L'envol de FlyScan

Alors que Donald Trump relance les projets d'oléoducs... (Le Soleil, Erick Labbé)

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Alors que Donald Trump relance les projets d'oléoducs aux États-Unis, Éric Bergeron, président de FlyScan, commercialise un appareil mis au point à l'INO utilisant les propriétés de l'optique pour détecter à distance les petites fuites de pétrole dans les pipelines souterrains.

Le Soleil, Erick Labbé

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(Québec) «Tout ce pétrole qui sort du sol, il faut le transporter et les oléoducs représentent la façon la plus sécuritaire de le faire.»

À la tête de FlyScan, Éric Bergeron veut aider les exploitants de pipelines à rendre leurs installations encore plus sécuritaires en matière de protection de l'environnement.

Comment ?

En leur proposant des services de détection à distance pour repérer les fuites de pétrole dans les pipelines souterrains, et ce, à partir d'un système laser miniaturisé installé sous un hélicoptère.

La technologie a été développée à l'Institut national d'optique (INO) et Éric Bergeron entend la commercialiser au Canada et aux États-Unis d'ici la fin de 2018.

Il s'agit du même entrepreneur qui avait mis au monde, en 2003, Optosecurity, une société spécialisée dans la détection des menaces et l'amélioration de l'efficacité opérationnelle des points de contrôle dans les aéroports. Ses logiciels se retrouvent aujourd'hui dans des aéroports en Europe.

Pour faire décoller sa jeune pousse, Éric Bergeron avait réussi à récolter plus de 30 millions $ sur les marchés de capitaux de risque.

Se décrivant lui-même comme un «développeur» plutôt qu'un «administrateur», M. Bergeron quittait Optosecurity à l'automne 2015 pour relever un nouveau défi.

Ce nouveau défi, il l'a déniché à l'INO. Son inspiration pour fonder Optosecurity, en 2003, il l'avait aussi trouvé dans les mêmes laboratoires.

Entrepreneur en résidence 

En collaboration avec la Ville de Québec, l'INO a mis sur pied le programme Entrepreneur en résidence qui permet à un bâtisseur chevronné de trouver une innovation technologique parmi toutes celles développées par ses chercheurs et la commercialiser.

Pendant 18 mois, l'entrepreneur en résidence bénéficie d'une aide financière pouvant atteindre 200 000 $ pour couvrir les frais de démarrage de la nouvelle entreprise. Avant Éric Bergeron, Éric Giroux avait bénéficié de ce programme pour lancer RaySecur qui commercialise une technologie capable de détecter et de confirmer la présence de substances suspectes dans les petits colis.

RaySecur et FlyScan sont ainsi devenus les 30e et 31e entreprises à essaimer de l'INO depuis 1985.

Détecter les petites fuites

En laboratoire, la technologie de FlyScan a fait ses preuves. 

Avant même l'arrivée d'Éric Bergeron, l'INO collaborait avec le Département américain des transports et un exploitant de pipelines pour mettre au point un système portable de détection de fuite permettant de localiser, d'identifier et d'évaluer les fuites de pétrole à partir d'une plateforme aéroportée.

«Il y a suffisamment de drapeaux verts qui se lèvent pour démontrer le potentiel commercial de la technologie», explique M. Bergeron.

Parce que les pipelines sont enfouis sous terre, les systèmes actuellement utilisés par les opérateurs ne permettent pas de détecter rapidement les très petites fuites. 

La solution québécoise est un appareil bourré d'instruments pesant plus de 500 livres et installé sous un hélicoptère qui détecte les vapeurs émises par ces fuites. Sa capacité de détection peut atteindre jusqu'à 90 mètres. 

Lorsqu'une fuite se produit sous terre, des composants chimiques volatils remontent lentement vers la surface et forment un minuscule nuage de gaz invisible à l'oeil nu.

Monté sur une plateforme aéroportée, l'appareil utilisant des instruments spectroscopiques envoie des impulsions de lumière pour trouver ce petit nuage et identifier précisément l'emplacement de la fuite.

Bâton de pèlerin

Au cours des derniers mois, Éric Bergeron a pris le bâton du pèlerin pour aller valider l'intérêt des opérateurs d'oléoducs au Canada et aux États-Unis. «Y-a-t-il un marché ou non? S'il n'y en a pas, c'est simple, je vais passer à autre chose.»

Ses démarches lui ont permis qu'il y avait bel et bien un marché. Deux opérateurs ont même insisté pour être les premiers à tester le produit.

Rappelons qu'aux États-Unis, le nouveau président, Donald Trump, vient de donner un coup d'accélérateur à l'industrie en signant des décrets pour relancer les projets d'oléoducs Keystone SX et Dakota Access.

Comme il l'avait fait, à l'époque, pour Optosecurity, Éric Bergeron repart à la conquête des marchés pour financer le démarrage de FlyScan. 

Cette fois, il n'est plus considéré comme un jeune blanc-bec par les investisseurs en capital de risque. 

«Bien sûr, le stress n'est plus le même. Les retours d'appels se font plus rapidement. Rien n'empêche que la recherche de capitaux, c'est long et c'est difficile.»




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