• Le Soleil > 
  • Affaires > 
  • Techno 
  • > Le défi de l'accélérateur technologique: faire pleuvoir les billets verts 

Le défi de l'accélérateur technologique: faire pleuvoir les billets verts

Mathieu Simard et son collègue Keith Beaudoin ont... (Le Soleil, Yan Doublet)

Agrandir

Mathieu Simard et son collègue Keith Beaudoin ont fait partie, à l'automne 2011, de la première cohorte de participants à FounderFuel. L'ingénieur et l'informaticien y ont appris à développer leur sens des affaires.

Le Soleil, Yan Doublet

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) Avec un accélérateur technologique qui doit bientôt voir le jour dans le quartier Saint-Roch, Québec réussira-t-elle le tour de force d'attirer dans sa cour des capitaux étrangers qui apporteront de l'eau au moulin des jeunes entreprises technologiques les plus prometteuses?

Dans la région de Québec, les startups - ces jeunes entreprises en démarrage à fort potentiel de croissance - foisonnent.

Certains d'entre eux bénéficient déjà de programmes de formation et d'accompagnement de haut niveau offerts par des institutions aussi réputées que la Fondation Kauffman ou encore le MIT Sloan School of Management de Boston.

Offert en collaboration avec Québec International, le programme FastTrac TechVenture de la Fondation Kauffman - qui figure dans le top 30 des fondations aux États-Unis avec un actif d'environ 2 milliards $US - permet, entre autres, aux entrepreneurs de valider leur modèle d'affaires et d'apprendre à vendre leur salade avec conviction aux investisseurs et aux clients. Le programme comprend notamment 10 jours d'activités sur une période de 10 semaines et 22 heures de coaching et d'accompagnement de la part d'un mentor.

Reste maintenant à trouver de l'argent pour financer le démarrage de ces startups, qui, peut-être, sont assis sur des mines d'or!

Il y a, bien sûr, les fonds fiscalisés (Fonds de solidarité FTQ, Fondaction, etc.), les fonds gouvernementaux et les fonds institutionnels qui sont aux premières loges. Bien qu'il faille reconnaître l'apport d'anges investisseurs locaux à la recherche de bons placements et intéressés à autre chose que l'immobilier, les billets verts provenant des poches d'investisseurs privés sont rares à Québec, surtout les dollars américains. «Et le capital de risque, qu'on le veuille ou pas, il se retrouve aux États-Unis», affirme Mathieu Simard, le cofondateur d'Aptgeek Technologies, une boîte de Québec spécialisée dans les solutions technologiques, la cartographie Web et le développement mobile.

À la tête de Startup Académie, une société qui accompagne les jeunes pousses tout au long de leur chemin de croix menant à l'obtention d'un financement, Davender Gupta constate que les investisseurs privés nord-américains ne vont pas plus loin qu'à Montréal. «Ils tardent à se pointer le bout du nez à Québec. Il faut les travailler au corps pour les inciter à venir rencontrer nos startups dans la capitale», témoigne M. Gupta, qui plaide en faveur d'une diversité des sources de financement.

À son avis, l'implantation d'un accélérateur technologique pourrait placer Québec sur le radar des grands fonds d'investissement nord-américains et secouer le pommier de gens fortunés de la région qui, peut-être pour la première fois de leur vie, constateront tout le potentiel de valeur qui se cache derrière quelques très petites entreprises. À cet égard, un accélérateur technologique constitue aussi une vitrine exceptionnelle pour les startups dans leur communauté.

Labeaume à Silicon Valley

À compter du 17 septembre, le maire de Québec, Régis Labeaume, pilotera une mission économique en Californie. Il se rendra notamment à Silicon Valley, grand pôle des industries technologiques de pointe situé près de San Francisco, où les accélérateurs technologiques ont poussé comme des champignons ces dernières années.

