Québec, 30 ans de numérique

En 1987, le Club Macintosh de Québec, le... (Photothèque Le Soleil)

Agrandir

En 1987, le Club Macintosh de Québec, le plus gros club francophone en Amérique et le septième en importance au monde, participait au Carrefour Apple à Québec.

Photothèque Le Soleil

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) Si Québec a manqué le titre de ville intelligente, en 2014, l'industrie du numérique fait partie du décor depuis fort longtemps. Ce sont des débuts modestes qui ont permis la création de 8000 à 10 000 emplois en technologie dans la grande région de Québec.

Guy Boucher (à gauche avec un coffret de... (Photothèque Le Soleil) - image 1.0

Agrandir

Guy Boucher (à gauche avec un coffret de jeu dans les mains) et David Weiser (portant la salopette), font partie des artisans de l'univers numérique de Québec. La photo a été prise en 1994 alors que Megatoon venait de lancer son jeu Wallobee Jack, qui a connu un succès mondial, car il était distribué par un géant de l'époque, WordPerfect.

Photothèque Le Soleil

En 1982, François Taschereau lançait le logiciel de comptabilité Fortune 1000, racontait cette semaine Carl-Frédéric De Celles, président d'iXmédia, lors d'une conférence à l'Espace Numérique d'Expo Québec. «Québec est une ville numérique depuis longtemps», affirmait-il.

L'homme d'affaires qui a fondé iXmédia, entreprise spécialisée dans la création de sites Web, il y a 20 ans, connaît bien l'histoire du numérique à Québec pour l'avoir vécue et observée depuis longtemps.

Il rappelle que la bibliothèque Gabrielle-Roy a inauguré la première logithèque au Canada en 1985, avant qu'Internet soit accessible à toute la population. L'établissement public prêtait des logiciels et des jeux.

En 1985, c'était aussi la naissance du Club Macintosh de Québec, le plus gros club francophone en Amérique et le septième en importance au monde, puisqu'il comptait plus de 2500 membres au début des années 90.

«Il n'y avait pas d'Internet à cette époque», se souvient-il lui qui fut l'un des administrateurs du club Mac et gestionnaire du babillard électronique Synapse. «Les usagers de l'informatique fondaient des clubs pour partager leurs connaissances et leurs trucs», que ce soit autour des produits Apple ou des PC avec le système d'exploitation DOS et dans les débuts de Windows de Microsoft.

Il présentait à l'écran le premier courriel reçu par l'Université Laval et Marc Blanchet, le 2 juin 1988, confirmant que l'institution d'enseignement avait maintenant une adresse IP (Internet Protocol) distincte.

C'était l'époque des modems 14,4 et 28,8 K occupant la ligne téléphonique pour télécharger ses messages que l'on consultait hors ligne bien souvent. C'était aussi l'époque des premiers navigateurs comme Turbo Gopher et Netscape 1.0. Les années 80 et 90 étaient loin de la reconnaissance vocale de Siri, de Google Now et de Cortana, de la fibre optique et des connexions sans fil.

«Avec les babillards électroniques qui se connectaient entre eux à travers le monde, nous avions déjà toutes les prémisses des réseaux et des jeux entre plusieurs usagers en réseaux», continue-t-il presque avec nostalgie. «Les gens échangeaient des nouvelles, des documents. Il y avait même du clavardage. Facebook et les autres n'ont rien inventé», ils ont peaufiné le concept.

En 1992, les premiers pirates font leur apparition, dont le groupe NPC. Deux ans plus tard, le premier fournisseur d'accès à Internet faisait son apparition. C'était LLC pour «Liberté Liberté Chérie». Puis, il y en a eu d'autres comme Zone Internet, Oricom qui existe toujours avant que TELUS (globetrotter.net), Vidéotron et Bell viennent envahir le marché.

Il se souvient du premier lien haute vitesse à 64k pour iXmédia. Aujourd'hui, le lien rapide est des centaines de fois plus rapides pour le même coût mensuel qu'en 1995. Cette année-là, l'entreprise concevait le premier site Web du ministère des Affaires municipales pour quelque 5000 $.

