Trains de marchandises jusqu'à Gaspé: préfète et maire unissent leurs voix

Les pales éoliennes, fabriquées par LM Wind Power... (Collaboration spéciale Gilles Gagné)

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Les pales éoliennes, fabriquées par LM Wind Power à Gaspé, sont chargées sur des wagons à New Richmond, en raison de la dormance de la partie est du réseau.

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Le Soleil

(Gaspé) La préfète de la MRC du Rocher-Percé, Nadia Minassian, et le maire de Gaspé, Daniel Côté, ajoutent leurs voix au concert de revendications formulées ces dernières semaines afin que le ministère des Transports du Québec investisse les sommes nécessaires pour assurer le retour des trains de marchandises jusqu'à Gaspé.

Les deux élus justifient leur point de vue en se basant sur des raisons économiques et sur la cohérence qu'ils espèrent du ministère des Transports, propriétaire du tronçon Matapédia-Gaspé. Présentement, cet axe de 320 kilomètres n'est ouvert que sur 130 kilomètres à la suite de deux décisions de Transport Québec de mettre en dormance la section entre Caplan et Gaspé.

L'urgence de la situation découle en premier lieu du transport de pales éoliennes qu'entamera dans quelques jours la firme GE à destination du centre-sud des États-Unis. Ces pales, fabriquées par LM Wind Power à Gaspé, sont chargées sur des wagons à New Richmond, en raison de la dormance de la partie est du réseau.

Comparé au rail, l'acheminement par camion entre Gaspé et New Richmond coûte 800 000 $ de plus pour les 600 pales qui suivront cet itinéraire au cours de la prochaine année. Ce facteur affecte la position concurrentielle de l'usine LM, note le maire de Gaspé.

«Il y a une nouvelle effervescence industrielle en Gaspésie. On a plongé pendant des années, mais là, on est en train de se relever [...] Il y a un outil manquant, l'outil le plus compétitif et cet outil-là, c'est le chemin de fer», analyse Daniel Côté.

Il demande à Québec d'agir avec cohérence, «puisque Gaspé est incluse dans la courte liste des zones industrialo-portuaires du Québec, ce qui sous-entend du transport intermodal, que le gouvernement a lancé une Stratégie d'exportation 2016-2020, et qu'il a invité les fournisseurs de composantes éoliennes à exporter, ce que LM réussit avec succès, à long terme».

Depuis des mois, les élus entendent dire que l'État québécois serait prêt à investir dans l'infrastructure ferroviaire gaspésienne. En 2014, 2015, et 2016, seules des sommes allant au fonctionnement de la Société du chemin de fer de la Gaspésie, ex-propriétaire demeuré exploitant, ont été versées. Une somme approchant 50 millions $ pourrait être évoquée.

«Tout investissement sera bienvenu, mais est-ce qu'on peut raviver le dossier pour en arriver à la solution la plus porteuse?» note Nadia Minassian pour exprimer son désir d'être consultée, de faire partie de la solution. «On n'aura pas signé notre consentement à quelque chose qui ne répond pas parfaitement à nos besoins.»

Elle fait allusion à la rumeur selon laquelle la somme que l'État québécois s'apprête à annoncer se limiterait à la portion ouest du tronçon, entre Matapédia et Caplan ou Matapédia et New Carlisle et qu'il permettrait peut-être le retour du train de passagers de VIA Rail.

Daniel Côté signale à ce sujet qu'il n'est pas question d'abandonner VIA Rail, mais peut-être de reporter légèrement son retour.

«Nous ne savons pas si nous aurons assez d'argent pour ramener le train de marchandises à Gaspé et assurer le retour de VIA Rail à New Carlisle dans un premier temps [...] La première chose à considérer, c'est ce qui est le plus payant. C'est la marchandise. Ces revenus seront ensuite réinvestis pour ramener le train de passagers. Le train de marchandises nécessite des investissements moins élevés, parce que les normes sont moins sévères, et c'est plus payant», résume-t-il.

Appuis nationaux

En plus de nombreux organismes régionaux s'exprimant pour le retour du rail à Gaspé, des appuis nationaux s'ajoutent, ceux de la Fédération des chambres de commerce, des Manufacturiers et exportateurs du Québec et du Conseil du patronat.

L'usine LM de Gaspé emploie plus de 300 personnes. Une expansion est en cours. Trois autres clients de tailles diverses et localisés à Gaspé expriment un intérêt pour utiliser le rail. Dans la MRC du Rocher-Percé, la cimenterie de Port-Daniel et des sous-traitants sont d'autres utilisateurs pressentis.

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