L'imprimante 3D qui ne rate rien

Les figurines sont d'abord imprimées à partir d'un... (AFP, Xian Chizi Digital Technology)

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Les figurines sont d'abord imprimées à partir d'un moule conçu par l'entreprise chinoise, puis peintes pour reproduire à la perfection d'anciennes figurines.

AFP, Xian Chizi Digital Technology

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Yanan Wang
Agence France-Presse
Pékin

Énigmatique tête de Bouddha, statue de soldat, dragons ou chimères : ces figurines qui semblent tout droit sorties des dynasties Qin ou Tang sont en fait des reproductions fabriquées dans une petite usine du nord de la Chine par des imprimantes 3D.

Dans l'ex-capitale historique Xi'an - célèbre pour ses murailles médiévales et le tombeau du premier Empereur chinois -, un petit studio se voue à la reproduction de figurines via des technologies de pointe.

«Les moindres détails de l'original sont préservés dans le moule 3D que nous concevons», explique à l'AFP Xi Xin, président de cette société baptisée Xian Chizi Digital Technology.

À l'inverse de certains copistes chinois qui reproduisent à la chaîne des Van Gogh et autres bustes antiques, la réplique se veut ici la plus exacte possible.

«Des artisans [travaillant manuellement] peuvent s'avérer incapables de reproduire [tous les détails] dans le résultat final. Or, une imprimante ne rate rien», affirme l'audacieux entrepreneur.

Sa firme, dont les produits sont vendus dans les boutiques des musées et à des collectionneurs privés, profite de l'accélération des innovations technologiques en Chine, où l'industrie investit massivement pour monter en gamme.

«L'impression 3D en Chine pèse désormais quelque 100 milliards de yuans [19 milliards $], contre tout juste un milliard de yuans (190 millions $) cinq ans auparavant», se félicite Luo Jun, président de l'association nationale fédérant les professionnels des «technologies d'impression 3D».

Made in China

Ce fulgurant décollage est récent, mais l'impression 3D avait fait son apparition en Chine dès les années 90, rappelle M. Luo dans un entretien à l'AFP.

À l'époque, ce sont des professeurs de la réputée université Tsinghua de Pékin et de l'Université des sciences de Huazhong qui importent des États-Unis cette innovation encore balbutiante.

L'essor de la technologie en Chine, d'abord timide, s'accélère ensuite grâce au soutien appuyé des autorités, soucieuses de doper le niveau de l'industrie nationale.

Ainsi, le plan «Made in China 2025» établi par le gouvernement en 2015 mentionne les percées attendues dans les technologies d'impression 3D comme un moteur prioritaire pour la croissance chinoise dans la prochaine décennie.

«Désormais, par son ampleur, l'industrie chinoise de l'impression 3D surpasse à la fois les États-Unis et l'Europe», assure Luo Jun, évoquant «l'enthousiasme» des entreprises pour cette technologie au potentiel colossal.

La technologie imite l'art

À Xi'an, la société Chizi Digital Technology a affiné ses propres techniques ces dix dernières années, utilisant des machines de stéréo-lithographie pour produire des répliques soigneusement reconstituées de pièces historiques.

Le processus préparatoire prend jusqu'à trois mois, tandis que l'«impression» proprement dite (fabrication de la première reproduction) peut nécessiter jusqu'à quelques semaines pour les oeuvres les plus complexes.

Une fois ce prototype mis au point grâce à la 3D, il permet de passer à une production de masse - en usine - de la pièce en question, à partir de matériaux divers (bois ou cuivre habituellement).

«Certes, nos clients n'achètent pas nos produits à cause de leur aspect "impression 3D", mais [cette technologie] rend le processus de reproduction bien plus facile» et permet des répliques de précision, insiste M. Xi.

Ainsi, si un client demande une reproduction d'un éléphant haute de 80 cm au lieu des 50 cm originels, il suffit de programmer différemment le logiciel de l'imprimante 3D pour générer un nouveau prototype.

Par ailleurs, l'entreprise de Xi Xin offre également ses services à des sculpteurs contemporains, qui lui commandent souvent des moules 3D pour reproduire leurs propres oeuvres.

Quant aux reproductions de pièces anciennes - des miniatures vendues entre 20 et 500 yuans (de 3,75 à 95 $) -, elles font le bonheur des touristes qui affluent en toute saison à Xian.

On les trouve ainsi dans les boutiques de souvenirs du tombeau de Qin Shi Huang, fondateur de l'Empire chinois au 3e siècle av. J.-C., un site archéologique connu pour son armée de terre cuite, dont les soldats sont plus grands que nature et tous différents.

Grâce à l'impression 3D, les visiteurs peuvent repartir avec des reproductions exactes de ces soldats dans le creux de leur main.




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