Révolution numérique pour le monde industriel

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Denis Gaudreault a récemment été nommé directeur canadien d'Intel Canada.

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(Québec) Si pratiquement tout le monde a entendu parler de l'Internet des objets, les fameux objets connectés, la société aujourd'hui ne connaît que le prélude des grands bouleversements qui pointent à l'horizon. La réalité dépassera la fiction, dans le monde numérique version 4.0.

Les objets connectés seront légion dans les prochaines années, dit Denis Gaudreault, récemment nommé directeur canadien d'Intel Canada. «Les manufacturiers canadiens et les PME devront passer à l'usine 4.0, sinon ce seront d'autres fournisseurs dans le monde qui auront les contrats. Les chefs d'entreprise sont conscients, car le monde industriel doit absolument s'adapter et passer à un autre niveau.»

L'usine 3.0, c'était celle des robots, des tapis roulants, des chaînes de montage semi-automatisées. L'usine 4.0 sera tout cela, mais avec des appareils interconnectés, autonomes, gérés par l'intelligence artificielle pour prendre des décisions ou générer des alertes. Avec des drones autonomes dans des corridors protégés qui feront la livraison des pièces fabriquées de l'usine A à la chaîne de montage de l'usine B.

La révolution du numérique ne touche pas que les consommateurs habitués du Web et des réseaux sociaux et touche toutes les couches de la société et tous les objets industriels ou d'utilité courante. C'est le monde industriel qui fera cette nouvelle révolution en générant des centaines de millions de milliards d'octets dans l'univers des données massives (Big Data).

«Les changements seront rapides et impressionnants», ajoute M. Gaudreault. «Et nous le verrons de notre vivant», estime l'homme qui oeuvre chez Intel depuis 16 ans.

Il n'y aura pas que les téléphones ou frigos branchés sur le réseau Internet en permanence, il y aura aussi des appareils médicaux, les turbines des centrales électriques, les bornes-fontaines capables de signaler une fuite ou une baisse de pression, les lampadaires qui détectent le taux de CO2 dans l'atmosphère et toutes les caméras de surveillance. Il ne faut pas oublier les automobiles autonomes, les véhicules industriels eux aussi autonomes, comme les camions de livraison utilisés lors d'un essai récent à Toronto.

Tout cela nécessite de créer des processeurs plus petits, plus performants, plus fiables et moins énergivores. Intel s'y prépare depuis un bon bout de temps. Si les processeurs actuels font 14 nanomètres d'épaisseur, les puces à 10, 7 et 5 nanomètres verront le jour dans les prochaines années (un nanomètre équivaut à environ 1/80 000 du diamètre d'un cheveu). Tout cela fera grimper le flot des données de 20, 100 ou des milliers de fois ce qui transite comme information sur les réseaux actuels.

«Aujourd'hui, une personne sur les 3,2 milliards d'humains branchés sur Internet génère en moyenne 650 Mo [mégaoctets] de données par jour, souligne M. Gaudreault. Une automobile autonome avec ses nombreux capteurs pour prendre des décisions en temps réel génèrera 4 To [téraoctets] par jour.» Quatre téraoctets représentent 4194304 mégaoctets.

Denis Gaudreault prédit que la révolution numérique bouleversera... (fournie par Intel) - image 2.0

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Denis Gaudreault prédit que la révolution numérique bouleversera rapidement le fonctionnement des industries.

fournie par Intel

L'ombre du piratage

«La réalité virtuelle prendra aussi beaucoup de place dans l'industrie, ajoute M. Gaudreault. Dans l'assemblage de haute précision comme dans l'avionnerie, le travailleur, grâce aux informations transmises dans ses verres protecteurs, pourra s'assurer qu'il pose le bon boulon au bon endroit, la pièce dans le bon emplacement et de la bonne manière. Cette forme d'assistance virtuelle remplacera le recours à la tablette ou au téléphone dans les usines d'assemblage avec la multiplication des objets connectés.»

Qui dit circulation des informations et multiplication des accès sur le réseau dit aussi augmentation des voies de piratage. La dernière grande attaque informatique passait d'ailleurs par les objets connectés pour faire ses dommages. Selon le patron d'Intel Canada, l'entreprise travaille à compliquer la vie des pirates en agissant directement dans le système de protection des processeurs pour éviter les intrusions.

Avec la croissance des produits autonomes de toute nature, il faut aussi s'assurer d'un cheminement éthique. «Nous collaborons avec toutes les instances gouvernementales, les grands manufacturiers et les grands joueurs du Web pour l'établissement des nouvelles règles», conclut-il. C'est d'ailleurs la grande préoccupation du monde des assurances face aux véhicules autonomes lorsqu'il s'agit d'établir la responsabilité lorsque survient un incident ou un accident.

Chose certaine, des centaines de milliards d'objets connectés prendront leur place dans les prochaines années dans les entreprises, dans les usines et dans le quotidien des citoyens.

L'entreprise Intel compte quelque 900 employés au pays en plus d'avoir acquis plusieurs entreprises technologiques au Québec et au Canada au fil des ans.

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