Courir avec sa tablette grâce à Bodyguard Fitness

Le président et directeur général de Bodyguard Fitness,... (Photo Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Le président et directeur général de Bodyguard Fitness, Daniel Maheux

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Gilbert Leduc
Gilbert Leduc
Le Soleil

(Saint-Georges) Courir sur un tapis roulant et suer à grosses gouttes en fixant un mur drabe. Voilà la recette parfaite pour jeter aux oubliettes ses plus inébranlables résolutions de se remettre en forme et pour recommencer, par conséquent, à se vautrer dans la sédentarité.

Si, au moins, le coureur pouvait consulter ses courriels en joggant. Ou écouter de la musique, une vidéo ou un film. Ou se connecter à Facebook. Ou encore skyper avec belle-maman. Tout ça sans quitter d'une semelle ce tyran de tapis roulant. Eh bien, c'est maintenant possible! Il fallait une compagnie de la Beauce pour accomplir cette petite révolution technologique.

Bodyguard Fitness, de Saint-Georges, vient de mettre sur le marché Imagine, la toute première application permettant de remplacer la console traditionnelle d'un tapis roulant par une tablette iPad.

Cette application - gratuite et accessible sur l'Apple Store en ligne - sera bientôt offerte pour les vélos stationnaires et les elliptiques fabriqués par Bodyguard Fitness et vendus principalement au Canada et aux États-Unis. Des tapis roulants, des vélos stationnaires et des elliptiques, cette entreprise qui était jadis une division du Groupe Procycle - le manufacturier de vélos - en fabrique entre 6000 et 7000 par année.

Pdg de Bodyguard Fitness, Daniel Maheux arrivait de Las Vegas au moment de la rencontre avec Le Soleil, où il avait participé au Health & Fitness Business Expo. Un événement annuel au cours duquel tous les joueurs, grands et petits, de l'industrie des appareils d'exercice lèvent le voile sur leurs dernières innovations. Daniel Maheux a pu voir ce qu'il désirait voir. «Nous sommes les premiers en Amérique du Nord - et possiblement dans le monde - à proposer au marché une application iPad qui permet de contrôler des appareils d'exercices cardiovasculaires», se réjouissait l'entrepreneur en signalant que son équipe de recherche et développement et d'ingénierie de Saint-Georges avait consacré 18 mois de labeur - et des investissements se situant dans les six chiffres - pour mettre au point cette application qui, entre autres, offre à un sportif la possibilité de personnaliser ses sessions d'entraînement, de choisir ses programmes de course et de consulter un historique complet de ses performances (distance parcourue, vitesse moyenne atteinte, calories dépensées, etc.). Tout ça en connectant la tablette tactile à la console de l'appareil.

Apple, un bon cheval

En raison du contexte économique nord-américain, les ventes d'appareils d'exercices cardiovasculaires - les produits fabriqués par Bodyguard Fitness se vendent entre 2000 $ et 6000 $ - sont au beau fixe. En proposant une mise en couple d'un tapis roulant et d'une tablette iPad dont les fonctionnalités et les sources de divertissement semblent illimitées, l'entreprise beauceronne veut, en quelque sorte, secouer un marché qui ne se distingue pas toujours pour son avant-garde technologique. Elle veut aussi brasser le commun des mortels pour qu'il chausse ses espadrilles et bouge sa carcasse.

En choisissant Apple plutôt que la technologie TouchScreen, comme l'ont fait ses concurrents, l'équipe de Bodyguard Fitness estime avoir misé sur le bon cheval. Tout au long du développement d'Imagine, elle a travaillé main dans la main avec les gens d'Apple pour obtenir les autorisations nécessaires. Pour chaque appareil vendu, Bodyguard verse des royautés à Apple.

«Aux États-Unis seulement, les experts prévoient qu'il y aura bientôt 50 millions de tablettes en circulation. C'est énorme. De plus, personne n'arrive à la cheville d'Apple en ce qui a trait à la qualité de l'image. C'est important étant donné qu'Imagine propose des circuits et des graphiques d'entraînement qui donnent carrément l'impression de s'entraîner à l'extérieur et offre la possibilité de jouer à des jeux spécialement conçus pour les appareils cardiovasculaires», indique M. Maheux en soulignant que ses concurrents qui ont opté pour TouchScreen ont dû hausser de 2000 $ à 4000 $ le prix de leurs appareils. «Ce n'est pas le cas pour nos produits, car les gens ont déjà leur tablette. Il ne suffit que de la connecter et de l'installer à l'horizontale ou à la verticale sur l'espace prévu à cette fin sur la console», explique Stéphane Poulin, gérant de territoire pour le Canada et directeur du service à la clientèle.

Évidemment, Daniel Maheux s'attend à ce que ses compétiteurs - dont plusieurs sont de très gros joueurs - emboîtent le pas. «Nous travaillons déjà sur la phase deux d'Imagine. Dans notre industrie, il ne faut jamais arrêter. Nous voulons continuer à être en avant de la parade.»

Tremplin pour une expansion internationale

Bodyguard Fitness entend utiliser son application iPad destinée aux appareils d'entraînement cardiovasculaire comme tremplin à son expansion internationale.

«Nous avons un distributeur en Inde. Bientôt, nous en aurons un en Australie. Le travail a débuté du côté du Brésil et nous allons prochainement nous intéresser à la Chine», expose Daniel Maheux.

Actuellement, le marché de Bodyguard Fitness est essentiellement nord-américain. Une moitié de sa production est vendue au Canada; l'autre moitié prend la route des États-Unis. Au Canada, l'entreprise détient 20 % des parts de marché.

Bodyguard Fitness ne vend pas ses appareils aux Énergie Cardio et autres grands centres d'entraînement physique de ce monde, mais aux consommateurs et autres clients institutionnels (hôtels, entreprises) par l'entremise de détaillants autorisés.

L'entreprise a vu le jour à Québec en 1969. Elle a été fondée par des entrepreneurs norvégiens. Le Groupe Procycle a mis la main sur Bodyguard Fitness en 1996. En 2010, l'entreprise de Saint-Georges a décidé de concentrer son énergie sur la fabrication de vélos et a vendu sa division des appareils d'exercice à Daniel Maheux - qui était directeur des finances de Procycle - et à un groupe d'investisseurs.

En 2005, Bodyguard Fitness a choisi d'aller faire fabriquer ses produits en Chine afin de maintenir sa position concurrentielle.

«Nous ne sommes pas allés en Chine pour prendre un produit bas de gamme d'un fournisseur et y apposer notre nom. Nous y sommes allés pour faire du Bodyguard. Ça n'a pas été de tout repos, car il a fallu prendre le temps de développer nous-mêmes, de A à Z, notre réseau de fournisseurs de composantes.»

Aujourd'hui, Bodyguard Fitness compte une vingtaine d'employés, dont cinq sont en poste en Chine.

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