Régimes de retraite: des options?

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Robert Fortier, actuaire et associé directeur au cabinet Mallette

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Louis Tanguay

Louis Tanguay
Le Soleil

(Québec) Discussion, cette semaine, avec un expert en retraite et en avantages sociaux sur quelques pistes de solution pour protéger les rentes des retraités et futurs retraités. Beaucoup d'émotion a entouré tout ce qui s'est dit sur le sort des retraités de Papiers White Birch, dont la rente est amputée de 30 % dans relance de l'usine Stadacona.Y a-t-il moyen d'éviter que pareille situation se reproduise?

L'actuaire Robert Fortier, associé directeur au cabinet Mallette, est optimiste quant à la capacité de trois comités nommés par le gouvernement du Québec pour analyser divers enjeux reliés à la retraite.

Mais il y va de quelques suggestions inspirées par ses contacts avec des milliers de PME. Disons d'abord que l'expert n'attend pas grand-chose des régimes volontaires d'épargne-retraite (RVER à être mis en place en 2013). En réduisant simplement les frais de gestion, ils ne régleront pas le principal problème de l'épargne-retraite : celui du rendement.

Quant à la formule envisagée de régimes à prestation cible donnant une rente prévisible, mais pas garantie comme celle des régimes à prestation déterminée, elle a le défaut de laisser le fardeau du risque sur les épaules de l'individu, tout comme dans les régimes à cotisation déterminée.

Mais force est de constater que les entreprises seront de plus en plus nombreuses à vouloir assainir leur bilan en réduisant le coût des rentes acquises par (ou promises à) leurs employés qui participent à un régime à prestation déterminée.

Récompenser la pérennité?

Pourrait-on assouplir les normes pour les régimes d'entreprises non soumises aux aléas de l'offre et de la demande pour un produit quelconque?

On comparerait par exemple la capacité de générer des profits à long terme dans une organisation stable, à la capacité de lever des taxes dans les municipalités qui ne sont pas obligées de prouver la solvabilité des régimes de leurs employés.

Cette hypothèse implique un ajout important de ressources professionnelles à la Régie des rentes du Québec, mais les protocoles d'analyse nécessaires existent selon les comptables consultés par l'actuaire.

Rente assurée?

Au moment où un employé part pour une retraite qui pourra être aussi longue que sa vie active, est-il pensable de sortir du passif d'une entreprise les coûts de la responsabilité de sa rente?

Chaque assureur a une capacité limitée quant à la vente de rentes viagères. Pour les inciter à le faire davantage, faut-il élaborer des mécanismes pour le partage des risques?

Sinon, l'État pourrait assumer cette responsabilité moyennant une prime de risque établie au moment de la retraite.

Après tout, c'est à ses crochets que risquent de se retrouver les rentiers privés d'une partie de leur rente advenant la disparition de leur employeur.

Les pistes proposées ne contiennent pas de solution toute faite, mais elles ont l'avantage de soulever des questions qui méritent d'animer le débat à venir.

CITATION DE LA SEMAINE

«Est-il normal que les règles de solvabilité soient les mêmes pour le régime de retraite du Mouvement Desjardins et celui de White Birch?»

- Robert Fortier, actuaire et associédirecteur chez Mallette

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