S'adapter ou mourir, un choix inéluctable dans la high-tech

Le sort malheureux de plusieurs vedettes du high-tech... (La Presse canadienne, Eduardo Lima)

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Le sort malheureux de plusieurs vedettes du high-tech comme BlackBerry illustre le danger de se reposer sur un seul produit.

La Presse canadienne, Eduardo Lima

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Agence France-Presse
SAN FRANCISCO

Nokia, Yahoo, BlackBerry... Le sort malheureux de plusieurs vedettes déchues du high-tech illustre le danger de se reposer sur un seul produit et surtout d'être trop lent à réagir dans un secteur où tout évolue particulièrement vite.

Le pionnier canadien des téléphones intelligents, dont l'appareil vedette fut un temps jugé si incontournable et addictif qu'il avait valu à son utilisateur le surnom de «crackberry», a annoncé mercredi qu'il renonçait à fabriquer des téléphones lui-même pour se recentrer sur les services.

Avant lui, Nokia, jadis premier fabricant mondial de téléphones portables, a vu cette activité s'envoler en fumée, tandis que le pionnier d'Internet Yahoo, après plusieurs années à tenter sans succès de relancer sa croissance, s'est résolu à vendre son coeur de métier au géant des télécoms Verizon.

«Leur point commun, c'est qu'ils n'ont pas bien réagi à des changements rapides», résume Roger Kay, analyste chez Endpoint Technologies Associates. «Ça va à très grande vitesse dans le secteur technologique», rappelle-t-il. «Tous les secteurs finissent par se stabiliser à un moment, et le secteur technologique le fera probablement, mais il ne l'a pas encore fait, car il est encore relativement jeune.»

Aller à toute allure semble ancré dans la culture d'un secteur qui ne cesse de parler de «bouleversement» et de «révolution», et dont les produits deviennent quasi jetables, qu'il s'agisse d'un message qui disparaît en quelques secondes ou d'un téléphone qu'on cherche à vous faire remplacer tous les ans.

Se reposer sur ses lauriers

Se convertir à la nouvelle tendance du jour n'est pourtant pas toujours facile quand on possède un produit tellement bien installé que ses revenus semblent éternels.

«Cela me rappelle tous ces vieux chanteurs qui vont à Las Vegas quand ce qu'ils devraient vraiment faire, c'est arrêter. Tout le monde veut un rappel et continuer à être payé», note Roger Kay.

Il relève par exemple que Yahoo, roi d'Internet avec son portail qui servait d'annuaire universel, «aurait pu voir que son modèle était attaqué» quand Google a changé la manière dont on surfait sur la Toile avec son moteur de recherche. «Ils ne l'ont pas vu, ou pas admis, et parce que l'argent qui rentrait était basé sur leur vieux modèle d'activité», ils «n'ont pas voulu l'abandonner».

Dans le cas des fabricants de téléphones, et même si chaque entreprise a des explications particulières pour expliquer son échec, il y a aussi eu une conjonction assez rare: l'irruption soudaine et simultanée de deux acteurs extérieurs, Apple avec l'iPhone et Google avec Android, dont le poids combiné a été suffisamment important «pour faire basculer le marché», souligne Robert Enderle, un expert indépendant. «Il y avait une perception générale que le marché était si stable et si bien dominé par quelques acteurs que personne ne pourrait le révolutionner», explique-t-il.

Contrairement à la naissance du moteur de recherche de Google, qui créait un nouveau marché, «il y avait un marché existant, que tout le monde pensait connaître plutôt bien, et qui a été complètement pris de court par la combinaison d'Apple et Google», avance-t-il.

Réinvention

Se faire dépasser par de nouveaux-venus n'est toutefois pas forcément inéluctable, et certaines entreprises du secteur n'ont pas hésité à se réinventer, avec des succès variés.

Roger Kay évoque IBM, un groupe aujourd'hui centenaire qui n'a pas hésité à le faire plusieurs fois, abandonnant toute une série d'activités au fil des années, ou Intel, qui a lâché dans les années 80 son activité d'origine, les mémoires, pour se concentrer sur les microprocesseurs.

Apple lui-même est passé au bord de la faillite avant de redevenir, grâce à l'iPod, puis surtout l'iPhone, la première capitalisation boursière mondiale et l'une des entreprises les plus rentables de la planète.

Mais la réinvention ne fonctionne que si elle est permanente. IBM semble aujourd'hui empêtré dans une restructuration interminable, avec des revenus qui baissent depuis plus de quatre ans; Intel a bien du mal aujourd'hui à trouver la recette pour s'adapter à la crise du PC; et un nombre croissant d'analystes juge qu'Apple lui-même est devenu trop dépendant de l'iPhone, et tarde trop à sortir un nouveau produit révolutionnaire.

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