CEFRIO: du français au numérique

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Yves Therrien
Le Soleil

(Québec) Lorsqu'il a été créé, en 1987, le CEFRIO regroupait des spécialistes de la technologie provenant des universités comme ceux de l'Université Laval ou de l'Université du Québec, du secrétariat du Conseil du trésor, d'IBM et de Bell Canada, entre autres. Son mandat consistait à voir comment les entreprises pourraient travailler en français avec les nouveaux outils informatiques, surtout comment avoir des claviers en français.

En 1991, 100 % des entreprises de 100 employés et plus étaient équipées d'ordinateurs, mais à peine 33 % des petites entreprises en possédaient. Dans les maisons québécoises en 1992, seulement 11 % des ménages possédaient un ordinateur, alors que la proportion était de 20 % au Canada et de plus de 30 % aux États-Unis. En 1995, c'est l'arrivée d'Internet. Le premier ministre Jacques Parizeau demande de recenser les sites québécois.

«En mai, il y avait 252 sites. Certains étaient informationnels et d'autres, des miroirs vers d'autres sites. On ne parlait pas encore de sites transactionnels», se souvient M. Tanguay. Le CEFRIO a commencé à travailler avec le gouvernement pour s'assurer que l'on développait des sites en français, et notamment avoir des outils qui permettaient des requêtes en français. Aujourd'hui, on ne se pose plus la question de la langue avec les moteurs de recherche. En 1998, l'enjeu qu'étudie le CEFRIO concerne le commerce électronique. C'est le début des achats en ligne. Il s'agit de s'assurer que les entreprises québécoises soient présentes en ligne et permettent les achats de leurs produits.

C'est à ce moment que le CEFRIO change d'approche. Alors qu'il s'assurait de l'informatisation des organisations, l'organisme se tourne davantage vers les projets de recherche sur l'utilisation des TI.

«Le premier projet portait sur le télétravail et sur les nouveaux modes de travail à l'ère d'Internet, poursuit-il. Cela a donné naissance à d'autres projets sur la gestion des connaissances, sur le transfert intergénérationnel, le Web 2.0 et les médias sociaux en 2003.»

Aujourd'hui, la mobilité et la portabilité changent toutes les données de fonctionnement connu jusqu'à maintenant, souligne M. Tanguay. Cela se constate surtout dans la population plus jeune qui ne s'informe plus de la même manière, notamment avec la télévision qu'elle choisit de regarder en différé sur l'ordinateur au moment qui lui convient.

Ainsi, le champ d'études du CEFRIO ne rapetisse pas, mais il y aura plus de recherche sur l'expérience numérique des Québécois dans des zones encore inexplorées.

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