La politique sur le logiciel libre dévoilée la semaine prochaine

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Le logiciel libre fera l'objet d'une section dédiée dans la politique sur les «ressources informationnelles» que doit déposer la ministre Courchesne cet automne.

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(Québec) Près de 700 participants sont attendus la semaine prochaine pour le Salon du logiciel libre du Québec, où la présidente du Conseil du trésor, Michelle Courchesne, devrait dévoiler les grandes lignes de sa politique-cadre sur les ressources informationnelles au gouvernement.

L'industrie du logiciel libre fonde beaucoup d'espoirs sur le projet de loi que Mme Courchesne doit déposer avant la fin du mois. Elle a déjà indiqué qu'une section de la politique abordera ce dossier. Le gouvernement serait prêt à adopter des mesures pour ouvrir le processus d'appel d'offres à ces entreprises.

Mais l'État pourrait aussi avoir un profond effet sur la culture numérique québécoise sans pour autant augmenter ses dépenses, estime Daniel Pascot, directeur du département des systèmes d'information organisationnels, à l'Université Laval, et aussi président de FACIL, une association qui fait la promotion de l'informatique libre.

À utiliser en priorité?

«L'État devrait s'engager à utiliser en priorité les formats ouverts, dit-il. C'est une position tout à fait réaliste qui va entraîner un bon usage, car si le gouvernement utilise ces formats, ça va amener la population et les entreprises à faire de même.»

Ces formats incluent par exemple .txt, les formats PDF, JPEG, tous les formats OpenOffice, ou .ogg pour les fichiers audio, qui sont accessibles à tous les usagers. Les formats dits «propriétaires», comme .doc, .xls ou .ppt de Microsoft sont couverts par des brevets qui peuvent limiter leur usage.

Selon M. Pascot, Québec pourrait par exemple s'engager à accepter tous les documents en format ouvert, et pourrait même aller jusqu'à refuser de financer les migrations vers de nouveaux logiciels utilisant des formats propriétaires.

«L'État n'est pas une entreprise comme les autres, il doit assurer la pérennité des informations, et les formats ouverts offrent la meilleure garantie sur ce plan.»

Une ouverture à des logiciels qu'on peut utiliser, modifier, reproduire et diffuser sans contrainte risque de provoquer des conflits avec les usagers et vendeurs des logiciels brevetés, qu'ils soient de Microsoft, Adobe, Apple, etc.

Exclusivité à Microsoft... quelques semaines avant la politique-cadre

Un exemple : le Centre des services partagés du Québec (CSPQ) dévoile dans un récent appel d'offres ses nouvelles «normes» sur la migration des postes de travail et des infrastructures technologiques du CSPQ, du ministère des Services gouvernementaux et de Services Québec. Quelque 4000 postes de travail et 360 serveurs se retrouveront exclusivement réservés aux solutions Microsoft, quelques semaines avant que la présidente du Conseil du trésor présente sa politique.

En même temps, le contrat d'inscription Microsoft Sélect et le programme d'assurance logiciels, qui couvrent les achats de produits et services Microsoft par les ministères et les organismes québécois, est arrivé à échéance le 30 septembre, et n'a toujours pas été renouvelé.

Ce sont les revendeurs de logiciels, de la firme Compugen, qui se chargent d'ailleurs d'informer les différents ministères de l'état des discussions. «La Direction générale des acquisitions du CSPQ travaille depuis quelques semaines à la mise en place d'un nouveau CT [Conseil du trésor] logiciel et nous vous informerons dès que celui-ci sera en vigueur», écrit Nadine Carufel, directrice de la mise en marché des solutions logicielles pour Compugen, dans un courriel envoyé aux clients gouvernementaux, daté du 28 octobre.

Ces négociations sont-elles reliées à la politique-cadre que doit annoncer Mme Courchesne? On le saura la semaine prochaine. Mais dans message plus récent, du 24 novembre, Compugen informe ses clients que des négociations sont toujours en cours pour le renouvellement des assurances logicielles, qui permettent d'acquérir des versions récentes, sont en cours.

«Nous vous suggérons de demeurer patient et nous vous informerons dès que possible», écrit-on.

Un pionnier en ville

Richard Stallman, informaticien américain à l'origine de la Free Software Foundation (FSF), sera l'invité d'honneur du Salon du logiciel libre, qui se déroulera lundi et mardi, à l'Université Laval. M. Stallman est à l'origine du projet GNU, le système d'exploitation qu'on désigne, à tort, comme «Linux». Le terme Linux désigne le kernel, une des composantes du système d'exploitation. Pour cette raison, la FSF préférerait qu'on parle du système GNU/Linux.

Richard Stallman consacre, depuis le milieu des années 90, la majeure partie de son temps à la promotion du logiciel libre auprès de divers publics un peu partout dans le monde. Pendant les deux jours de rencontres, 45 conférenciers partageront leur expertise avec les participants. Mardi matin, M. Stallman rencontrera, à l'Assemblée nationale, une délégation du Parti québécois dirigée par Marie Malavoy, députée de Taillon et porte-parole de l'opposition officielle en matière d'enseignement supérieur et de recherche.

Par ailleurs, le Salon réunira, mardi après-midi, des représentants des partis politiques québécois autour d'une table ronde afin de discuter de l'utilisation des outils virtuels pour enrichir les rapports entre les citoyens et l'administration publique. L'événement sera une excellente occasion de mesurer la progression des logiciels libres dans les agences gouvernementales à travers le monde, à l'occasion d'une conférence donnée demain après-midi par un expert sud-africain, Nico Elema.

Le Salon est organisé par l'Association professionnelle des entreprises en logiciels libres, qui encourage la création et le développement de ce mouvement.

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