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La FTQ et une entreprise condamnées à payer 150 000$ pour discrimination syndicale

Le travailleur de la CSN-Construction Harold Richard, en... (Collaboration spéciale Fanny Lévesque)

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Le travailleur de la CSN-Construction Harold Richard, en compagnie de l'avocat Dany Milliard, en marge des travaux de la Commission des relations du travail, en 2011.

Collaboration spéciale Fanny Lévesque

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Fanny Lévesque

Collaboration spéciale

Le Soleil

(Sept-Îles) La FTQ-Construction et Les Équipements Nordiques devront verser tout près de 150 000 $ à Harold Richard, ce travailleur de la CSN-Construction victime de discrimination syndicale, il y a sept ans.

Le Tribunal administratif du travail ordonne à la centrale syndicale et à l'entreprise de Sept-Îles de payer «solidairement», dans les huit jours, le montant de 85 918 $ en dommages compensatoires pour salaire perdu et 11 753 $ en intérêts, apprend-on dans la décision de Kim Legault, rendue le 8 juillet. 

En septembre 2009, M. Richard a déposé une plainte contre Équipements Nordiques après avoir été congédié en raison de son allégeance syndicale, soutenait-il. Le recours était également dirigé vers la FTQ-Construction et certains de ses représentants, dont Bernard «Rambo» Gauthier, pour avoir incité l'entreprise à le congédier. 

L'affaire a été entendue devant la Commission des relations du travail (CRT) qui a, en mars 2013, donné raison au travailleur de la CSN sur toute la ligne. La CRT était allée plus loin en affirmant que les leaders syndicaux de la Côte-Nord avaient mis sur pied un système de placement «ne laissant aucune latitude» aux employeurs. 

Dans sa récente décision, le Tribunal ordonne aussi à la FTQ-Construction le paiement de 50 000 $ en dommages-intérêts punitifs portés à M. Richard. Il a été admis en preuve que depuis 2013, le plaignant a tenté en vain de retrouver du travail dans l'industrie mais que les employeurs «craignent les conflits», bien qu'il soit «un bon travailleur».

Joint au téléphone, Harold Richard a confié qu'il paye encore le prix d'avoir dénoncé la situation à l'époque. L'opérateur de machinerie lourde de métier affirme qu'il a subi depuis de l'intimidation sur les chantiers par des travailleurs de la FTQ. «Pour tout ce que ça m'a coûté, c'est très mince comme compensation», lance-t-il. 

Le son de cloche est semblable à la CSN-Construction. «Du moment où tu perds le droit de gagner ta vie dignement, il n'y a pas de montant pour compenser ça [...] Pour monsieur et madame Tout-le-Monde, ça peut faire du sens. Mais quand tu regardes d'où est parti le dossier et où on est rendu aujourd'hui, c'est minime», dit le président, Pierre Brassard. 

Harold Richard se réjouit néanmoins d'avoir obtenu gain de cause en 2013. «On a prouvé que le système est là», a-t-il ajouté. Le président de la CSN-Construction avance pour sa part que le «règlement aurait dû être plus sévère» justement pour éviter les «effets négatifs» de l'influence des syndicats sur les employeurs. 

La FTQ-Construction n'a pas voulu commenter la décision, mais indique que «son équipe d'avocats travaille déjà» sur la question de la contester. Il a été impossible de joindre le représentant du local 791 de l'Union des opérateurs de machinerie lourde, Bernard «Rambo» Gauthier, avec qui M. Richard a eu d'autres démêlés. 

Le leader syndical avait même été obligé par le tribunal de se tenir loin du travailleur en vertu de l'article 810 du Code criminel pour l'avoir injurié pendant la grève de la construction, en juin 2013. Une ordonnance cassée plus tard par la Cour supérieure.

Équipements Nordiques sort de son mutisme

L'entreprise Les Équipements Nordiques, qui avait jusque-là décliné nos demandes d'entrevue en lien avec l'affaire, est sortie de son mutisme. «Nous autres, on a été spectateur d'une cause entre la CSN et la FTQ», lance le directeur général, Michel Lessard. «On est très déçu et amer de la décision parce qu'on pense qu'on en a payé les frais, ça nous a coûté très, très cher [...] Notre avocat a peut-être plaidé une journée» sur les 20 jours d'audience de 2010 à 2012. 

La Commission des relations du travail avait accepté d'élargir son mandat, à la demande de la CSN, pour examiner l'existence d'un système d'intimidation et de discrimination syndical mis en place par la FTQ-Construction. «On a entendu des choses qui se sont passées à La Romaine, à La Toulnustouc alors qu'on n'était même pas là», déplore M. Lessard. L'entreprise s'explique mal pourquoi elle aurait à payer pour les années où M. Richard n'a pas travaillé. «Je trouve ça exagéré», poursuit M. Lessard, ajoutant qu'il «évalue» la possibilité de contester la décision. Les Équipements Nordiques nie encore aujourd'hui avoir congédié M. Richard après avoir subi des pressions de Bernard Gauthier.  

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