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Le volet public du coffre-fort virtuel pourrait être abandonné dès janvier

«On va prendre une décision finale en janvier.... (Photothèque Le Soleil, Pascal Ratthé)

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«On va prendre une décision finale en janvier. Honnêtement le projet grand public, c'est compliqué. On va dire ça comme ça», a déclaré le maire de Québec, Régis Labeaume.

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(Québec) Tout indique que la Ville de Québec annoncera en janvier qu'elle laisse tomber le volet grand public du coffre-fort virtuel dans lequel a déjà été injecté 1,5 million $. Moribond et peu populaire depuis son lancement en mai 2013, le projet-pilote conçu avec la compagnie franco-québécoise Asentri est maintenant orienté vers les transactions entre la Ville de Québec et ses fournisseurs.

Même s'ils se gardent bien de «tirer la plogue» officiellement sur le projet, le maire de Québec, Régis Labeaume, et le directeur général adjoint innovation et services de soutien à la Ville, Daniel Beaudet, ont laissé entendre que cette décision pourrait être officiellement annoncée en janvier.

«Le volet grand public, disons qu'il ne va pas fort», a reconnu le maire en conférence de presse vendredi. «Ça fonctionne, mais le monde n'en veut pas. On ne sent pas que les citoyens sentent qu'on a besoin de ça.»

Le projet-pilote n'a attiré que 900 participants sur les 30 000 escomptés depuis son lancement il y a 18 mois.

M. Beaudet a aussi dit vendredi que de nouveaux services qui devaient être ajoutés pour relancer l'intérêt de la population pour ce système ne le seront finalement pas. «On a mis ça sur pause», a-t-il dit.

Mais les deux hommes restent prudents, car des contrats liant la Ville au concepteur du coffre-fort, la compagnie franco-québécoise Asentri, empêchent de sceller publiquement le sort du projet.

«On va prendre une décision finale en janvier. Honnêtement, le projet grand public, c'est compliqué. On va dire ça comme ça», a toutefois glissé M. Labeaume.

Le coffre-fort devait permettre aux citoyens d'effectuer diverses transactions électroniques sécurisées avec la Ville, comme des inscriptions, le paiement de taxes ou des contraventions.

Il fonctionne avec un lecteur de carte à puce branché à un ordinateur. Le Ville de Québec a prévu d'investir 2,4 millions $ - dont 1,5 million $ provenant du Fonds de développement économique du gouvernement du Québec - dans cette «vitrine technologique» au succès plus que mitigé. Jusqu'ici, 1,5 million $ ont été dépensés.

La nouvelle orientation est maintenant de tester à l'interne le coffre-fort pour les transactions entre la Ville et ses divers fournisseurs.

Si tout se passe bien, le système d'échange et de signature électronique sécurisée pourrait à terme réduire jusqu'à 57 % des étapes menant à un contrat, dit-on. «Imaginez ce qu'on pourrait faire avec le système d'appel d'offres qui marche encore avec des enveloppes. Les permis, etc. On a des milliers de transactions dans une année», a dit le maire.

Liée à Orange

M. Labeaume a aussi de nouveau répliqué vendredi au chef de l'opposition, Paul Shoiry, qui l'a accusé mardi d'avoir «menti à la population» en faisant miroiter que le géant français des télécommunications Orange est associé au projet par sa filiale Almerys. Dans une lettre adressée à M. Shoiry, le directeur général adjoint d'Orange, Pierre Louette, assure qu'Orange, bien qu'actionnaire à 64 % d'Almerys, n'est pas liée au coffre-fort.

Organigrammes et registres d'entreprises à l'appui, le maire de Québec et M. Beaudet ont démontré les liens d'affaires entre Orange, Almerys et les divers holdings impliqués dans la version québécoise du groupe, Asentri.

«Dire que nous pourrions avoir menti en parlant de la filiale d'Orange, c'est faux», a tranché M. Labeaume. La vérité c'est qu'on travaille avec les gens d'Almerys. Les autres, ce sont des compagnies de façade qui ont été créées pour des raisons légales et territoriales», a-t-il assuré.

Paul Shoiry a réagi hier en sommant le maire d'arrêter immédiatement le projet de coffre-fort. «Arrêtons-le tout de suite. Arrêtons de mettre de l'argent et de l'énergie là-dedans», a-t-il tranché. «C'est un échec total de A à Z. C'est 1,5 million $ de l'argent des contribuables qui est gaspillé.»

L'élu de Démocratie Québec dit aussi ne pas croire à la nouvelle utilisation du coffre-fort, orientée vers les fournisseurs internes. «C'est encore de la poudre aux yeux.»

****

Un «bunker» à la sécurité quasi militaire

Le terrain envisagé par Asentri pour construire son éventuel centre de données répond aux critères extrêmement rigoureux exigés pour un «bunker» de sécurité Tier IV, assure la Ville de Québec.

«C'est pour ça que le terrain a été long à trouver», a dit le directeur général adjoint innovation et services de soutien à la Ville, Daniel Beaudet. Cette certification Tier IV pour un bâtiment abritant des serveurs correspond à une sécurité pratiquement militaire. Un tel centre de données doit être construit dans un environnement entre autres à l'abri des tremblements de terre. Asentri dit avoir trouvé un terrain conforme dans le parc Colbert.

Le comité exécutif de la Ville a entériné mercredi l'option d'achat liée à un dépôt de 152000 $, soit 10 % de la valeur d'un terrain de 1,5 million $. Le Holding EBee inc (actionnaire d'Asentri) s'engage à décider d'ici 24 mois si elle construira ou non le fameux bunker évalué à 34,5 millions $. «Je ne peux pas vous dire qu'ils vont le faire absolument. Mais nous, on a encaissé un chèque de 152000 $», a dit M. Labeaume.

Le chef de l'opposition Paul Shoiry n'est convaincu du tout par cet engagement d'Asentri, la firme derrière le coffre-fort virtuel. «La compagnie dit: "Je vais vous dire d'ici deux si je vais construire quelque chose ou non." C'est une vraie farce.» Si la Ville a un terrain du parc Colbert à vendre, elle devrait l'offrir en appel d'offres et pourrait ainsi en retirer davantage, a avancé M. Shoiry.

L'oppostion accuse Labeaume de mentir

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