Cellulaire: le réseau 2G en voie de disparaître au pays

Entre 5 % et 10 % des usagers utiliseraient le...

Agrandir

Entre 5 % et 10 % des usagers utiliseraient le réseau 2G. Sur 28 millions d'abonnés, 5 % représente 1,4 million de cellulaires à remplacer.

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) Votre cellulaire pourrait bientôt s'endormir à jamais. Même s'il est encore vigoureux! Les géants de l'industrie sont en train de fermer leur réseau de deuxième génération pour laisser toute la place aux nouvelles technologies. Des milliers de téléphones, peut-être des millions, devront être changés au pays

Les cellulaires visés ont été vendus jusqu'en 2012. Il en reste donc une bonne quantité dans les chaumières. Mais ils sont jugés «désuets», puisqu'ils fonctionnent sur des réseaux qui ne supportent pas efficacement les appareils récents. Et l'industrie veut sustenter les consommateurs à la mode, carnassiers de bande passante. Nous sommes parmi les plus gros utilisateurs de «données sans fil» au monde, souligne le directeur des communications de l'Association canadienne des télécommunications sans fil (ACTS), Marc Choma.

Au Canada, trois entreprises dominent le marché. Sur un total de quelque 28,2 millions d'abonnés, Bell, Rogers et TELUS en cumulent presque 26 millions, dénombre l'ACTS. Un peu de perspective : en octobre, Statistique Canada évaluait la population à 35,7 millions d'habitants.

Et ces trois géants préparent l'abandon de leurs réseaux de deuxième génération, même s'ils sont encore fonctionnels. Chez Rogers, on l'appelle GSM. Les deux autres parlent du réseau CDMA. On les connaît mieux par leur appellation populaire, soit le «2G».

La date exacte de leur retrait est toutefois difficile à obtenir. Tout comme le nombre de clients affectés. Une information commerciale stratégique.

Directeur des opérations chez Sogetel Mobilité, Bastien Néron indique néanmoins que l'industrie compte probablement entre 5 % et 10 % d'usagers du «2G». Chez lui, c'est plus : 15 %. Joueur de moindre poids, sa clientèle est répartie en Mauricie, dans le Centre-du-Québec et en Chaudière-Appalaches. On y changerait moins souvent de «cell».

«C'est plusieurs milliers de personnes qui vont devoir migrer», calcule-t-il. Même s'il ne subsiste qu'un «petit pourcentage» d'adeptes du 2G - comme on nous l'a déclaré à plusieurs reprises -, il y aura beaucoup de personnes concernées : 5 % de 28 millions, c'est tout de même 1,4 million de cellulaires à changer.

Mutation en cours

Une chose est sûre, la mutation est en cours. «Bell Mobilité a lancé son réseau CDMA en 1997 et a mis en marché des appareils mobiles CDMA jusqu'en 2012», explique la gestionnaire principale, relations avec les médias de Bell, Marie-Ève Francoeur. «Nous avons commencé à migrer nos clients utilisant encore la technologie CDMA vers la technologie la plus récente.»

Mme Francoeur ne nous a pas offert d'échéancier, ne nous a pas indiqué quand Bell fermera l'interrupteur. Le Soleil a toutefois constaté que le débranchement est planifié «à partir de juillet 2015». C'est la Société de l'assurance automobile du Québec qui a révélé l'information.

Chez TELUS, on est aussi déjà au travail : «Oui, on vous confirme que, effectivement, l'abandon du réseau CDMA se fait progressivement», déclare Luiza Staniec, des relations médias. Les clients vont «progressivement» recevoir des «offres» pour changer de téléphone.

«En plus, les fournisseurs d'appareils mobiles ne produisent plus de téléphones intelligents qui sont compatibles avec ce réseau-là.» Donc, si votre joujou cellulaire fonctionne en «2G», il ne sera bientôt plus bon et vous devrez vous en procurer un nouveau. Ici, c'est clair : en 2016, le 2G passera à l'histoire comme un vestige technologique.

