Évitement fiscal d'Apple: des «foutaises», dit Tim Cook

Tim Cook a visité cette semaine un magasin... (AP, Mark Lennihan)

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Tim Cook a visité cette semaine un magasin Apple à New York. Selon lui, si son groupe a tant d'argent stocké à l'étranger, c'est «parce que les deux tiers de nos activités sont là-bas».

AP, Mark Lennihan

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Agence France-Presse
San Francisco

Le patron d'Apple, Tim Cook, a qualifié de «foutaises politiques» les accusations selon lesquelles son groupe essaye d'échapper à l'impôt aux États-Unis, mettant en cause une législation fiscale selon lui dépassée à l'heure d'Internet, dans une interview télévisée qui sera diffusée dimanche.

Interrogé pour l'émission 60 minutes de CBS sur des accusations du Congrès américain, selon lesquelles le groupe aurait monté un système sophistiqué pour éviter de payer des impôts aux États-Unis, Tim Cook répond que «ce sont de totales foutaises politiques. Il n'y a aucune vérité là dedans», selon un extrait rendu public vendredi par la chaîne.

«Nous payons plus d'impôts que qui que ce soit dans ce pays», souligne-t-il, et si le groupe a tant d'argent stocké à l'étranger, c'est «parce que les deux tiers de nos activités sont là-bas».

«J'aimerais le ramener à la maison», assure encore le directeur général d'Apple, mais «cela me coûterait 40% de le ramener à la maison. Et je ne pense pas que ce soit une chose raisonnable à faire».

Et de dénoncer «un code fiscal qui a été conçu pour l'ère industrielle, pas pour l'ère numérique», et qui est ««horrible pour l'Amérique».

«Il aurait dû être changé il y a de nombreuses années. Il est plus que temps de le faire», estime-t-il.

Les États-Unis taxent l'ensemble des bénéfices de leurs entreprises - y compris ceux engrangés hors de leur territoire -, mais les autorisent aussi à en stocker une partie à l'étranger, indéfiniment et hors de portée du fisc.

Sur la sellette

De nombreuses multinationales américaines sont actuellement sur la sellette, aux États-Unis comme en Europe, à propos de leurs pratiques visant à «optimiser» leur facture fiscale.

De nombreux poids lourds du secteur technologique sont concernés, mais certains voient aussi des objectifs similaires dans la vague d'acquisitions réalisées en Europe par d'importants acteurs de la «vieille économie».

Cela permet d'investir les trésors de guerre accumulés à l'étranger, mais aussi parfois de déménager son siège social vers le pays jugé plus accueillant fiscalement où est basé sa cible. Le Trésor américain a toutefois annoncé il y a quelques semaines des mesures pour limiter cette pratique, appelée «inversion fiscale» très critiquée par les responsables politiques.

Apple n'a pas fait de grosses acquisitions à l'étranger jusqu'ici, mais s'est endetté à plusieurs reprises pour financer des dividendes et des rachats d'actions plutôt que rapatrier les dizaines de milliards de dollars qu'il stocke à l'étranger.

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