Données cryptées: les géants technologiques derrière Apple

Des manifestants s'étaient rassemblés devant un magasin Apple... (AP, Steven Senne)

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Des manifestants s'étaient rassemblés devant un magasin Apple de Boston pour réagir dans le combat que mène la compagnie contre la justice américaine qui voudrait l'obliger à déverrouiller ses iPhone.

AP, Steven Senne

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Agence France-Presse
Washington

De Google à Facebook en passant par Microsoft ou Yahoo!, de nombreux géants de la Silicon Valley soutiennent Apple dans son combat contre la justice américaine qui voudrait l'obliger à déverrouiller ses iPhone, dont seuls ses clients détiennent la clé.

«Si les arguments du gouvernement l'emportent, tout l'écosystème Internet sera affaibli, laissant les internautes plus vulnérables aux pirates informatiques et autres acteurs malveillants», a indiqué dans un communiqué la Computer & Communications Industry Association (CCIA), à l'origine d'un texte avec l'Internet Association et d'autres acteurs du secteur.

Cette demande commune a été déposée devant la justice californienne, qui s'occupe de ce dossier. La justice américaine a demandé qu'Apple aide le FBI à accéder au contenu d'un iPhone utilisé par l'un des auteurs de l'attentat de San Bernardino, qui a fait 14 morts début décembre en Californie.

L'affaire a créé un clivage important entre ceux qui estiment que l'utilisateur d'un appareil électronique tel qu'un téléphone intelligent doit pouvoir garder ses informations privées grâce au verrouillage, et ceux qui jugent que les enquêtes légitimes des forces de l'ordre doivent primer.

D'autres grandes entreprises devraient également déposer des documents du même type, qui visent à apporter au juge de nouveaux arguments et de nouvelles informations qui ne figurent ni dans les dossiers déposés par les plaignants, ni dans ceux de la défense. Ces demandes visent à infléchir la décision du magistrat.

Dans l'affaire de San Bernardino, les parties doivent présenter leurs arguments lors d'une audience devant un tribunal fédéral de Californie le 22 mars.

Entreprises inquiètes

«Il y a de grandes inquiétudes dans beaucoup d'entreprises du secteur technologique, qui craignent de voir un dangereux précédent créé avec cette affaire», a expliqué Ed Black, directeur général du CCIA, qui compte plusieurs des principaux concurrents d'Apple, comme Amazon, Pandora ou Samsung.

«Les entreprises du secteur technologique comprennent la volonté du gouvernement d'obtenir des informations et respectent sa mission qui vise à nous protéger, mais nous espérons que le tribunal prendra en compte l'argument plus large de la sécurité et de la confiance qui sont également en jeu dans ce dossier», a-t-il ajouté.

Dans une affaire distincte de celle de San Bernardino, dans laquelle Apple avait reçu une demande identique de débloquer l'iPhone d'un trafiquant de drogue présumé, un juge new-yorkais est allé dans le sens d'Apple en début de semaine.

Le directeur de la police fédérale FBI James Comey a lui regretté que le travail des enquêteurs puisse être entravé par des «espaces où même des mandats de justice ne s'appliquent pas», et qui restent ainsi inaccessibles pour la police.

Le Pentagone contre les «portes dérobées»

Le secrétaire à la Défense américain Ashton Carter s'oppose à la systématisation de «portes dérobées» laissant aux autorités un accès à toutes les données cryptées, a-t-il indiqué lors d'un voyage dans la Silicon Valley.

«Pour aller droit au but, je ne crois pas aux portes dérobées ou à une approche technologique unique dans ce qui est un problème complexe», a déclaré M. Carter dans un discours lors d'une conférence sur la sécurité sur Internet, dont le contenu a été diffusé jeudi.

«Je ne pense pas que ce soit réaliste, je ne pense pas que ce soit technologiquement correct», a-t-il dit.

Selon le ministre, l'administration Obama n'envisage pas pour l'instant de pousser le Congrès à légiférer sur le sujet.

«Nous savons que c'est plus compliqué que cela [...] Je ne pense pas qu'écrire une loi avant d'avoir une réelle exploration technique de toutes les solutions innovantes [...] soit une bonne solution», a-t-il expliqué.

Il a par ailleurs souligné que «la sécurité des données, y compris le cryptage, était absolument essentielle» pour le Pentagone, vu le fonctionnement complètement interconnecté des armements modernes.

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