Un thermostat connecté pour les plinthes électriques

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Ce ne sont pas les grandes compagnies internationales qui ont mis au point le thermostat connecté Caleo pour les plinthes électriques. Ce sont des Québécois.

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(Québec) Les économies d'énergie passent par les habitudes. Toutefois, la technologie avec les thermostats connectés ou dits intelligents permet d'optimiser les dépenses pour le chauffage qui comptent pour 54 % de la facture au Québec. Le produit québécois Caleo pour les plinthes électriques arrive sur le marché.

La technologie fait un nouveau pas dans l'économie d'énergie avec les thermostats dits intelligents pour contrôler le chauffage avec un premier appareil conçu au Québec pour les plinthes électriques. Tout le monde a entendu parler des fameux thermostats Nest, compagnie que Google a rachetée récemment. Le petit nouveau, le Caleo, se pointe avec l'intention de bouleverser le marché.

Les produits Nest sont parfaits pour un chauffage central à air pulsé (électricité ou mazout) et les thermopompes en chauffage et en climatisation. Toutefois, ils ne fonctionnent pas avec les plinthes électriques, ils peuvent uniquement remplacer un thermostat du type bas voltage.

Chose étonnante, ce ne sont pas les grandes compagnies internationales qui ont mis au point le thermostat connecté Caleo pour les plinthes électriques. Ce sont des Québécois et ils ont fondé l'entreprise CaSA en 2013 dans la région de Montréal : Martin Fassier, Patrick Pepin, les cofondateurs, et leur nouvel associé Louis-Pierre Morin.

«Dans l'univers de la maison connectée, il manquait une pièce importante, affirme Martin Fassier, le thermostat intelligent pour les plinthes électriques. Il faut savoir que les ingénieurs de Nest ont développé leur produit pour les régions chaudes des États-Unis en pensant économie d'énergie pour la climatisation comme système central. Ils ne pensaient pas au chauffage de sorte que leur système ne peut s'appliquer qu'à un système central et aux thermopompes.»

La plinthe électrique, c'est le type de chauffage le plus commun dans les maisons et les appartements au Québec. Elles sont choisies dans 80 % des nouvelles habitations depuis plusieurs années, selon les statistiques de l'Association de l'efficacité énergétique. La raison : l'investissement de départ est moins élevé que pour les autres formes de chauffage. Au total, les plinthes électriques compteraient pour 60 % des installations de chauffage dans la province.

Trois ans de travail

L'équipe de CaSA a mis trois ans de travail pour mettre au point son thermostat Caleo pour les plinthes. Il se branche sur le réseau WiFi de la maison. Les thermostats communiquent entre eux, analysent la température et le taux d'humidité, même la consommation d'électricité en temps réel. Tout cela fournit au propriétaire les informations pertinentes sur ce qui se passe dans la maison pour mieux gérer les dépenses de chauffage.

S'il faut faire la première connexion des thermostats au réseau WiFi en utilisant un téléphone Apple ou Android, la consultation des données et les réglages se font à partir d'une interface Web accessible sur l'ordinateur, la tablette ou le téléphone. Ainsi, les programmations du mode absence et du mode nuit peuvent être modifiées à distance rapidement.

«Nos thermostats communiquant entre eux, ajoute Martin Fassier, nous pouvons aussi utiliser des algorithmes et la thermodynamique pour assurer un confort égal partout dans la maison. L'analyse des données pourra aussi donner des indications sur les plinthes qui travaillent plus que les autres. Le propriétaire pourra recevoir un conseil pour remplacer une plinthe moins puissante dans une pièce par une autre qui sera plus efficace. C'est un mode de gestion intégrée auquel nous ajouterons le plus rapidement possible un thermostat connecté pour le chauffe-eau. Les gens pourront économiser davantage.»

La campagne sur le site de financement participatif Kickstarter n'a pas donné les résultats escomptés. L'entreprise a pu compter sur du financement privé. Les premières unités sont en cours de fabrication avec une date prévue d'expédition le 5 janvier. Le site de CaSA a maintenant sa boutique en ligne pour vendre ses thermostats à un prix de départ de 149 $ l'unité. Le prix variera selon la quantité de produits achetés. Il y a des possibilités que les prix soient révisés à la baisse en fonction du volume des ventes.

Le thermostat fonctionne avec les plinthes électriques, les convecteurs et les systèmes de chauffage avec ventilateur, comme ceux dans les portiques, par exemple.

