Hacking Health: le numérique au service de la santé

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(Québec) Prendre une photo de votre repas pour en obtenir immédiatement les valeurs nutritives, est-ce réaliste ou futuriste? C'est la question que s'est posée une des 12 équipes du premier Marathon d'innovation santé, tenu à l'Université Laval, de vendredi à dimanche.

Organisé par la branche régionale du mouvement mondial Hacking Health, le Marathon visait à faire travailler conjointement, le temps d'une fin de semaine intensive, des professionnels des milieux de la santé et du numérique. Le tout a débouché, dimanche après-midi, sur une série de présentations auprès de gens d'affaires et de décideurs publics afin de les convaincre que les projets embryonnaires pourraient être intégrés au système de santé.

Professeur et détenteur de la Chaire en nutrition à l'Université Laval, Benoît Lamarche a profité du Marathon d'innovation santé pour jumeler un de ses étudiants à la maîtrise, Didier Brassard, avec des étudiants en informatique dirigés par un autre professeur, François Laviolette. Le projet sur lequel ces derniers planchaient, baptisé FINN, vise le développement d'une application de reconnaissance des aliments grâce à une photo, à l'ère des téléphones intelligents. 

«Le problème, c'est que c'est difficile d'évaluer l'alimentation des gens parce qu'il n'existe pas de moyen objectif de le faire. On le fait à partir de questionnaires où les gens détaillent leur alimentation des derniers mois, mais il y a de nombreux biais possibles. L'idée est de trouver un moyen d'évaluer l'alimentation sans se fier à la mémoire des gens», explique Didier Brassard.

Algorithme

«On essaye de voir comment on pourrait construire un algorithme qui va regarder plusieurs images de nourriture, par exemple une salade ou une lasagne, pour, à l'avenir, lorsqu'il va voir une nouvelle image d'un aliment, être capable de dire ce que c'est. Si l'on va plus loin dans l'application, on pourrait associer à chaque plat sa valeur nutritive et faire des statistiques à long terme sur comment les personnes pensent et mangent», estime pour sa part un autre membre de l'équipe de travail, Maxime Tremblay, étudiant à la maîtrise en informatique. 

Ultimement, une application pour téléphone intelligent reconnaissant les données nutritives pourrait à la fois aider et encourager son utilisateur à manger sainement, tout en fournissant de précieuses données aux chercheurs et médecins sur les habitudes alimentaires de leurs patients ou d'un groupe donné. 

Les résultats obtenus en 48 heures avec un prototype d'algorithme n'ont rien de renversant, admet Didier Brassard. Son équipe travaillait avec des ressources et une banque de photos limitées. «Mais la reconnaissance des aliments à partir d'une large banque de photos, c'est possible. Il y a des gens qui travaillent là-dessus ailleurs dans le monde», assure-t-il. 

Le projet FINN aura donc des suites au-delà de la fin de semaine. Il n'est d'ailleurs pas impossible que d'importantes ressources lui soient allouées. 

Benoît Lamarche et François Laviolette font partie d'un groupe de chercheurs canadiens et australiens ayant déposé leur candidature pour une bourse de plus d'un million de dollars grâce à un concours lancé par la fondation de Bill et Melinda Gates. La fondation veut contrer les problèmes d'alimentation dans les pays en voie de développement. FINN pourrait s'inscrire dans la solution en cas d'obtention de la bourse.

Virage numérique nécessaire

Le système de santé québécois doit sauter à pieds joints dans le virage numérique et s'ouvrir davantage aux innovations comme celle qui émane du premier Marathon d'innovation santé. C'est du moins l'avis de Patrick Archambault, intensiviste à l'Hôtel-Dieu de Lévis et chercheur clinicien à l'Université Laval. 

«C'est essentiel de prendre un véritable virage numérique si l'on veut bénéficier des avantages sur l'efficience de nos processus de soins, sur l'interaction avec nos patients, et si l'on veut mieux outiller ces patients dans leur prise de décision», a expliqué, dimanche, le Dr Archambault. 

Initiateur d'un des 12 projets du Marathon d'innovation santé, son idée est de rendre accessibles tous les documents et formulaires utilisés dans les hôpitaux sous format électronique. Selon l'intensiviste, pouvoir chercher et accéder à tous les documents sous format interactif faciliterait le travail des médecins. 

Le passage au numérique peut aussi améliorer l'expérience des usagers du système de santé, explique-t-il. «En fin de semaine, on a développé un outil d'aide à la décision partagée accessible sur un appareil mobile que le médecin peut amener au chevet du patient pour discuter avec lui, et sur lequel on peut remplir ensemble des formulaires.» 

L'arrivée du mouvement Hacking Health à Québec était trop belle pour que Patrick Archambault ne s'y joigne pas. «Un médecin ne sera jamais un informaticien et un informaticien ne sera jamais un médecin», souligne-t-il. 

«On a besoin de cette expertise interprofessionnelle parce que le numérique n'est la propriété d'aucune discipline en particulier. On a besoin de cette collaboration entre les acteurs de différents milieux.»

Hacking Health, c'est quoi?

Le mouvement mondial Hacking Health vise à créer des espaces de collaboration pour des gens des milieux de la santé, du numérique et des affaires.

Grossièrement, des professionnels de la santé identifient un besoin en matière de numérique, des informaticiens et des programmeurs les aident à ébaucher une solution, puis des hommes d'affaires ou des décideurs publics déterminent si les projets valent la peine d'être réellement développés.

«Ce sont des gens qui normalement ne se rassembleraient pas facilement, et on réussit à les asseoir ensemble pour 48 heures pour décortiquer des problématiques et développer des prototypes», explique le coresponsable de Hacking Health Québec, Alejandro Gaviria. 

Le travail de son organisation n'arrête pas au bout de 48 heures. «On veut vraiment faire un suivi serré de ces projets-là pour les aider dans la recherche de financement et de gens qui feront avancer leur idée.»

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