Piratage de Sony: la Corée du Nord avait déjà menacé la compagnie

«The Interview» qui présente l'assassinat d'un chef d'État... (Agence France-Presse)

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«The Interview» qui présente l'assassinat d'un chef d'État ou de gouvernement aurait potentiellement été mal reçu dans plusieurs pays, mais jamais autant qu'en Corée du Nord, où Kim Jong-un bénéficie d'un véritable culte de la personnalité.

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Eric Talmadge
Associated Press
Tokyo

S'il s'avère que le gouvernement américain a raison en accusant la Corée du Nord d'avoir perpétré une cyberattaque contre Sony Pictures, personne ne pourra dire que le grand studio n'avait pas été averti. Déjà en juin, le pays de Kim Jong-un avait menacé les producteurs du film «The Interview» de représailles.

La Corée du Nord avait déjà signalé à tous les artisans du long métrage, qui raconte l'assassinat du chef suprême du pays par deux journalistes américains pour le compte de la CIA, qu'ils subiraient de graves conséquences.

Un film qui présente l'assassinat d'un chef d'État ou de gouvernement aurait potentiellement été mal reçu dans plusieurs pays, mais jamais autant qu'en Corée du Nord, où Kim Jong-un bénéficie d'un véritable culte de la personnalité. La moindre critique contre le dirigeant peut exposer quelqu'un à la prison.

Le pays communiste a pourtant nié être à l'origine de l'attaque, indiquant qu'elle avait probablement été commise par des sympathisants d'un autre pays. Un responsable américain a révélé mercredi sous le couvert de l'anonymat que les autorités avaient des preuves techniques convaincantes incriminant la Corée du Nord. La porte-parole du Conseil de sécurité nationale (NSC), Bernadette Meehan, a précisé que les États-Unis évaluaient leurs options pour répondre à l'attaque.

Selon Hajime Izumi, un expert de la Corée du Nord à l'Université de Shizuka, au Japon, les concepteurs du long métrage s'en sont pris au tabou le plus délicat au pays - le chef suprême. «Ils ne pouvaient pas permettre cela. Leur réaction était assez prévisible», a-t-il analysé.

Hajime Izumi croit que le pays a pris les grands moyens parce qu'il craignait de perdre le contrôle sur la production de copies illégales du film. Il estime aussi que le fait que leur leader ne soit pas seulement l'objet de moqueries, mais qu'il soit en fait assassiné dans la production, peut avoir donné à la Corée du Nord le sentiment de devoir répondre avec davantage que des mots.

Ce n'est pas la première fois qu'un film américain met en vedette un dirigeant nord-coréen. «Team America: World Police» («Escouade américaine : Police du monde») parodiait le père du dirigeant actuel, Kim Jong-il. D'ailleurs, des salles de cinéma qui pensaient présenter le film de 2004 dans les prochains jours à la place de «The Interview» ont dû se raviser, jeudi. Paramount, qui a produit le film, n'a pas voulu commenter.

Le piratage pourrait avoir été jugé une offensive efficace par la Corée du Nord, puisqu'une telle attaque est difficile à retracer et suscite rarement des représailles directes comme ce serait le cas, par exemple, d'une explosion dans un lieu public. Il serait surprenant que Washington sévisse sévèrement contre la Corée du Nord, qui fait déjà l'objet de sanctions importantes de la part de la communauté internationale.

Même si le pays, comme il le prétend, n'a pas organisé l'attaque, il s'agit d'une démonstration de force pour un pays qui est encore techniquement en guerre contre les États-Unis.

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