Rogers est plus vague. «Nous offrons toujours des services GSM», avance Heather Robinson, chef des relations publiques pour la région de l'Atlantique, jointe au Nouveau-Brunswick. Dans le même courriel, elle souligne cependant que le «2G» n'est presque plus utilisé. Et que l'entreprise investit pour les technologies à venir, dont le VoLTE, la future génération.

Il y a toutefois un signe que Rogers est aussi en train de négocier le virage pour abandonner le 2G... En entrevue téléphonique, le directeur des communications de l'Association canadienne des télécommunications sans fil, Marc Choma, a affirmé que la compagnie «a déjà fermé ce réseau»!

Les rumeurs qui circulent dans l'industrie concordent. «J'ai tout lieu de croire que Rogers va fermer son réseau [2G] cette année», pronostique Bastien Néron, de Sogetel Mobilité. TELUS et Bell pourraient étirer un peu pour quelques clients, selon lui. Notamment pour les propriétaires d'anciens véhicules de marque GM dotés de la technologie OnStar fonctionnant sur le réseau cellulaire «2G» CDMA... Eux aussi seront touchés.

****

Des besoins de plus en plus lourds

La mort du réseau cellulaire de deuxième génération, nous en sommes (un peu) responsables. Acheteurs de nombreux gadgets sans fil, utilisateurs compulsifs d'applications à tout faire, obsédés par les petits écrans bleus, nous avons «besoin» de réseaux de plus en plus performants.

Les entreprises investissent donc des millions et des millions pour développer leurs services. Seulement chez TELUS, on aurait dépensé autour de 32 milliards $ depuis l'an 2000, soutient Luiza Staniec, des relations médias. Au cours des deux prochaines années, l'entreprise prévoit décaisser 700 millions $ au Québec seulement.

Le défi pour l'industrie, c'est qu'elle doit supporter trois ou quatre technologies en même temps, nous éclaire le directeur des opérations de Sogetel Mobilité, Bastien Néron. Et chaque réseau a ses antennes accrochées sur les tours disséminées sur le territoire. Ces tours commencent à être surchargées d'antennes.

En plus, il y a des coûts d'entretien, d'électricité, de «location» des fréquences pour chaque réseau.

Sans compter qu'une nouvelle technologie arrivera bientôt, le VoLTE, afin d'alimenter les outils sans fil sans cesse plus nombreux. «Ça prend beaucoup de bande passante. La demande de data a explosé!»

Donc, les entreprises fermeront leur réseau de deuxième génération. Elles pourront ainsi décrocher les antennes du «2G» qui trônent souvent au sommet des tours, le meilleur emplacement, le plus payant, dit M. Néron.

Et nous pourrons acheter encore plus de gadgets sans fil, pour utiliser plus de bande passante... 

****

Trois géants

Rogers Sans-Fil: 9,5 millions d'abonnés

Bell Mobilité: 7,9 millions d'abonnés

TELUS Mobilité: 8 millions d'abonnés

28,2 millions: nombre d'abonnés «cellulaires» au Canada

Sources: données au troisième trimestre de 2014, Association canadienne des télécommunications sans fil

***

Les technologies cellulaires

1G › analogique (révolu)

2G › CDMA/GSM (premier réseau numérique, sur le respirateur artificiel)

3G › HSPA (réseau devenu saturé par notre appétit pour les «données»)

4G › LTE (pas de voix, données seulement, pour soutenir le HSPA)

Et en 2015 › Le VoLTE (voix et données à haute vitesse)

Source: Bastien Néron, directeur des opérations, service sans fil de Sogetel

***

Dois-je changer de cellulaire?

› Les appareils visés ont été vendus à la fin des années 1990 jusqu'à 2012. Vous avez en main un petit bijou de technologie dernier cri survolté? Pas de crainte à avoir. Vous avez encore un téléphone acquis avant 2010? Pariez que ses jours sont comptés. Entre 2010 et 2012? Il faudra vérifier.

