Ligne Matapédia-Gaspé: réfection moins chère que prévu

Le chemin de fer joue un rôle important... (Collaboration spéciale Gilles Gagné)

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Le chemin de fer joue un rôle important pour les industries forestière et éolienne en Gaspésie.

Collaboration spéciale Gilles Gagné

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Gilles Gagné
Le Soleil

(New Richmond) L'étude stratégique déposée cette semaine par la firme-conseil Canarail révèle que la réfection du tronçon Matapédia-Gaspé coûterait 36 millions $ de moins que le montant indiqué par une étude précédente. La nouvelle somme, 86,3 millions $, demeure importante.

Le document de Canarail, réalisé pour la Société du chemin de fer de la Gaspésie, révèle par ailleurs qu'une telle réfection pourrait tripler, presque quadrupler, le volume des marchandises transportées entre Matapédia et Gaspé. Le nombre de wagons passerait de 1624 en 2015 à 5700 en 2020.

Canarail fait aussi valoir que les revenus directs générés par l'activité ferroviaire, pour les trafics marchandises et passagers, s'établiraient à 7 millions $ par an. De plus, les activités des entreprises selon la présence du chemin de fer génèrent des revenus fiscaux de 17 millions $ par an pour les gouvernements provincial et fédéral.

Luc Lévesque, directeur général de la Société du chemin de fer de la Gaspésie, explique la baisse des coûts de réfection de la voie ferrée par les hypothèses plus réalistes utilisées par Canarail, en opposition à l'étude d'AECOM publiée en 2014.

«L'étude d'AECOM prévoyait de 21 à 25 millions $ uniquement pour les ponceaux. AECOM utilisait une mesure standard de 80 000 $ à 90 000 $ par ponceau, gros ou petit. Nos gros ponceaux ont été réparés. Nous savons depuis l'an passé, parce que nous avons fait les travaux nous-mêmes en régie interne au lieu d'aller en appel d'offres, qu'un ponceau coûte de 10 000 $ à 15 000 $. C'est cinq à huit fois moins cher que selon l'étude d'AECOM. Juste là, il y a une économie de 20 millions $», dit-il.

Luc Lévesque note que d'autres économies découlent de la fréquence de remplacement des traverses et des rails. Quant aux ponts, le plus gros morceau des 86,3 millions $, «nous n'avons pas réduit beaucoup les chiffres d'AECOM, mais nous savons qu'il y a des économies réalisables sans faire de concessions pour la sécurité».

Il reste maintenant à convaincre le ministère des Transports du Québec (MTQ), propriétaire de la voie ferrée Matapédia-Gaspé depuis le 15 mai 2015, de lancer les travaux dès maintenant ou dans un avenir rapproché afin de ne pas perdre les occasions d'affaires identifiées par Canarail.

Ces occasions d'affaires, et les firmes qui les pilotent, ne sont pas nommées par Canarail. «C'est confidentiel pour le moment. Nous ne voulons pas mettre les clients potentiels dans une situation difficile s'ils ne sont pas prêts à en parler. Ce sont des entreprises sérieuses.»

Canarail assure que les ententes de transport potentielles ont fait l'objet d'entrevues en personne, d'échanges téléphoniques et de courriels et qu'elles sont «basées sur des besoins tangibles».

Luc Lévesque ajoute que dans la plupart des cas, les clients potentiels, ou des clients présents qui auront des besoins supérieurs, «sont en possession des tarifs de transport et ils savent que le rail est moins cher».

Le document condensé de Canarail ne fait pas référence à la cimenterie de Port-Daniel, mais il est clair, en raison des nombreuses références à la nécessité de réparer quelques ponts jusqu'à cette municipalité, que Ciment McInnis occupe une place importante dans la stratégie de développement de la Société du chemin de fer de la Gaspésie.

Train de passagers

La question du retour du train de passagers de VIA Rail est abordée à plusieurs reprises par l'économiste Michel Simard de Canarail. VIA générerait une importante part des 7 millions $ de revenus associés au rail.

Le service de passagers est suspendu depuis septembre 2013 à l'est de Matapédia en raison de l'état de certains ponts. La Société du chemin de fer de la Gaspésie, une entité sous contrôle des quatre MRC du sud de la péninsule, a perdu la propriété du tronçon Matapédia-Gaspé l'an passé en raison de difficultés financières, mais elle en a gardé l'exploitation.

Gaétan Lelièvre, député de Gaspé, souhaite maintenant que le MTQ bouge. «Le ministère a acquis le tronçon pour une bouchée de pain, 3,9 millions $, alors que le métal à lui seul vaut quatre, cinq ou six fois cette somme. Le gouvernement libéral n'a pas investi un sou dans l'infrastructure depuis deux ans. Il a dépossédé une région de son réseau ferroviaire. Il est temps qu'il agisse pour sa réfection et l'avenir économique de la Gaspésie.»

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