Depuis son lancement à 38 $US à la Bourse Nasdaq il y a trois mois (18 mai), le titre de Facebook a perdu tout près de 50%. Jeudi, le titre de Facebook (NASDAQ:FB) a terminé la journée sous la barre des 20$US, à 19,87$.
Jeudi, plusieurs gros actionnaires de longue date, dont Microsoft et la banque d'affaires Goldman Sachs, pouvaient liquider jusqu'à 271 millions de leurs actions de Facebook. Ce qu'ils ne pouvaient faire depuis l'entrée en Bourse du réseau social il y a trois mois.
En fin de journée, quelque 156 millions d'actions de Facebook avaient d'ailleurs changé de mains, soit un volume quatre fois plus élevé qu'en temps normal. «On peut certainement dire que le lancement de Facebook en Bourse est une entreprise ratée sur toute la ligne», a souligné jeudi le président et gestionnaire de portefeuille chez la firme Medici, Carl Simard.
Ce dernier, qui est loin de recommander l'achat du titre de Facebook, souligne que la bulle spéculative entourant les titres boursiers des médias sociaux est véritablement en train d'éclater. M. Simard accole maintenant une valeur de 11 $ sur l'action de Facebook.
Pas au bout de ses peines
Il semble que Facebook ne soit d'ailleurs pas au bout de ses peines puisqu'un autre bloc de 270 millions d'actions appartenant à des employés et des actionnaires historiques pourra être liquidé, cette fois-ci, à la mi-novembre.
Facebook avait pourtant prévenu ses actionnaires, les invitant à la prudence dans des documents officiels déposés devant les autorités boursières. «S'il y a des ventes importantes de nos actions, le prix du titre pourrait reculer», avait indiqué la haute direction.
Le grand patron et cofondateur de Facebook, Mark Zuckerberg, pourra de son côté commencer à vendre ses parts cet automne également. Mark Zuckerberg détient 503 millions d'actions de Facebook.
La plupart des analystes estiment que Facebook devra maintenant livrer des résultats financiers exemplaires au cours des prochains trimestres pour espérer redresser la valeur de son titre boursier. «Le problème avec cette entreprise, c'est que nous n'avons pas de repères pour nous guider. Son modèle d'affaires reste à monétiser», a ajouté M. Simard.
Au dernier trimestre, Facebook a déclaré des ventes publicitaires en progression de 28% sur un an, à 992 millions$US. Ces recettes publicitaires représentent désormais 84% de ses revenus.
Zynga
Le titre de Facebook n'est pas le seul à connaître des ratés depuis son introduction à la Bourse. Les titres de Zynga et de Groupon ont la vie dure par les temps qui courent.
L'action de Zynga, qui édite notamment des jeux pour les réseaux sociaux, dont le fameux Farmville, ne vaut plus que 3$US, soit 70% de moins que lors de son lancement boursier à 10$US en décembre dernier. Au dernier trimestre, Zynga a déclaré des pertes de 23 millions$US sur un chiffre d'affaires de 332 millions$US.
Les jeux vedettes de Zynga remportent moins de succès qu'auparavant. Le célébrissime Farmville, qui est la source de près de 30% des revenus de la société, n'attire plus que 18 millions d'utilisateurs mensuels, contre 80 millions en 2010.
Groupon
Quant à Groupon, le site transactionnel de coupons-rabais sur des produits et services n'est plus l'ombre de lui-même à la Bourse. Son titre a perdu plus de 70%.
Jeudi, l'action de Groupon ne valait plus que 5$US à la Bourse NASDAQ, loin des 26$US lors de son lancement le 4 novembre dernier.
Au dernier trimestre, Groupon a pourtant dégagé un bénéfice de 28 millions$US sur des revenus de 568 millions$US comparativement à une perte de 107 millions$ au même trimestre l'an dernier.
Or, Groupon anticipe un recul de ses «marges opérationnelles» au cours du trimestre actuel. Ce qui a amené certains analystes à ne plus recommander l'achat du titre et à douter de la viabilité à long terme de l'entreprise.