Sehl Mellouli: vers un gouvernement électronique

Sehl Mellouli veut simplement simplifier la relation entre... (Le Soleil, Pascal Ratthé)

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Sehl Mellouli veut simplement simplifier la relation entre gouvernement et citoyens, la rendre plus efficace grâce aux technologies intelligentes.

Le Soleil, Pascal Ratthé

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Sophie Gall
Le Soleil

(Québec) Quand Sehl Mellouli parle de gouvernement électronique, il ne faut pas imaginer que tous les fonctionnaires seraient remplacés par des ordinateurs superpuissants ou des C3 po nouveau genre. Il veut simplement simplifier la relation entre gouvernement et citoyens, la rendre plus efficace grâce aux technologies intelligentes.

Ce professeur en systèmes d'information organisationnels à la Faculté des sciences de l'administration de l'Université Laval développe des architectures informatiques qui pourraient permettre aux citoyens de ne se référer qu'à un seul point d'entrée lorsqu'ils sollicitent des services gouvernementaux.

Par exemple, les nouveaux parents pourraient, en un seul clic et quelques indications d'usage à des fins d'identification, inscrire leur nouveau-né à l'état civil, à la Régie de l'assurance maladie du Québec, pour son numéro d'assurance sociale, etc.

Et Sehl Mellouli insiste : «Ce ne serait pas un système où l'on ne trouve que les marches à suivre, les procédures ou la liste des choses à faire, comme tentent de le faire des sites comme Services Québec ou Services Canada.» Ce site centralisé offrirait la possibilité de tout faire.

Il y va d'un autre exemple qui convoque toutes les fonctionnalités des technologies intelligentes. Une personne se retrouve au chômage, saisit son téléphone intelligent ou sa tablette et va sur le site centralisé gouvernemental. Il expose sa situation, entre les données requises. Quelques minutes plus tard, le site lui indique les ressources tant fédérales que provinciales auxquelles il a droit, mentionne les différents programmes auxquels il pourrait s'inscrire... tout en proposant au chômeur de l'y inscrire, s'il est d'accord. Ce ne serait pas plus compliqué que certaines applications populaires.

Ce genre de restructuration imposerait de relever quelques défis. Il faudrait assurer une certaine homogénéité du service : si les connectés peuvent tout avoir en quelques clics, il est nécessaire que ce soit aussi le cas pour les personnes qui demandent ces services en personne ou au téléphone.

«Mais le plus gros défi, c'est que ça touche la structure du gouvernement», indique Sehl Mellouli. Dans la configuration actuelle, les différents ministères travaillent en silo. Pour que les projets du professeur Mellouli fonctionnent, «il faudrait avoir une vision transversale du gouvernement, pour que l'info circule et que les services soient synchronisés entre eux».

Autant de changements qui impliqueraient une réorganisation du travail des fonctionnaires et qui exposeraient les ministères à un casse-tête informatique. Chaque ministère n'utilise pas les mêmes technologies informatiques, certaines sont plus âgées.

Ces «coupures technologiques» empêcheraient la bonne synchronisation des informations. Mais le jeu en vaudrait la chandelle, selon le chercheur. «Tout ça n'existe pas encore, mais ça se développe, l'architecture est là», jubile le professeur, qui planifie les premiers tests en 2013.

Québec et la citoyenneté participative

Les villes aussi intéressent Sehl Mellouli. Les smart cities - comprendre «villes innovantes» - l'allument complètement. Il planche donc sur les façons dont les villes peuvent se repenser pour offrir une meilleure qualité de vie en tirant profit de la technologie. «Et la Ville de Québec est un partenaire idéal, très ouvert, collaboratif et inventif», clame-t-il.

Sehl Mellouli travaille main dans la main avec la Ville de Québec sur deux études. «La première est sur le concept de la citoyenneté participative», explique-t-il.

L'étude se déroule en trois étapes. «On regarde d'abord ce qui se fait ailleurs pour que les citoyens deviennent plus participatifs», relate-t-il. La deuxième phase consistera à sélectionner des idées qui pourraient être applicables à Québec, pour ensuite, lors d'une dernière étape, mettre en place les applications.

Cette première étude, qui a débuté il y a tout juste deux mois, en est à la première étape, qui devrait prendre fin en février 2013. «Le reste suivra», se réjouit le professeur Mellouli.

On ne sait pas encore quels types d'applications seront développées à terme, mais cela n'empêche pas le chercheur de donner un exemple : «Si je vois un abreuvoir brisé et que j'ai une application qui me permet de mentionner à la Ville qu'il y a un bris, ça sera réparé très rapidement», estime-t-il.

Quel est l'intérêt, vous demandez-vous? «Le but, c'est d'avoir un environnement le plus parfait possible, et une qualité de vie. Ce n'est pas la Ville qui fait les citoyens, ce sont les citoyens qui font la Ville», souligne-t-il, prônant une implication sociale forte. «C'est la Ville qui travaille avec les citoyens», ajoute-t-il. La Ville de Québec a très bien amorcé ce virage et elle fait bien, car c'est «un mouvement mondial», selon les mots de l'expert.

L'usage des technologies intelligentes pourra aussi conduire la Ville de Québec à être plus verte. Une autre étude est menée par M. Mellouli et la Ville sur la gestion intelligente des eaux, des déchets, de la consommation électrique... «On travaille à comprendre d'un point de vue organisationnel, ce que ça prend pour que ces projets verts soient un succès. Ils ont la volonté, on va les aider», conclut-il.

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