Ubisoft à la recherche du facteur « fun »!

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(Québec) Indiana Jones n'est pas le seul à chercher le Saint Graal, Ubisoft aussi cherche un trésor! Ce fameux trésor, ce sera d'utiliser les émotions du joueur pour influencer en temps réel le parcours du jeu et rendre l'expérience plus interactive.

Le Graal, c'est ce plaisir de jouer, le facteur «fun». Jusqu'à maintenant, le laboratoire d'analyses d'Ubisoft à Québec utilisait des méthodes plus subjectives basées sur un public cible, sur l'observation et un questionnaire.

Maintenant, grâce au projet de recherche FUNii (interaction intelligente), on tiendra compte des réactions physique et émotives du joueur pour évaluer le facteur «fun» capable de rendre un jeu encore plus attrayant et plus vendeur.

En partenariat avec l'Université Laval et le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada (CRSNG), le studio Ubisoft de Québec pourra compter sur la psychologie, la neuroscience et l'analyse des facteurs physiologiques pour créer des jeux qui s'adapteront en temps réel aux réactions du joueur pour améliorer son expérience de jeu et son plaisir de joueur.

Ubisoft et le CRSNG investissent respectivement 400 000 $ et 340 000 $ dans cette expérience sur cinq ans qui se déroulera avec des chercheurs scientifiques de l'École de psychologie et de la Faculté des sciences sociales de l'Université Laval.

Mine d'or

La capacité des moteurs de jeu de modifier le parcours de l'aventure et l'expérience du joueur en temps réel à cause des émotions pourrait transformer la découverte du facteur «fun» en mine d'or pour Ubisoft qui sera à l'avant-scène pour bénéficier des percées scientifiques.

Le studio aura un pas d'avance. Puisqu'il s'agit d'une recherche scientifique avec l'aide financière d'un organisme canadien, les résultats, les données d'analyses et les articles scientifiques publiés seront accessibles non seulement aux autres studios de jeu, mais à tous les secteurs des industries qui s'intéressent aux réactions comportementales.

«Ce pourrait être pour analyser les réactions, le niveau de stress d'un intervenant de première ligne sur un accident, que ce soit l'ambulancier ou même l'urgentologue, précise le chercheur en neuroscience Philip Jackson. On encore, pour le pilote d'un avion ou le contrôleur aérien qui ont de nombreux paramètres à gérer en même temps.»

Nicolas Rioux, vice-président et directeur général d'Ubisoft Québec, souligne que les adeptes de la course à pied portent déjà une ceinture avec des capteurs pour analyser leur rythme cardiaque et d'autres données. Le temps n'est pas loin où la même technologie pourra s'appliquer au joueur connecté à sa console ou à son ordinateur pendant le jeu pour modifier l'expérience en temps réel.

Selon M. Rioux, «les résultats de nos recherches seront directement et immédiatement utilisables par nos équipes de production. Nous bénéficions déjà de certaines retombées de ce partenariat dans nos jeux actuellement en développement».

Ce seront les algorithmes des moteurs de jeu qui devront être adaptés, mais sans vouloir faire de prédictions formelles, M. Rioux croit que d'ici deux ans les résultats commenceront à être tangibles pour les joueurs.

Quant au chercheur Sébastien Tremblay, il soutient qu'avec l'optimisation de l'interactivité, l'implantation de méthodes d'apprentissage automatisées par le moteur de jeu, il sera possible d'implanter une nouvelle forme d'intelligence artificielle dans le jeu.

***

Les labos des studios

Tous les studios de jeux ont des laboratoires pour analyser un jeu en cours de production.

On se sert de joueurs qui sont dans le groupe cible visé par le jeu.

Jean-Christophe Gagnon, responsable du labo d'Ubisoft Québec, affirme que des normes rigoureuses et une méthodologie stricte sont utilisées pour l'observation des joueurs en action derrière une vitre sans teint, en plus du questionnaire sur l'expérience.

Toutefois, il soutient que l'utilisation de la biométrie, qui constituera l'artillerie lourde, permettra une analyse plus précise et plus poussée pour améliorer l'expérience de jeu.

De son côté, Nicolas Rioux, note que les 12 laboratoires de recherche des studios Ubisoft au monde travaillent aussi pour faire des percées scientifiques dans des domaines différents. On peut penser au casque de réalité virtuelle comme l'Oculus Rift par exemple.

Le partage des découvertes devrait donner un élan assez étonnant dans l'industrie du jeu et du divertissement au cours des prochaines années.

***

Comment peut-on détecter les émotions du joueur?

  • Les expressions faciales
  • Les endroits où il regarde plus longtemps (hot spot)
  • La dilatation des pupilles
  • Le rythme de la respiration
  • Le rythme cardiaque
  • La sudation sur le bout des doigts

Dans le laboratoire, les chercheurs utiliseront aussi des capteurs sur la tête, car l'encéphalogramme permettra de détecter le type d'activité peu de temps avant la réaction physiologique.

Plus d'une vingtaine de chercheurs et d'étudiants en recherche, sans compter les joueurs cobayes, participeront au projet FUNii.

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