Contrats publics: EBR interdite de soumissionner

Désormais seul actionnaire d'EBR, Denis Blais, qui n'a... (Photothèque Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Désormais seul actionnaire d'EBR, Denis Blais, qui n'a rien à se reprocher dans les affaires de fraude touchant la compagnie, a refusé de parler aux médias, mercredi.

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(Québec) L'Autorité des marchés financiers (AMF) n'est pas convaincue que le ménage est terminé chez Informatique EBR et lui retire l'autorisation récemment accordée de soumissionner pour des contrats publics.

La semaine dernière, l'AMF a fait l'objet de critiques pour avoir conclu qu'EBR méritait sa place parmi les fournisseurs du gouvernement. Le OK avait été donné quelques jours avant la rafle de l'Unité permanente anticorruption (UPAC), qui a coincé un deuxième dirigeant d'EBR, Jean-François Robidas, vice-président aux ventes et au marketing et ancien actionnaire.

Celui-ci fait partie d'un groupe de huit accusés, fonctionnaires et représentants informatiques, qui auraient comploté pour obtenir frauduleusement un contrat informatique de 24 millions $ de Revenu Québec.

En juin, Mohamed El Khayat, cofondateur d'EBR, aujourd'hui évincé de la compagnie, avait aussi été arrêté pour le même genre d'infractions présumément commises envers le ministère de la Sécurité publique.

L'AMF a mis une semaine à revenir sur sa récente décision, le travail de révision ayant commencé dès que l'UPAC a procédé aux arrestations.

Selon Sylvain Théberge, porte-parole de l'AMF, les arguments présentés par EBR en soutien de sa demande initiale ne tiennent plus la route.

«On avait d'abord et avant tout statué sur un état de situation qui nous apparaissait convenir aux exigences élevées en matière d'intégrité auquel le public est en droit de s'attendre. Mais depuis ce temps, on a une autre personne en autorité d'EBR qui se retrouve arrêtée par l'UPAC, elle exerce des fonctions importantes, on parle d'accusations d'abus de confiance, complot pour fraude. C'est tout ça qui a joué et qui fait en sorte qu'aujourd'hui, on prend cette décision-là», a résumé M. Théberge.

«Ça nous laisse sous une impression très forte que la problématique au sein d'EBR est encore sérieuse, que la culture d'entreprise est différente de ce qu'on nous avait présenté à l'époque et que même les mesures présentées ne seront pas suffisantes ou à tout le moins peut-être trop récentes pour nous permettre de continuer avec l'autorisation», a-t-il renchéri.

EBR se verra aussi retirer, d'ici 60jours, les contrats qu'elle a déjà en poche. C'est le délai que prévoit la loi, a confirmé Joseph Simoneau, porte-parole du Secrétariat du Conseil du trésor. La PME est un des principaux fournisseurs de tableaux blancs interactifs installés dans les écoles québécoises depuis quelques années.

IBM en évaluation

Le cas d'IBM Canada, qui faisait partie du consortium suspect avec EBR, est encore en évaluation. «Afin d'évaluer l'existence ou non de motifs de révocation, l'Autorité a demandé des renseignements supplémentaires à l'entreprise qui lui permettront de faire la lumière sur la situation, notamment en regard du rôle des personnes arrêtées dans l'entreprise et de permettre à l'UPAC de procéder aux vérifications requises», dit le communiqué de presse diffusé hier.

Le grand patron d'EBR, Denis Blais, désormais seul actionnaire de la PME avec sa fille, a refusé les demandes d'entrevue. Une boîte de communication a d'abord informé les journalistes qu'il étudiait la décision de l'AMF et commenterait dans les prochains jours, puis une porte-parole est revenue avec une réaction. Selon cette personne, M. Blais juge la situation «regrettable» et entend profiter des 10 jours à sa disposition pour formuler des commentaires et infirmer la décision. «Il va tout faire pour préserver les emplois dans son entreprise», nous a-t-on fait savoir.

La semaine dernière, M. Blais s'était dit persuadé de conserver son autorisation durement acquise, puisque les événements reprochés à M. Robidas remontent à une époque qu'il présente comme révolue.

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