure générale des Augustines de la Miséricorde de Jésus, elle qui a commencé sa carrière comme infirmière avant d'être appelée à diriger la destinée de la communauté.

Entre ce que les premières infirmières de la communauté prodiguaient comme soin et la modernité médicale d'aujourd'hui, l'évolution est énorme. Mais pour ces femmes, rien n'a vraiment changé, car les soins étaient et sont encore une approche globale de la personne. Le Monastère des Augustines en est la preuve. 

Non seulement est-il un legs majeur pour l'histoire du Québec, mais l'esprit même du monastère, ses activités, son organisation sont teintés de la tradition de «prendre soin de la personne dans sa globalité», illustre soeur Tanguay. 

«Nous avons toujours traité la personne, pas seulement la maladie. L'approche a été de tenir compte de la personne dans son entièreté, avec la famille, son travail, le contexte social, son environnement. Notre objectif est de prendre soin du malade et de sa famille dans tout ce qu'ils peuvent vivre.»

Pendant des années, de leur arrivée jusqu'au milieu du XXe siècle, les Augustines voyaient à tout, non seulement aux soins de base, mais à la préparation des médicaments à base d'herbes et de plantes et au fonctionnement de leurs hôpitaux. Elles possédaient des fermes qui servaient d'abord à nourrir les patients. Les religieuses passaient en second.

Leur expertise dans les potions et les médicaments naturels était reconnue partout dans la province, racontent deux des médecins interrogés dans le film Augustines, corps et âme.

Plus encore, elles ont créé des écoles d'infirmières pour former les laïques jusqu'à ce que la reforme des années 60 s'occupe aussi de la formation du personnel. «Avant 1970, nos soeurs devaient aller à l'université à Montréal pour le baccalauréat et faire leur maîtrise aux États-Unis, à Washington. L'Université Laval n'a pris le relais qu'en 1970. C'est à cette époque que nous avons fermé notre école de nursing à Saint-Georges fondée dans les années 30», se souvient soeur Tanguay.

Commençait alors une nouvelle ère où les religieuses cèderaient la direction de leurs hôpitaux au personnel laïc et au gouvernement du Québec. Le premier directeur général a pris les rênes de l'hôpital en 1965.




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