Le droit de prescrire

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Pour Josée Morin, infirmière clinicienne stomothérapeute au Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke, le droit de prescrire «va être un plus».

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ZONE Profession: infirmière

L'effectif infirmier tourne autour de 70 000 personnes au Québec. Quels sont les enjeux actuels de cette profession, la place pour la relève, et l'état de la collaboration interprofessionnelle? »

<p>Gabrielle Thibault-Delorme</p>
Gabrielle Thibault-Delorme

Collaboration spéciale

Le Soleil

(Québec) L'effectif infirmier tourne autour de 70 000 personnes au Québec. Quels sont les enjeux actuels de cette profession? Quelle place accorde-t-on à la relève? Quel est l'état de la collaboration interprofessionnelle? Les six quotidiens du Groupe Capitales Médias, dont Le Soleil, abordent ces questions. Prochaine parution: le 28 mai

En 2013, l'Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ) a entrepris des démarches pour permettre aux infirmières de prescrire des soins, des traitements ou des médicaments dans certaines situations. Selon la présidente Lucie Tremblay, dès 2016, les infirmières pourraient avoir le droit de prescrire. Selon un sondage CROP réalisé par l'OIIQ la même année, 96 % des infirmières consultées considéraient que ce droit leur permettrait d'améliorer l'accès aux soins de santé. Dans la population, 90 % des gens consultés pensaient de même.

Mais sur le terrain, qu'est-ce que le droit de prescrire changerait à la pratique? Le Soleil a interrogé deux infirmières sur le sujet : 

«Un plus»

Pour Josée Morin, infirmière clinicienne stomothérapeute au Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke, le droit de prescrire «va être un plus». 

Pour le moment, au CHU de Sherbrooke, l'accès aux prescriptions est quand même facile, précise Mme Morin, ajoutant qu'elle travaille en étroite collaboration avec des médecins et d'autres professionnels de la santé. Mais c'est dans le monde de la santé communautaire que le changement se fera sentir, explique-t-elle. «Ça va accélérer les soins et les améliorer.»

Pour le moment, dans certains milieux de santé, des expertes assistent des infirmières-ressources avec l'aide de la téléassistance. Ces expertes peuvent suggérer des plans de traitement. Cette méthode évite au patient de se déplacer, mais l'infirmière doit quand même faire affaire avec un médecin si elle a besoin d'une prescription avant de poursuivre le traitement. «Il y a un délai, qui va être raccourci [avec le droit de prescrire]. Ça va nous permettre d'accéder à un plan de traitement beaucoup plus rapidement», précise-t-elle.

Spécialisée en soins de plaies complexes, Josée Morin relève que la prise en charge des plaies est l'apanage des soins infirmiers. «Les médecins peuvent développer une expertise en soins de plaies par choix.» Souvent, explique-t-elle, ce sont les infirmières qui conseillent le type de pansements à utiliser, dont certains ne sont disponibles que sous prescription. «On fait la prescription et on la fait contresigner.»

«Ce n'est pas une question de difficulté, c'est une question de délai», affirme-t-elle, précisant que la bonne collaboration interprofessionnelle est primordiale. Si la prescription serait la cerise sur le sundae, chaque établissement doit aussi améliorer l'accès et la rapidité des soins en collaborant davantage et en permettant à l'information de circuler de manière plus efficace.

Dans les milieux de santé, la prescription serait un plus, selon elle, mais pas non plus une panacée.

«Oui, le droit de prescrire, ça serait le... (Photo fournie par Milène Arsenault) - image 2.0

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«Oui, le droit de prescrire, ça serait le fun. Mais avant, il faut réorganiser les milieux de travail et remettre des bras sur le plancher» - Milène Arsenault

Photo fournie par Milène Arsenault

Un changement peu perceptible

Pour Milène Arsenault, infirmière au Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Capitale-Nationale, la prescription infirmière «changerait un peu [sa pratique], mais pas beaucoup».

«Dans la situation actuelle, explique-t-elle, je peux déjà prescrire tous les soins de plaies, sauf ceux qui impliquent des médicaments. Je peux déjà prescrire beaucoup de soins à mes patients. Et dans le département, on a ce qu'on appelle des ordonnances collectives, donc des médicaments que je peux prescrire avec évaluation du patient, sans l'avis du médecin.»

Ces ordonnances sont liées au milieu de soins dans lequel travaille Mme Arsenault. Les médecins signent d'avance un certain nombre d'ordonnances.

Milène Arsenault oeuvre principalement dans une unité mixte pour les soins palliatifs et la réadaptation fonctionnelle. Dans le cadre de ses fonctions, elle aide aussi les infirmières auxiliaires et les préposés aux bénéficiaires.

Aux soins palliatifs, explique-t-elle, les patients rencontrent leur médecin tous les jours. L'avantage d'avoir cette nouvelle responsabilité, ce serait pour certains tests et examens. Par exemple, «si un patient a des symptômes d'infection urinaire, j'aimerais pouvoir prescrire un test d'urine», illustre-t-elle.

Transfert de responsabilités

Pour certains cas simples, en suivant un protocole précis, elle aimerait bien que certaines responsabilités «tombent dans leur cour». Elle croit aussi que les infirmières auxiliaires et les préposés aux bénéficiaires pourraient également prendre plus de responsabilités... à quelques conditions.

Mais avant cela, il faudrait miser sur le plein champ d'exercices, croit-elle. «Tant qu'il y a de la confusion dans les niveaux de formation, ça va être dur de donner des acquis aux infirmières.»

De plus, ajoute Milène Arsenault, le contexte des coupes dans les milieux de la santé fait qu'il est difficile de demander au personnel de prendre davantage de responsabilités. «On mise beaucoup sur l'efficacité, mais ainsi on perd de la qualité, dit-elle. Je pense qu'on est au bout de l'élastique, faire plus avec moins, ce serait difficile.»

«Oui, le droit de prescrire, ça serait le fun, conclut-elle. Mais avant, il faut réorganiser les milieux de travail et remettre des bras sur le plancher.» 

 

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