L'industrie des TI en plein paradoxe à Québec

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Yves Therrien
Le Soleil

(Québec) L'industrie des technologies de l'information (TI) vit des paradoxes dans la grande région de Québec. En même temps qu'il y a des difficultés de recrutement et de relève de la main-d'oeuvre spécialisée, les jeunes diplômés en TI rencontrent une foule d'obstacles pour dénicher un emploi.

C'est l'une des constatations de l'étude commandée par le Comité relève et recrutement international de la Table des TI de la Chambre de commerce et d'industrie de Québec sur les problèmes de la main-d'oeuvre et les compétences dans l'industrie des TI dans la région métropolitaine de recensement (RMR) de Québec.

L'étude, qui sera rendue publique dans les prochains jours par TECHNOCompétences, le comité sectoriel de main-d'oeuvre en technologies de l'information et des communications, révèle aussi la forte propension du gouvernement du Québec à donner des contrats à des firmes externes (52 % ou 577 millions$ en 2009-2010) ce qui favorise le développement des entreprises de services professionnels de grande taille.

Toutefois, souligne Sylvie Gagnon, directrice générale de TECHNOCompétences, cette façon de faire cause des problèmes dans l'écosystème des TI de la région dans le développement des compétences autant au sein des ministères et des organismes gouvernementaux que dans l'entreprise privée.

«Depuis 15 ans, explique-t-elle en entrevue, j'entends parler des problèmes d'équilibre de la main-d'oeuvre en TI dans la région de Québec. Il y avait beaucoup d'insatisfaction entre les entreprises et le gouvernement à cause des rapports contractuels. Nous avons décidé de faire appel à des chercheurs universitaires pour cerner la problématique et proposer des pistes de solution.»

Mobilité

Un des problèmes importants soulevés par l'étude touche la mobilité de la main-d'oeuvre qui passe du secteur public au secteur privé et vice versa. À long terme, ces mouvements de personnel peuvent être néfastes pour l'industrie parce qu'il n'y a pas de sécurité dans les parcours professionnels dans certains emplois-clés. Les auteurs soulignent que cette mobilité «doit être analysée plus en détail pour comprendre les motivations et les facteurs qui peuvent expliquer les décisions des détenteurs de compétences et des organisations».

Toutefois, Mme Gagnon précise que seuls les gens du monde du jeu ne font pas d'allers-retours dans les services de TI dans les organisations de services-conseils, les banques, les assurances ou dans le secteur gouvernemental.

Ces allers-retours «sont difficiles pour toutes les organisations qui ne peuvent pas s'assurer de former un employé et l'amener à un certain niveau d'expertise, ajoute Mme Gagnon. Ainsi, les entreprises investissent moins dans le cheminement professionnel des individus. Le pire, c'est qu'on ne planifie pas l'acquisition des connaissances et des compétences de pointe des employés.»

L'étude recommande aussi d'instaurer une meilleure communication des besoins de compétences entre le Secrétariat du Conseil du Trésor (SCT) et les représentants des firmes qui répondent à leurs appels d'offres.

Plus de latitude

TECHNOCompétences recommande l'adoption de nouvelles façons de faire, laissant plus de latitude à la composition des équipes de travail, ce qui pourrait avoir un effet bénéfique sur le recrutement de jeunes talents et sur le développement des compétences.

On ajoute que «les pratiques actuelles incitent les firmes-conseils à mettre l'accent sur le placement de personnel plutôt que d'investir elles-mêmes dans l'embauche, le développement et la rétention de personnel permanent. De telles pratiques d'affaires exposent le secteur à une approche à court terme axée sur la réponse à des besoins ponctuels où le développement des compétences passe au second plan.»

Chacun son rôle

Le gouvernement cherche des candidats, les entreprises font de même, allant jusqu'à l'étranger pour recruter du personnel de haut niveau. «Chacune des parties a son rôle, poursuit Mme Gagnon, mais il faut trouver des moyens pour que le privé et le public s'entraident pour devenir efficaces dans la gestion du personnel parce qu'il faut relever le défi de la qualité et de la quantité de la main-d'oeuvre. C'est une question d'assurer la productivité dans les secteurs public et privé grâce aux systèmes informatiques.»

La main-d'oeuvre en TI représente 19 800 emplois dans la région de Québec, dont 13 000 sont des analystes, consultants ou programmeurs. Les grands créateurs d'emplois du secteur sont les firmes de consultation et les entreprises du secteur de la finance et des assurances. Le monde du jeu vidéo et du multimédia compte pour près de 5 % des emplois dans la région.

Site Web: www.technocompetences.qc.ca

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