En décembre 1996, Le Soleil devenait le premier quotidien au Québec à diffuser des nouvelles sur le Web dans un format interactif au moment où la concurrence diffusait les pages de leurs journaux en format PDF plutôt statique et difficile à consulter.

Et en 2006, ZAP Québec voit le jour pour le partage des connexions Internet sans fil à partir des établissements de la ville de Québec et de plusieurs commerçants qui étendent leur toile sur presque toute la ville.

Carl-Frédéric De Celles, pdg d'iXmédia... (Le Soleil, Pascal Ratthé) - image 2.0

Agrandir

Carl-Frédéric De Celles, pdg d'iXmédia

Le Soleil, Pascal Ratthé

De Tap'Touche à 4Degré

Dans un retour en arrière dans le monde des logiciels, Carl-Frédéric De Celles, pdg d'iXmédia, rappelle le premier Tap'Touche créé par Marc Boutet, alors élève au secondaire à Sainte-Foy. Il y aura de nombreuses versions dans le monde, dans les écoles et les maisons pour apprendre à taper avec un clavier d'ordinateur. 

Il fonde De Marque, aujourd'hui dans l'industrie du livre numérique. Il a vendu son logiciel à Druide Informatique, les druides qui ont concocté l'outil d'aide à la rédaction Antidote.

Fortune 1000 de François Taschereau a évolué vers Acomba, puis Acceo lors qu'il a vendu son entreprise. Mais l'homme d'affaires, qui avait lancé le karaoké Tune 1000, a aussi investi dans le démarrage du premier studio de jeu à Québec, et au Québec, probablement le premier au Canada : Megatoon en 1992. 

Le jeu Wallobee Jack a connu un succès mondial, car il était distribué par un géant de l'époque, WordPerfect. L'entreprise devait distribuer au moins un logiciel québécois pour obtenir le contrat avec le gouvernement du Québec pour ses logiciels de bureautique, raconte M. De Celles.

Chez Megatoon, il avait des noms comme Guy Boucher (aujourd'hui à Sarbakan), David et Ron Weiser (aujourd'hui chez Black Tie Venture) et quelques autres qui y firent leurs premières armes comme Dominique Brown, le fondateur de Beenox, maintenant dans Chocolats Favoris, Steve Couture, le pdg fondateur de Frima qui a acquis Hummagade et Volta. Sans compter les nombreux autres artisans qui font encore leur marque dans l'industrie encore aujourd'hui.

Puis, il y a eu le premier multimoteur de recherche Copernic, de la famille Bouchard avec Martin a sa tête, lui qui a mis au monde le centre de données 4Degrés avec des associés comme Louis Têtu, fondateur de Taleo et de Recruitsoft, avant que le centre passe aux mains de Vidéotron. Des anciens de Copernic, comme Albert Dang Vu, ont fondé Mirego. Plusieurs autres compagnies prospères sont issues du génie et du travail des précurseurs.

Aujourd'hui, on compte quatre grands studios de jeux vidéo et de nombreux petits qui génèrent au moins 1200 emplois. Et des spécialistes des effets spéciaux connus dans le monde entier travaillent sur les projets comme Game of Thrones ou Transformers

Tout cela sans compter toutes les innovations qui se développent dans le Parc technologique et même dans le sous-sol d'une maison d'Orsainville comme ce fut le cas avec CGI. On ne peut passer sous silence la revue technologique AtoutMicro publiée pendant près 20 ans ou les émissions d'information sur la technologie animées par François Taddei sur le canal communautaire TéléMag 24 que l'on peut trouver encore sur YouTube.

«Qui aurait cru que l'univers numérique de Québec naisse d'un logiciel de comptabilité?» conclut M. De Celles en annonçant qu'il devrait écrire un livre sur le sujet d'ici quelques années. Un livre papier ou numérique? Il ne l'a pas précisé.

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer