Le revenu et la scolarisation influencent le plus l'accès à Internet

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Trois facteurs-clés permettent d'expliquer les différences d'utilisation d'Internet: l'âge, le revenu et la scolarité. Ainsi, une fois réunis, ces trois éléments abolissent les frontières géographiques.

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Yves Therrien
Le Soleil

(Québec) Dans l'analyse des données de sa récente enquête NETendances 2011, publiée mardi, le CEFRIO se demande si les régions sont moins branchées que les grands centres urbanisés.

Au Québec, 82 % des adultes utilisent Internet. Sans surprise, plus de 80 % des habitants des grands centres urbains sont branchés. Mais Stéphane Gauvin, professeur titulaire à la Faculté des sciences de l'administration de l'Université Laval et chercheur associé au CEFRIO (centre facilitant la recherche et l'innovation dans les organisations, à l'aide des technologies de l'information et de la communication), explique que les différences régionales sont plutôt complexes à décrire.

Trois facteurs-clés permettent d'expliquer les différences d'utilisation d'Internet: l'âge, le revenu et la scolarité. Ainsi, une fois réunis, ces trois éléments abolissent les frontières géographiques.

«Au Québec, un adulte de 18-24 ans qui détient un baccalauréat et bénéficie d'un revenu familial annuel de plus de 50 000 $ a une probabilité de 98,56 % d'utiliser Internet», précise monsieur Gauvin.

Il donne l'exemple de la région de la Côte-Nord, l'une des moins branchées au Québec (70 %, par rapport à 82 % en 2010 pour l'ensemble du Québec). Toutefois, il note que le taux d'utilisation dans la municipalité de Ferland, voisine de Sept-Îles, dépasse les 90 %, soit l'un des taux les plus élevés au Québec, pourcentage que l'on retrouve à Lac-Beauport et à Saint-Nicolas, en banlieue de Québec, à Bromont, en Montérégie, à Aylmer, dans l'Outaouais.

Même s'il estime que l'âge, la scolarité et le niveau de revenus ont une influence, il précise qu'il y a bel et bien un effet lié au lieu de résidence. «Notre analyse de 30 000 observations géocodées montre que si l'on tient compte des différences d'âge, de scolarité et de revenu, les répondants vivant dans un lieu isolé sont moins branchés que ceux des grandes agglomérations. On parle d'une différence moyenne de 4 %.»

Parmi les exemples, il cite Saint-Jérôme, Drummondville, Magog, Shawinigan, Victoriaville, Gaspé ou Bagotville qui sont moins branchées que le suggère leur profil démographique. Mais, Sherbrooke, Bromont, Rimouski, Rivière-du-Loup, Rouyn-Noranda, La Sarre et Amos le sont plus.

Il ajoute encore que la plupart des Québécois non branchés vivent à Montréal en précisant que ce sont des personnes relativement âgées, peu scolarisées et peu fortunées.

Par ailleurs, l'enquête note que l'utilisation du téléphone cellulaire et des médias sociaux poursuit son ascension depuis plusieurs années. Au sein des 18-24 ans, le nombre d'adultes qui communiquent par cellulaire a doublé, passant de 38,8 % à 77,9 %.

C'est la même chose pour les SMS passant de 32,9 % en 2010, à 69,2 % des gens utilisant ce mode de communication en 2011. Le groupe des 25 à 34 ans suit cette tendance avec des taux d'utilisation du cellulaire passés de 37,3 % à 56,8 % pour les appels et 16,4 % à 42,2 % pour les SMS.

Quant aux médias sociaux, ce sont les adultes québécois âgés entre 25 et 34 ans qui démontrent la plus forte progression d'utilisation, comme ils étaient 35 % à communiquer de cette manière en 2010 et non moins de 54,5 % en 2011.

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