Luiza Staniec, des relations médias de TELUS, propose un autodiagnostic: «Les clients peuvent retirer le couvercle à l'endos de la batterie et vérifier s'il y a une carte SIM. Si leur téléphone ne dispose pas de carte SIM, il s'agit d'un téléphone CDMA.» Si cela est du charabia pour vous, pas de panique; il vous reste du temps pour faire un petit détour vers la boutique de votre fournisseur ou pour communiquer avec le service à la clientèle.

Des ministères forcés de moderniser leur équipement

Des ministères, organisations étatiques et entreprises décaisseront de belles sommes pour acheter des cellulaires de nouvelle génération. Seulement à la Société de l'assurance automobile du Québec (SAAQ), les quelque 200 véhicules des contrôleurs routiers devront être rééquipés rapidement sans quoi ils seront sans voix dès le début de l'été.

C'est un appel de proposition publié récemment par la SAAQ qui a mis Le Soleil sur la piste du présent dossier : «Notre fournisseur de service cellulaire actuel a annoncé la fermeture progressive de son réseau cellulaire de technologie CDMA à partir de juillet 2015. La Société doit donc procéder au remplacement des cellulaires actuels avant cette date afin d'éviter une coupure de services.» On invite les entreprises du secteur à «proposer» une solution de rechange.

Le fournisseur de cellulaires de la SAAQ, c'est Bell Mobilité, qui compte presque huit millions de clients au Canada. Ce géant prépare le débranchement de son réseau de deuxième génération.

Le CDMA, c'est le «2G», une technologie déployée au tournant du millénaire qui a depuis été surchargée. D'autres réseaux, le «3G» et le «4G» ont été ajoutés pour offrir plus de rapidité, plus de bande passante pour l'échange de données. Et un autre réseau encore plus performant est en développement. Les principaux joueurs de l'industrie sont donc en train d'éliminer le CDMA, ainsi que les autres réseaux de même génération, pour se concentrer sur les technologies dernier cri.

Conséquence évidente et directe, les clients qui ont conservé leur «vieux» cellulaire devront changer. Même s'il fonctionne encore. Et il en reste un bon nombre de ces téléphones vendus entre le milieu des années 1990 et 2012.

La SAAQ n'est pas la seule. «Plusieurs organisations ayant une grande flotte de véhicules comme la SAAQ» utilisent le même appareil que la société d'État, confirme chez Bell la gestionnaire principale, relations avec les médias, Marie-Ève Francoeur. «Nous sommes en discussions avec eux pour qu'ils puissent bénéficier de tous les avantages et les grandes vitesses de nos réseaux HSPA+ et LTE.» En clair, on leur propose l'achat des cellulaires modernes.

Des appareils datant de 1999

Il faut dire que les cellulaires de la SAAQ ne sont pas tout à fait à la dernière mode. Ils ont été achetés en 1999 environ. «Cet appareil sert uniquement aux communications de la voix», lit-on dans un document de la Société. On appelle les policiers, les remorqueuses, etc.

Pour les amateurs, notons que c'est le Motorola M800. Il a des boutons avec des chiffres, un mini écran, il vient avec une grosse valise munie d'une antenne... «C'est un cellulaire de voiture», explique une porte-parole de l'assureur public, Audrey Chaput. Rien à voir avec les téléphones récents qui servent de moins en moins de téléphone.

C'est cependant un appareil durable. Mais puisqu'on est obligé de s'en départir, on escompte bien obtenir un produit au goût du jour.

Et combien l'opération coûtera-t-elle aux assurés de la SAAQ? «Il n'est pas possible pour nous de donner un ordre de grandeur des sommes», répond Audrey Chaput. L'équipement recherché est un peu plus développé que les cellulaires courants : il doit être branché en tout temps pour maintenir sa charge, être muni d'un socle permanent et solide dans l'habitacle des voitures des contrôleurs routiers, être relié par fil à un haut-parleur extérieur. Pour le reste, il ressemblera beaucoup à celui que la plupart d'entre nous ont dans la poche. La Société demande qu'il puisse envoyer des textos, prendre des photos, qu'il intègre un annuaire de contacts et qu'il permette d'envoyer des courriels...

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer