Démonstration de force à Anticosti

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Les élus craignent les effets négatifs de l'exploration sur la faune, la mer et l'ensemble de l'île de 8000 kilomètres carrés, qui compte 200 habitants.

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Steeve Paradis

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Le Soleil

(Anticosti) Démonstration de force des maires et des chefs innus de la Minganie, vendredi, à l'île d'Anticosti.

Plusieurs d'entre eux se sont réunis sur l'île afin de clamer haut et fort leur opposition à l'exploration pétrolière sur Anticosti et réclamer carrément l'interdiction de la fracturation hydraulique.

Particulièrement ému d'accueillir collègues et chefs innus, le maire de la municipalité de L'Île-d'Anticosti, John Pineault, a parlé d'une journée historique. «La Minganie au complet se met ensemble pour dénoncer ce projet mal ficelé. Ça fait très longtemps qu'on se bat contre ce projet», a lancé M. Pineault devant un dépôt de matériaux et de produits chimiques appartenant à Pétrolia, qui pilote le projet honni.

«Comment l'industrie de la chasse et de la pêche peut-elle cohabiter avec le pétrole? Qu'est-ce qui va arriver avec l'eau douce?» lance l'édile, qui assure ne pas avoir encore de réponses à ces questions. «De toute façon, on reçoit toujours des réponses de con», souligne-t-il, excédé, en rappelant que la fracturation hydraulique, le procédé remis en question, est interdite en Nouvelle-Écosse et au Nouveau-Brunswick.

Léonard Landry (dg de Natashquan), Jean-Charles Piétacho (chef... (Collaboration spéciale Steeve Paradis) - image 2.0

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Léonard Landry (dg de Natashquan), Jean-Charles Piétacho (chef d'Ekuanitshit), John Pineault (maire de L'Île-d'Anticosti), Luc Noël (préfet de la MRC de Minganie), Rodrigue Wapistan (chef de Nutashkuan), Frédérick Gagnon (maire de Baie-Johan-Beetz) et Jacques Bernier (maire de Rivière-au-Tonnerre) se sont réunis vendredi à Anticosti pour clamer leur rejet du projet de fracturation hydraulique sur l'île.

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Les élus de la région ont rencontré mercredi les dirigeants d'Hydrocarbures Anticosti, le nom que Pétrolia donne à son entité sur l'île. Visiblement, cette rencontre n'a pas fait basculer l'opinion régionale, qui craint par-dessus tout des effets négatifs sur la faune, la mer et l'ensemble de l'île de seulement 200 habitants, mais de près de 8000 kilomètres carrés.

«On est totalement contre la fracturation hydraulique. S'il y a un autre moyen, qu'on vienne nous consulter, car tout doit se faire à une table de négociation», soutient le chef de Nutashkuan, Rodrigue Wapistan, dont la communauté revendique Anticosti comme territoire traditionnel. «On pêche du crabe ici, du homard, et on est très préoccupés par ce projet.»

Le préfet de la MRC de Minganie, Luc Noël, a profité de la rencontre pour demander de nouveau au gouvernement du Québec d'interdire la fracturation hydraulique, compte tenu de la solidarité régionale dans ce dossier.

«Il n'y a pas de précédent de fracturation dans un milieu insulaire», a-t-il affirmé avant de parler lui aussi de geste historique. «On veut du développement, mais pas celui-là. C'est la première fois qu'on est unanimes en région», a-t-il soutenu avant de citer Saint-Exupéry. «On n'hérite pas de la terre de nos parents, on emprunte celle de nos enfants.»

Le chef d'Ekuanitshit, Jean-Charles Piétacho, juge «inconcevable qu'on puisse faire de la fracturation dans ce milieu naturel magnifique. Nous ne sommes pas contre le développement, c'est le type de développement qui nous préoccupe au plus haut point. De toute façon, on doit être consulté et obtenir notre consentement avant d'aller plus loin.»

Prêts à aller plus loin

Et si le dossier n'évolue pas au goût des maires et des chefs, les prochaines actions seront plus éclatantes. «Si les gens n'ont pas compris notre message, on va se faire entendre par d'autres moyens. Y'a des jeunes de ma communauté qui m'interpellent et qui sont prêts à occuper le territoire si on n'est pas entendus. On ne veut pas nuire à l'économie, soyons clairs, mais on veut être entendus», a prévenu le chef Wapistan.

«Si les forages vont de l'avant, c'est sûr qu'il y aura des actions de prises, et ce n'est pas une menace», a conclu Luc Noël.

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