Dans la stratégie de développement économique de la capitale qu'il dévoilait en décembre 2011 devant les membres de la Chambre de commerce et d'industrie de Québec, le maire Labeaume identifiait neuf projets «bien concrets» pour appuyer l'innovation et la créativité à Québec. L'un de ces projets prévoyait la création d'un accélérateur d'entreprises technologiques dans le quartier Saint-Roch, qui comprenait un lieu d'incubation physique de jeunes pousses technologiques prometteuses, de l'accompagnement de haut niveau assuré par des mentors bénévoles chevronnés et un soutien financier adéquat pour permettre aux meilleurs produits d'éclore et de percer les marchés internationaux.

De l'argent, il y en a sur la table.

En effet, en convertissant la Société Innovatech Québec et Chaudière-Appalaches en une nouvelle société de capital mixte public-privé par l'entremise de Desjardins-Innovatech, le gouvernement du Québec s'était engagé, en 2012, à verser une contribution de 20 millions $ pour assurer le financement d'un nouveau fonds - le Fonds Québec Technologique - et d'un accélérateur technologique dans la capitale. Avec cette somme en poche, Desjardins-Innovatech devait ensuite se tourner vers des investisseurs privés pour que ces derniers ajoutent un montant additionnel minimal de 5 millions $ dans la cagnotte.

Les premiers pas de l'accélérateur technologique devaient se faire l'automne dernier. L'accouchement est toutefois plus long que prévu. Le maire Labeaume doit bientôt faire le point sur le projet et annoncer les couleurs de l'accélérateur technologique.

À l'école du Fonderfuel

Des accélérateurs technologiques, il en sort de terre partout en Amérique du Nord, confirme Devander Gupta. Il y a en Californie - comme le prolifique Y Combinator qui a contribué à la naissance de plus de 500 compagnies depuis sa fondation en 2005 - il y en a aussi au Québec. À Sherbrooke, l'ancien chef de la direction de Bombardier, Laurent Beaudoin, est l'un des financiers associés dans L'Accélérateur de création d'entreprises technologiques.

Au Canada, l'accélérateur technologique le plus actif a pignon sur rue à Montréal.

Alimenté par cinq fonds d'investissements majeurs, le FounderFuel propose un programme intensif d'accélération par mentorat de haut niveau d'une durée de trois mois. Il vient en aide aux jeunes entreprises des domaines du Web, des services mobiles et des logiciels-services à acquérir du capital d'amorçage grâce à l'accès à un réseau d'entrepreneurs, d'investisseurs providentiels et de sociétés de capital de risque. Chaque année, 20 startups sont choisis parmi plus d'une centaine de candidatures provenant de partout au Canada. Les entreprises sélectionnées reçoivent un investissement de base de 50 000 $. En échange, FounderFuel reçoit une part de 9 % dans la société. À la fin du parcours, les startups sont admissibles à un titre d'emprunt de 150 000 $ et même à un séjour de trois mois dans la Silicon Valley.

Mathieu Simard et son collègue Keith Beaudoin ont fait partie, à l'automne 2011, de la première cohorte de participants à FounderFuel. L'ingénieur et l'informaticien y ont appris à développer leur sens des affaires. «En tout temps, nous avions accès à un panel de mentors qui, sur-le-champ, nous donnait son point de vue sur chaque geste que nous posions», raconte Keith Beaudoin.

Malheureusement, leur produit n'a pas trouvé de marché.

Ils refusent toutefois de parler d'un échec. «En affaires, il n'y a jamais d'échec. C'est de l'apprentissage!» Et comme l'ajoute Davender Gupta, «en business, un échec est aussi bon qu'une réussite».

Mathieu Simard et Keith Beaudoin, qui planchent sur d'autres produits en plus d'offrir des services de consultation, applaudissent à l'idée de l'implantation à Québec d'un accélérateur technologique. Ils disent souhaiter que l'anglais y soit la langue officielle.

«À FounderFuel, tout se passait en anglais. L'excellente maîtrise de cette langue est indispensable lorsque vient le temps d'aller convaincre un financier à Boston, à New York ou à Toronto d'investir dans votre compagnie», insiste Keith Beaudoin.

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer