Villes intelligentes, villes durables, titre le colloque de l'institut Technologies de l'information et sociétés de l'Université Laval qui se tenait mercredi sur son campus. Plusieurs dizaines de chercheurs, de représentants d'entreprises et de villes ont discuté de ce qui se fait de mieux en la matière.
Jean-François Barsoum, consultant stratégique écologie et innovation chez IBM, en a donné des exemples impressionnants en matière de transports. À Pékin, les informations sur les navetteurs en voiture permettent notamment d'anticiper la congestion et de planifier le développement de la ville. Une technologie similaire a permis à une petite ville américaine de redessiner ses parcours de bus et, au passage, d'atteindre 30 % plus de citoyens et de diminuer du tiers les coûts d'exploitation. Stockholm a de son côté installé un système de péage automatique par caméra pour l'accès au centre-ville.
La circulation a diminué de 20 % pendant le projet-pilote... et augmenté d'autant lorsqu'il a pris fin. Par référendum, entre la congestion et la facture, les citoyens ont choisi la facture.
M. Barsoum soutient que «changer les habitudes et les attitudes ne coûte pas cher».
À Stockholm, c'était bien moins onéreux que de construire l'autoroute qui aurait été nécessaire sans ce changement. Une étude réalisée dans sept villes par le chercheur Sehl Mallouli, de l'Université Laval, montre que les administrations s'intéressent au concept de ville intelligente notamment pour diminuer les coûts des services, mais aussi comme «levier économique». Natalie Quirion, directrice générale du Parc technologique, ne peut qu'être d'accord. Parce que c'est l'entreprise qui «devient le moteur, quand on décide d'implanter des idées».
Des idées à la tonne
À Québec, poursuit-elle, des idées, il y en a à la tonne. Mais elle aimerait qu'elles se concrétisent plus souvent chez nous, plutôt que chez les autres, que Québec serve davantage de «vitrine». La ville n'en serait que plus intelligente et plus attractive, et «aussi pour les investissements».
Québec, qui s'est hissée parmi les sept villes les plus intelligentes de l'Intelligent Community Forum (la gagnante sera connue le 8 juin), a aussi ses réussites. Au micro, Gilles Noël, directeur général adjoint des services de soutien, a cité l'automatisation des feux de déneigement, le conseil municipal sans papier, la fréquentation du site Web mobile en hausse de 237 %, les 8000 abonnés aux services par textos, les trajets optimisés (et GPS) pour les véhicules d'urgence et certains véhicules de déneigement, etc.
Cet automne, la Ville lancera un nouveau service, le 3-1-1, qui se veut un guichet unique pour les services municipaux à l'image de celui de New York.
Elle a investi 500 000 $ pour un gestionnaire de dossier client qui permettra un meilleur suivi des interactions entre les citoyens et les services de la Ville.
Québec lancera aussi cet automne un premier volet de son coffre-fort virtuel, qui sera, à terme, un espace hautement sécurisé (et accessible par le citoyen en branchant un appareil de sécurité sur son ordinateur) pour échanger des données sensibles.