En une semaine de diffusion des JO, pas moins d'un million de téléchargements des applications mobiles pour tablettes et téléphones intelligents ont été effectués. Actuellement, 61 % du contenu numérique passe par les appareils mobiles. C'est cinq fois plus que le trafic habituel que génèrent les diffusions des propriétés de Bell Média, soit 12 %. Et 90 millions de pages ont été vues sur les applications RDS olympiques sur iOS (iPhone, iPad, iPod), Android, BlackBerry ou Windows Phone 7.
Lors des Jeux d'hiver de Vancouver, les diffuseurs et le Comité olympique international ne se préoccupaient pas autant des tablettes, des téléphones et compagnie.
Environ 10 % du contenu numérique passait par les appareils mobiles et le Web en 2010. En 2012, c'est l'explosion, car au moins 15 canaux de diffusion ne sont pas à la télé, avec ses trois canaux de transmission, mais sur le Web et les applications mobiles.
Dans cette aventure, les coûts sont exorbitants. Même s'il ne peut donner de chiffres précis, Gerry Frappier, président de RDS, et aussi chef de mission francophone du consortium canadien, soutient que la facture est énorme.
«Il ne faut pas tenir compte uniquement des droits de diffusion», affirme-t-il lors d'une entrevue téléphonique depuis Londres. «Il y a tous les coûts de production et surtout la facture pour la transmission des données. Si vous savez ce que coûte un interurbain à l'international, imaginez que c'est la même chose pour la transmission du signal télé et les autres formes de diffusion.»
Selon certaines sources, le consortium canadien aurait déboursé 153 millions $ pour la diffusion des JO de Vancouver et de Londres. C'est sans compter les salaires de 1200 personnes affectées à la couverture et à la diffusion sur trois quarts de travail, l'hébergement des gens, dont certains sont sur place depuis deux ou trois mois pour tout préparer. Sans oublier la création de différentes applications mobiles pour des systèmes d'exploitation différents dont les exigences de formats de diffusion varient d'une plateforme à l'autre et la présence de personnes pour gérer et participer aux discussions sur les réseaux sociaux.
«Nous avons fait le pari de nous adapter à ce que les consommateurs demandent, affirme Gerry Frappier. Tout le monde ou presque possède un téléphone ou une tablette et veut savoir ce qui se passe en temps réel. À cause du décalage horaire, les gens doivent le faire pendant les heures de bureau. Par exemple, ceux qui veulent savoir ce qui se passe avec Alexandre Despatie regarderont sur leur téléphone en direct. Et nous misons sur le fait que cela les ramènera vers la télévision plus tard en journée.»
À la blague, il dit que le produit intérieur brut doit diminuer pendant la période des Jeux olympiques. Quiconque voulant savoir ce qui se passe a les moyens de le voir en tout temps sur tous les moyens de diffusion en direct ou en différé. «Nous ne sommes plus que de simples diffuseurs de télévision, mais des fournisseurs de contenu sous différentes formes, poursuit-il. Nous devons nous adapter au marché et aux demandes des consommateurs.»
La publicité aussi doit s'adapter. Les grandes agences, dit M. Frappier, ont commencé à migrer une partie de leurs dépenses publicitaires vers le Web, les appareils mobiles et les médias sociaux. Le consortium canadien pour les JO de Londres est formé de RDS, RDS 2, et V télé pour le volet francophone, de CTV et TSN pour le côté anglophone.