La FTQ exige l'arrêt du chantier de la Romaine

Le 11 mars 2015, Steeve Barriault, 39 ans,... (fournie par la CSST)

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Le 11 mars 2015, Steeve Barriault, 39 ans, de Havre-Saint-Pierre, est mort au chantier La Romaine lorsque sa pelle hydraulique s'est enfoncée dans une fosse de cinq mètres d'eau recouverte de glace.

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(Québec) Horrifiée par la mort d'un autre travailleur à La Romaine, la FTQ-Construction demande l'arrêt du chantier et une commission d'enquête publique sur les pratiques d'Hydro-Québec.

Le corps de Luc Arpin, enseveli dans sa pelle mécanique sous une paroi affaissée, vendredi, n'a toujours pas pu être récupéré, se désole Yves Ouellet, directeur général de la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ)-Construction. 

Son décès s'est ajouté à celui d'Alex Antoine Proulx, cette année, à la suite d'une chute, à celui de Steve Barriault, dont la pelle hydraulique a basculé dans une fosse l'an dernier, et à celui de Gaétan Saucier, en 2010, dont l'équipement lourd s'est enfoncé dans un étang. Tous morts au chantier de La Romaine. 

La FTQ-Construction interpelle directement le premier ministre pour qu'une commission d'enquête publique expose les pratiques sur les chantiers d'Hydro-Québec. «Il y a des choses qui se passent et ce n'est pas normal, dénonce M. Ouellet. On veut savoir comment ça se fait que l'organisation du travail a coûté quatre vies à cet endroit. Comment il se fait que des travaux se font malgré les dangers? Il n'y a pas un ouvrage qui mérite que des gens meurent pour le réaliser.»

Lundi, après une réunion extraordinaire de son conseil d'administration, Hydro-Québec a annoncé la mise sur pied d'un comité spécial. Coprésidé par le président et chef de la direction, Éric Martel, et par un membre du C. A., Yvon Marcoux, il doit veiller à ce que les plus hauts standards en matière de santé et sécurité soient respectés sur les chantiers. 

La FTQ-Construction n'a pas confiance en ce comité. D'abord, il aurait dû être créé au premier décès, dit M. Ouellet. Pas au quatrième. Et il ne croit pas que les dirigeants d'Hydro-Québec auront un penchant pour l'autoflagellation. 

«J'imagine qu'ils vont aller devant les caméras et dire que c'est de leur faute, ironise-t-il. Voyons. Ils ne feront pas ça. Ça prend une vision externe pour examiner le respect des procédures.» 

D'autant plus que, selon M. Ouellet, des recommandations de rapports de la Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail (anciennement la CSST) à la suite des décès précédents ne sont «pas suivies». 

La FTQ-Construction veut que l'ensemble du chantier soit freiné tant et aussi longtemps qu'Hydro-Québec ne sera pas en mesure de garantir la sécurité des travailleurs à La Romaine. Et que la société d'État ait la «décence» de compenser les ouvriers pour les jours de travail perdus.

«Qu'ils arrêtent complètement, qu'ils règlent leurs choses, qu'ils remettent ça sécuritaire et s'assurent qu'il n'y a aucun danger pour travailler, et après, ils donneront le Go, demande M. Ouellet. Imaginez, hier, dans la cafétéria, les gars qui sont là, ils le savent que leur chum est encore enterré à l'autre bout. Il y a des membres de leur famille qui les appelle parce qu'ils s'inquiètent pour eux. C'est pas normal en 2016.»

Activités d'excavation interrompues

Hydro-Québec a indiqué lundi que les activités d'excavation au chantier de la Romaine-4 ont été interrompues jusqu'à avis contraire. La FTQ demande un arrêt des travaux dans tous les secteurs jusqu'à ce qu'un plan d'intervention indique comment le travail peut être repris de façon sécuritaire. 

Pour le moment, la plus importante organisation syndicale de l'industrie de la construction ne donne pas d'indication quant à sa réaction si elle n'obtient pas satisfaction. La FTQ-Construction veut connaître la réponse des autorités politiques à ses demandes d'abord. 

Selon le directeur général Ouellet, les travailleurs doivent souvent escamoter les principes fondamentaux de sécurité pour répondre à la pression d'Hydro-Québec pour respecter les échéanciers. Autant les travailleurs que les sous-traitants en témoignent, soutient-il. 

«On dirait que de plus en plus, sur les chantiers, il faudrait que ce soit fini hier, dit-il. Oui, mais c'est dangereux... Ce n'est pas grave, ça. Travaille. Les gars sont là pour gagner leur vie, pas pour la perdre. [...] Il n'y a pas péril en la demeure. On est en surplus d'énergie. Il n'y a pas de foyer au Québec qui va manquer d'énergie. Il faut prendre un recul et qu'une enquête dise pourquoi ces morts sont arrivées.»

La Romaine est un projet de complexe hydroélectrique de 1500 MW au nord de Havre-Saint-Pierre qui sera composé de quatre centrales. Un projet de 6,5 milliards $ sur la rivière Romaine qui doit être terminé en 2020. Sa production permettra à Hydro-Québec de hausser ses exportations et, «à terme», d'alimenter le marché québécois.




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