Apple contre le FBI, un combat qui fera date

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L'âpre combat juridique qui s'est ouvert cette semaine opposant Apple aux autorités américaines soulève la question de ses vastes conséquences sur le cryptage des communications et la protection de la vie privée.

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Sébastien Blanc
Agence France-Presse
Washington

L'âpre combat juridique qui s'est ouvert cette semaine opposant Apple aux autorités américaines soulève la question de ses vastes conséquences sur le cryptage des communications et la protection de la vie privée.

Pourquoi ce virage?

Cela fait des années que la police fédérale (FBI) se plaint de voir ses enquêtes entravées par le cryptage des données stockées dans certains smartphones. Après les révélations d'Edward Snowden sur l'ampleur de ses programmes de surveillance, le gouvernement américain a longtemps marché sur des oeufs, hésitant entre la voie législative, le recours aux tribunaux ou l'offensive de charme.

Le mois dernier, les plus hauts responsables de la sécurité du pays ont ainsi mis le cap sur la Silicon Valley pour une rencontre au sommet avec les géants mondiaux d'Internet, parmi lesquels Apple, Facebook, Google et Twitter. Mais, face à l'échec de la stratégie de la persuasion, la justice américaine a opté pour la confrontation... avec l'affaire la plus susceptible de lui apporter le soutien du public : l'attentat djihadiste de San Bernardino (14 morts en décembre), le pire depuis le 11 septembre 2001.

Que demande le FBI?

Les enquêteurs américains veulent accéder au contenu de l'iPhone 5c utilisé par Sayed Farook, l'un des deux auteurs décédés de l'attentat, pour déterminer ses liens éventuels avec le groupe État islamique. Ce smartphone est protégé par un code secret. Dix tentatives infructueuses pour taper ce code déclenchent l'effacement des données. Le FBI demande la neutralisation de cette fonction afin de tenter un nombre infini de codes jusqu'à trouver le bon.

Mardi, une juge de Californie a ordonné à Apple de fournir «une assistance technique raisonnable» au FBI pour lui donner accès au smartphone de Farook. Vendredi, le ministère américain de la Justice a enfoncé le clou en déposant un argumentaire en soutien de l'action engagée.

Apple peut-il répondre à la demande?

Le groupe de Cupertino affirme que le logiciel demandé par le FBI n'existe pas. Toutefois, les experts indépendants s'accordent à dire que les ingénieurs d'Apple ont la capacité de le créer. Mais attention, prévient alors Apple, une telle «porte dérobée» mettrait en péril la protection des données de centaines de millions d'utilisateurs.

«Le gouvernement suggère que cet outil pourrait être utilisé une fois, sur un seul téléphone. Mais c'est tout simplement faux. Une fois créée, cette technique pourra être réutilisée encore et encore, sur n'importe quel téléphone», prévient Tim Cook, le patron de la firme à la pomme.

Quels sont les enjeux?

Apple redoute que le jugement de Californie crée une jurisprudence qui le forcerait à débloquer ses smartphones chaque fois que la justice le demanderait. Ces demandes pourraient même être préventives et, en cas de refus, Apple pourrait se retrouver par exemple dans la situation d'être coupable de ne pas avoir permis d'empêcher un attentat.

Sundar Pichai, le pdg de Google, a apporté son soutien à Tim Cook, en soulignant qu'«imposer aux firmes la possibilité de pirater les données et les appareils de leurs clients serait un précédent inquiétant».

À quoi s'attendre?

De toute évidence, Apple semble prêt à mener un long combat contre la décision du juge californien, en saisissant la cour d'appel et en mettant le débat sur la place publique.

Tim Cook, qui a posté une longue lettre sur le site Internet d'Apple pour défendre ses positions, compte sur la mobilisation à la fois des clients d'Apple, de la communauté des internautes et des autres géants de la Silicon Valley.

«Le FBI et Apple se trouvent désormais plongés dans une guerre de communication», a commenté sur CNBC l'expert Michael Fertik.

L'Union américaine pour les libertés civiles (ACLU) et d'autres organisations de défense des libertés ont choisi le camp d'Apple. À l'opposé, des responsables démocrates et républicains ont donné tort au groupe.

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