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Pointe-Noire: un nouvel élan au Plan Nord

Les actifs de l'État sur la stratégique Pointe-Noire... (Photo fournie par le Port de Sept-Îles)

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Les actifs de l'État sur la stratégique Pointe-Noire de Sept-Îles sont voisins du quai multiusager (à droite) du port de Sept-Îles, une infrastructure capable d'accueillir les plus grands minéraliers du monde.

Photo fournie par le Port de Sept-Îles

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<p>Fanny Lévesque</p>
Fanny Lévesque

Collaboration spéciale

Le Soleil

(Sept-Îles) L'année 2017 sera «charnière» pour l'État qui a dans les cartons de façonner tout le secteur stratégique de Pointe-Noire à Sept-Îles, sa récente acquisition, pour donner un nouvel élan au Plan Nord.

«On a mis le premier rang du casse-tête et maintenant, on continue de le monter», illustre Pierre Bolduc, directeur général de la Société ferroviaire et portuaire de Pointe-Noire (SFPPN), l'entité créée après l'achat en mars, des équipements miniers du géant Cliffs Natural Resources, qui a tiré un trait sur ses activités en décembre 2014. 

La société a accepté d'accueillir Le Soleil sur son immense terrain de jeu de 1200 hectares, qui débouche à Pointe-Noire, une presqu'île qui entoure la baie de Sept-Îles, et qui, surtout, donne accès au port de mer, la porte de sortie des nouveaux producteurs de fer de la généreuse fosse du Labrador, dans le nord de la province. 

La transaction de 66,75 millions $ a aussi permis à l'État de mettre la main sur le convoité chemin de fer Arnaud, qui relie Pointe-Noire au tracé de la QNS&L, l'unique lien ferroviaire entre le Labrador et Sept-Îles. Les minières n'ont d'autres choix que de l'emprunter pour sortir leur tonnage et l'envoyer vers les marchés internationaux.

«Le secteur développé [par Cliffs à l'époque], c'est la pointe de l'iceberg, c'est 10,15 % [des terrains]», affirme M. Bolduc. De vastes lieux donc, aux possibilités multiples, que Québec a bien l'intention de développer avec ses futurs partenaires. Tata Steel Mineral Canada a été la première en septembre, à y expédier des tonnes de fer vers la Chine. 

Champion Iron Mines, qui a acheté la mine du lac Bloom, autrefois exploitée par Cliffs, pourrait bien être le prochain utilisateur des actifs de l'État. La minière planche activement sur le redémarrage des opérations. Le sort de la mine Scully, qui appartenait aussi à Cliffs, n'est pas non plus scellé dans la restructuration légale du géant américain. 

«[Champion, Tata Steel et possiblement Scully], ça pourrait être les activités de base pour le site, mais il en a d'autres. Il y a beaucoup d'activités qui se préparent», poursuit le directeur général. Le téléphone ne dérougit pas, explique M. Bolduc, notamment avec un prix du fer à la hausse, qui se négocie autour de 80 $US la tonne. 

Il faut comprendre que Québec exploitera le site selon une approche multiusager. Une société, qui lorgne un projet minier par exemple, pourra utiliser les infrastructures de l'État plutôt que de construire les siennes. La transaction a déjà réveillé l'intérêt de joueurs silencieux depuis la débâcle des prix, comme Alderon et Labrador Iron Mines. 

«Ça va prendre du développement. Je ne peux pas prendre 50 millions de tonnes demain matin. Le site n'est pas suffisamment développé pour ça». Et l'une des premières étapes sera de brancher les actifs au mégaquai du port de Sept-Îles, tout juste voisin, financé à moitié par cinq minières, mais qui n'a pas encore servi. 

Québec a réservé 15 millions $ pour construire un convoyeur vers l'infrastructure, une «plaque tournante» du Plan Nord, construite aux coûts de 220 millions $, capable d'accueillir les plus grands minéraliers du monde. Le feu vert des travaux pourrait être donné «rapidement», si la demande le justifie, a déjà fait savoir le ministre Pierre Arcand. 

