Des migrations profitables avec des logiciels libres

(Québec) Si le gouvernement québécois cherche à faire des économies avec ses suites bureautiques, il peut toujours consulter les nombreuses expériences menées dans plusieurs pays avec OpenOffice. Un projet réalisé par le ministère de la Justice finlandais, sur plus de 10 000 postes de travail, a permis d'économiser 4,5 millions $, soit plus de la moitié de la facture.

Une étude réalisée en 2010 sur ce projet, démarré en 2003, conclut que la transition à OpenOffice a entraîné des économies substantielles : coûts de 2,1 millions $ avec OpenOffice contre 6,7 millions $ avec MS Office. Elle a aussi eu des effets bénéfiques en matière de souveraineté, de gouvernance et en diminution de la dépendance envers un fournisseur unique, souligne l'auteur de l'étude.

Plus récemment, en France, la région administrative de Paris (Île-de-France) a annoncé qu'elle offrirait une nouvelle version de la suite LibreOffice aux lycéens, à leurs parents, leurs professeurs, et au personnel administratif, soit près d'un million d'utilisateurs, pour la rentrée 2012. Tous recevront une clé USB permettant l'accès aux logiciels.

LibreOffice est une suite bureautique dérivée d'OpenOffice, et la version offerte est baptisée LooL (Libre Office On Line). Il s'agit d'un logiciel en ligne, comme Google Apps, qui sera hébergé par «Marguerite», un projet de nuage informatique au service des étudiants et des chercheurs de la région administrative parisienne.

La France est sans doute, avec le Brésil, le pays ayant la plus longue expérience du logiciel libre. Plusieurs services y sont entièrement convertis.

C'est le cas de la Gendarmerie nationale, qui regroupe la force policière et la police militaire, soit plus de 100 000 employés.

En 2005, l'organisation a entrepris la migration de Microsoft Office vers OpenOffice, pour 70 000 postes de travail. En 2008, la Gendarmerie a ensuite entrepris de remplacer les systèmes d'exploitation Windows par un système GNU/Linux, visant 90 000 postes pour 2015.

En 2010, le lieutenant-colonel Xavier Guimard estimait que la Gendarmerie avait réduit ses dépenses en technologies de l'information de plus de 50 %, sans perte de fonctionnalités. Les économies en frais de licence et d'entretien étaient évaluées à 50 millions d'euros (68 millions $CAN) pour la période 2004-2009.

Munich

En Allemagne, la ville de Munich a elle aussi entrepris, en 2003, la conversion des quelque 15 000 pos- tes de travail de l'administration municipale vers la plateforme Linux.

La ville a même créé son propre système d'exploitation : LiMux. La migration, nettement plus ambitieuse, s'est toutefois heurtée à des problèmes en cours de route. Finalement, Munich compte aujourd'hui 3000 postes de travail sous LiMux, mais tous les usagers se servent du fureteur Firefox, du client de courriel Thunderbird et de la suite OpenOffice.

Par ailleurs, l'étude menée en Finlande a identifié une condition essentielle pour que de telles transitions réussissent. Elles doivent être amorcées et appuyées jusqu'au plus haut niveau.

Dans le cas de Munich, le conseil municipal et le maire de la ville étaient à l'origine du projet. Dans ce cas, le projet visait moins à réduire les coûts qu'à s'affranchir des formats propriétaires de Microsoft.

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