Site Web : casaconnect.com/fr/

Prix des thermostats

Pour les plinthes électriques et  les convecteurs

  • Thermostat unipolaire (bimétal) : de 10 $ à 20 $
  • Thermostat électronique non programmable : de 20 $ à 40 $
  • Thermostat électronique programmable : de 30 $ à 130 $
  • Thermostat intelligent Caleo : 150 $

Pour le système central et les thermopompes

  • Thermostat bas voltage de base : de 15 $ à 45 $
  • Thermostat intelligent Google Nest : 250 $
  • Thermostat intelligent WiFi Honeywell : 250 $
  • Thermostat progammable Lyric Honeywell : 280 $

Graphique des variations de précisions des thermostats selon... - image 3.0

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Graphique des variations de précisions des thermostats selon le site Web d'Hydro Québec.

Précision et économie d'énergie vont de pair

Avec les maisons connectées, les nouveaux thermostats, comme ceux de Caleo et de Nest, branché sur le Web, les compagnies d'électricité pourront aller plus loin dans la gestion de l'énergie en procédant à du délestage intelligent.

Un message envoyé aux thermostats connectés d'un quartier pourrait demander de ne pas faire fonctionner le chauffage pendant 30 minutes entre telle heure et telle heure. Et ainsi de suite pour plusieurs quartiers dans plusieurs villes. Pour 15 ou 30 minutes, ça ne dérangera pas la maisonnée et la compagnie d'électricité pourra éviter des pointes de consommation trop élevées l'obligeant à acheter de l'énergie des compagnies voisines. En lançant un programme d'économie d'énergie en même temps que des rabais à l'achat de thermostats électroniques conventionnels ou programmables pour les plinthes électriques et les convecteurs, Hydro-Québec espérait convaincre les propriétaires de résidences et de logements d'effectuer des changements mineurs, mais efficaces. 

Si la technologie était au centre des gestes que posait Hydro-Québec il y a quelques années, pour faire diminuer la consommation d'énergie, l'évolution des appareils connectés pourrait modifier sensiblement la gestion de la demande en électricité.

Le remplacement des thermostats unipolaires (bimétal), qui ouvrait les vannes à pleine grandeur pour le chauffage, était un grand pas en avant. Les écarts de précision de température de ces thermostats variaient de trois à cinq degrés en plus et en moins. En réglant le thermostat à

20 degrés, le thermostat unipolaire pouvait se déclencher à 16 ou 17 degrés et arrêter la demande de chauffage à 23 ou 24 degrés. Pas trop bon pour le confort ni pour l'économie d'énergie. La variation n'est que de 0,5 degré avec le thermostat électronique. Le confort et les économies étaient au rendez-vous.

Ces économies d'énergie en coût de chauffage pouvaient atteindre 10 % de la facture totale avec la technologie de l'époque. Selon Hydro-Québec, dans les résidences de la province, le coût du chauffage représente 54 % de la facture annuelle. C'est 20 % pour l'eau chaude.

Les thermostats connectés permettront de faire encore mieux avec la gestion de la demande par rue ou par quartier. Certains États du sud des États-Unis le font déjà lorsque la demande est trop élevée pour la climatisation. C'est ce que veut faire Énergie Nouveau-Brunswick qui a mandaté récemment la firme allemande Siemens pour trouver des solutions.

Hydro-Québec, qui gère des surplus annuels, doit quand même faire appel au bon sens de la population presque chaque hiver lors de périodes prolongées de grand froid.

Un réseau de thermostats connectés, se parlant entre eux tout en ayant un relais avec le fournisseur d'électricité, pourrait régler la gestion des pointes de consommation par un délestage intelligent au lieu des délestages massifs. 

L'origine du projet Caléo

Martin Fassier et Patrick Pepin sont passés de la scène à la technologie pour une raison étonnante.

De retour d'une tournée en Australie en plein milieu d'un mois de décembre glacial, ils étaient abasourdis de l'incapacité de modifier le chauffage de la maison à distance avant leur arrivée à la maison.

«Nous pouvions contrôler, avec son et image en temps réel, plus de 3,5 millions $ d'équipement AV de l'autre côté de la planète, explique Martin Fassier, mais pas le thermostat du salon.» C'est ainsi que le projet Caléo est né.

Mais l'équipe n'était pas au bout de ses peines, car il a fallu près de deux ans, et quelques ingénieurs, pour venir à bout d'un problème d'alimentation du thermostat. «Ce défi technique a retardé de deux ans le lancement du premier thermostat intelligent pour les plinthes, lance Martin Frassier. Il nous fallait trouver une façon d'alimenter le programme de contrôle du système et la connexion au WiFi et entre les appareils pour obtenir la gestion intégrée du chauffage.»

Maintenant que le système fonctionne pour le chauffage électrique, l'équipe de CaSA prépare la phase finale d'un nouveau produit pour les chauffe-eau. Pour CaSA, il s'agit de maximiser les économies, puisque après le chauffage, la plus grosse dépense sur la facture d'électricité, c'est l'énergie consommée par le chauffe-eau. 

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