2015, l'année de l'infirmière

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Lucie Tremblay, presidente de l'Ordre des infirmieres et infirmiers du Quebec (OIIQ)

La Presse, Martin Chamberland

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ZONE Profession: infirmière

L'effectif infirmier tourne autour de 70 000 personnes au Québec. Quels sont les enjeux actuels de cette profession, la place pour la relève, et l'état de la collaboration interprofessionnelle? »

<p>Gabrielle Thibault-Delorme</p>
Gabrielle Thibault-Delorme

Collaboration spéciale

Le Soleil

(Québec) L'effectif infirmier tourne autour de 70 000 personnes au Québec. Quels sont les enjeux actuels de cette profession? Quelle place accorde-t-on à la relève? Quel est l'état de la collaboration interprofessionnelle? Les six quotidiens du Groupe Capitales Médias, dont Le Soleil, abordent ces questions. Prochaine parution : le 21 mai

«J'ai l'impression que 2015 sera une année historique pour les soins infirmiers», affirme Lucie Tremblay, présidente de l'Ordre des infirmières et infirmiers du Québec. «On a une obsession par rapport à l'accès aux soins de santé et on est convaincus que les infirmières font partie de la solution.»

Pour la présidente, l'univers de la santé est à un carrefour. «Toutes les manchettes nous parlent de longs temps d'attente. Presque une personne sur quatre n'a pas de médecin de famille», ajoute-t-elle. «Il faut que la population reçoive des soins de qualité, en un temps opportun.»

Selon elle, l'accès aux soins ne doit pas passer uniquement par le médecin, mais aussi par d'autres professionnels de la santé, notamment les infirmières.

Droit de prescrire

D'ici peu, croit-elle, ces dernières pourront prendre de plus grandes responsabilités, dont celle de prescrire des médicaments. «On est en attente d'une réponse. Si la tendance se maintient, d'ici janvier 2016, les infirmières devraient avoir le droit de prescrire.» Cependant, ce droit ne sera pas étendu à toutes les situations.

Selon les recommandations, toute infirmière titulaire du baccalauréat en soins infirmiers, ou qui a reçu une formation en santé publique, pourra remplir une ordonnance pour les soins de plaie, les infections transmissibles sexuellement et les infections du sang, les débuts de grossesse, la contraception ou certaines maladies du nourrisson, par exemple.

«Le patient qui est à domicile et qui a une plaie, si on n'est pas capable de prescrire, ça retarde son traitement. C'est inconfortable pour lui, et il va aller chercher des services ailleurs... notamment aux urgences», explique-t-elle.

Mme Tremblay croit aussi que les patients seront souvent plus à l'aise de parler de leur santé avec une infirmière qu'avec un médecin aux urgences ou en consultation sans rendez-vous. Elle donne pour exemple les infirmières scolaires ou à domicile qui entretiennent déjà un rapport de proximité avec leurs patients.

Cependant, si l'on se fie à l'exemple de la loi 41, qui accorde plus de responsabilités aux pharmaciens depuis le 3 septembre 2013 et qui n'a toujours pas été mis en vigueur, l'horizon de janvier 2016 n'est-il pas trop optimiste? La situation est différente, nuance Mme Tremblay, qui précise que les médecins et les infirmières travaillent déjà ensemble, majoritairement dans le réseau public. «Elles sont déjà là, elles sont déjà payées», ajoute-t-elle, précisant que le conflit sur les honoraires, au coeur des discussions sur le projet de loi 41, ne s'applique pas à cette situation.

Entrée en CHSLD

Autre changement qui s'annonce, un groupe d'infirmières praticiennes spécialisées en première ligne feront leur entrée dans les centres d'hébergement et de soins de longue durée (CHSLD). «C'est une population qui est très vulnérable et qui a de la difficulté à voir un médecin», dit-elle. «Les études démontrent que la présence d'infirmières en CHSLD diminue de façon considérable le transfert à l'urgence, améliore la qualité de vie et diminue l'utilisation de médicaments.

«On est le seul ordre professionnel, à part le médecin, qui peut faire l'évaluation de l'état de la personne. Ça nous assure une grande autonomie», indique-t-elle, ajoutant que cette autonomie risque d'augmenter avec le droit de prescrire.

La mise en place de ce qu'elle qualifie de «projet-vitrine» doit servir à prouver ces bénéfices. Si les essais sont concluants, elle espère que le service s'étendra dans le réseau de la santé.

En nombre suffisant

Pour un meilleur accès aux soins, la recette est simple selon l'Ordre des infirmières et infirmiers du Québec. «Il faut s'assurer qu'on a la bonne personne, au bon moment... et en nombre suffisant», dit sa présidente, Lucie Tremblay.

Voilà le hic. Selon un sondage réalisé en mars par la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ), près de 7500 infirmières, infirmières auxiliaires, inhalothérapeutes et perfusionnistes songent sérieusement à prendre leur retraite d'ici trois ans, soit 3500 de plus que le nombre d'infirmières qui ont quitté la profession sous Lucien Bouchard en 1997. Pour 2019-2020, la FIQ prévoit une pénurie de 3000 infirmières.

«Depuis plusieurs années, on a entre 3000 et 3500 infirmières qui entrent dans la profession, alors que 2500 prennent leur retraite», réplique Lucie Tremblay, qui n'observe pas de changement dans le nombre de départs à la retraite pour les prochaines années, du côté de l'Ordre.

Cependant, ajoute-t-elle, «quelle sorte d'industrie pourrait dire qu'elle est en pénurie, alors que 40 % de ses effectifs travaillent à temps partiel? Il y a quelque chose dans cette équation que je ne comprends pas.» En effet, selon le Rapport statistique sur l'effectif infirmier 2013-2014, 59,6 % des infirmières travaillent à temps complet, 31,8 % à temps partiel et 8,6 % sont travailleuses occasionnelles. Le nombre d'infirmières syndiquées a aussi plafonné à près de 55 000 en 2006-2007 et n'a jamais atteint de tels sommets à nouveau.

C'est le noeud du problème selon la présidente de l'Ordre, qui rappelle que la profession est très attirante pour la relève et que 90 % des infirmières exercent toujours la profession après cinq ans. «Il y a une passion de soigner, mais il faut utiliser les infirmières à leur plein potentiel», conclut-elle.

En chiffres

  • 42,7 âge moyen des infirmières
  • 1 infirmière sur 5 est âgée de plus de 55 ans
  • 37,9 % des infirmières sont titulaires d'un baccalauréat
  • 87,3 % des infirmières exercent des fonctions cliniques,
  • 7,3 %, des fonctions de gestion,
  • 5,3 %, des fonctions d'enseignement ou de recherche
  • 73 145 infirmières et infirmiers sont inscrits sur le tableau de l'OIIQ
  • 10,6 % pourcentage d'hommes dans la profession

Six priorités d'action de l'Ordre

  • Permettre le droit de prescrire
  • Augmenter le nombre d'infirmières praticiennes à 2000
  • Augmenter le nombre d'infirmières en CHSLD
  • Assurer une gouvernance clinique en soins infirmiers :
  • Assurer une prestation sécuritaire des soins : «la bonne personne, au bon moment, en nombre suffisant»
  • Favoriser la collaboration interprofessionnelle, surtout pour les soins de longue durée

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