«Ça devient pressant», affirme M. Bolduc, rappelant que le quai 30 (celui que l'État utilise) a une «capacité réduite» d'expédition. La SFPPN s'affairera aussi en 2017 à adapter son «circuit» au transit du DSO (Direct Shipping Ore), comme exploite Tata Steel, et du concentré de minerai de fer, deux produits ferreux différents. 

Plus que du minerai de fer... 

Québec évalue que d'ici trois ans, quelque 14,5 millions de tonnes de minerai de fer pourraient transiter via son acquisition. Mais, l'État ne souhaite pas seulement accueillir sur ses terres du fer. Environ 700 hectares pourraient être destinés «à d'autres services», comme des projets en transformation, indique M. Bolduc. 

«On veut développer d'autres secteurs en parallèle», explique-t-il. «Ce n'est pas que du minier. Dans la vision stratégique, on doit sortir du mono-industriel dans lequel on est». Des «entrepreneurs avec les nerfs d'acier» dans le contexte actuel pourraient même avoir des vues sur l'usine de bouletage, qui se trouve également sur le site de Pointe-Noire. 

C'est aussi connu que Mine Arnaud, dont Investissement Québec est le principal actionnaire, profitera de la transaction. La minière a d'ailleurs déjà retranché 82 millions $ de son projet initial d'exploiter une mine d'apatite à l'entrée ouest de Sept-Îles, évalué à 850 millions $, depuis que l'État est propriétaire des actifs de Pointe-Noire. 

Malgré la présence anticipée de «plusieurs» joueurs à Pointe-Noire, Québec s'assurera qu'aucune société n'exerce un pouvoir de nuisance. Il faut rappeler que le gouvernement a mis la main sur Pointe-Noire justement pour désenclaver le secteur stratégique, dont le développement a longtemps été freiné par Cliffs Natural Resources. 

Pierre Arcand a confirmé au Soleil qu'il espère que les premiers partenaires de la SFPPN, qui doit devenir une société en commandite, seront connus d'ici les printemps. Deux entreprises «sont fortement intéressées» et l'État «aimerait éventuellement en avoir deux autres», a-t-il indiqué. «On est là-dessus.»

Au chapitre des revenus que généreront les volumes manutentionnés sur le site de Pointe-Noire, Pierre Bolduc estime que «le seuil de rentabilité» devrait être atteint d'ici 2020. D'autres investissements pourraient également être à prévoir pour «être adapté, juste à temps, avec les besoins de l'industrie», l'objectif de la société.

Le directeur général de la Société ferroviaire et... (Photo collaboration spéciale Fanny Lévesque) - image 2.0

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Le directeur général de la Société ferroviaire et portuaire de Pointe-Noire, Pierre Bolduc, affirme que beaucoup d'activités se préparent.

Photo collaboration spéciale Fanny Lévesque

Contestation des taxes municipales

S'il y a une ombre au tableau depuis que la SFPPN a mis la main sur Pointe-Noire, une transaction saluée à Sept-Îles, c'est que la société et la Ville cherchent toujours à s'entendre sur la question des taxes municipales. L'État a une évaluation cinq fois moins élevée que celle de la municipalité. 

La valeur des immeubles au rôle triennal de la municipalité atteint 165 millions $, alors que la SFPPN la chiffre à 30 millions $. C'est donc dire que plutôt que de payer 5 millions $ par année en taxes, la société estime avoir à n'en payer que 900 000 $. Le directeur général de la société, Pierre Bolduc, a refusé de commenter l'écart.

La Société ferroviaire et portuaire de Pointe-Noire...

Créée en mars 2016 

260 000 tonnes de minerai, le volume expédié en 2016  

39 employés (cet été) 

1200 hectares de terrains, un chemin de fer, une usine de bouletage, des bureaux administratifs et d'équipements de manutention et d'expédition de minerai, gérés par la Société du Plan Nord

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