Le solde migratoire plombé sur la Côte-Nord

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La fin des activités de Cliffs Natural Resources, qui a tiré un trait sur sa mine du lac Bloom (photo) à Fermont en 2014, a fait mal à la Côte-Nord.

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<p>Fanny Lévesque</p>
Fanny Lévesque

Collaboration spéciale

Le Soleil

(Sept-Îles) Le temps dur pour les ressources naturelles n'épargne pas le solde migratoire de la Côte-Nord, qui affiche une perte de pas moins de 1339 personnes au cours de la dernière année. C'est plus de 1 % de la population.

La Côte-Nord connaît «et de loin, le déficit le plus lourd de toutes les régions» avec un taux migratoire à la baisse de 1,42 % en 2014-2015, apprend-on dans le bulletin Coup d'oeil sociodémographique publié mercredi par l'Institut de la statistique du Québec (ISQ). La diminution affecte toutes les MRC du territoire, ainsi que tous les groupes d'âge.

«Il y a plusieurs facteurs qui jouent, mais c'est difficile de ne pas faire de lien avec l'évolution de la situation économique, surtout que le profil migratoire de la Côte-Nord a des similitudes avec l'Abitibi-Témiscamingue, explique Martine St-Amour de l'ISQ. Ces régions ont en commun l'importance de l'industrie minière dans leur économie». 

Le cycle baissier du marché du fer ne fait pas de cadeaux à la région depuis deux ans, notamment avec la fin des activités du géant Cliffs Natural Resources, qui a tiré un trait sur sa mine du lac Bloom à Fermont en 2014. C'est d'ailleurs la MRC de Caniapiscau qui subit le plus grand déficit, avec le départ de près de 200 citoyens (-4,71 %). 

Depuis deux ans, le déficit migratoire se creuse même «assez rapidement» dans la région, remarque Mme St-Amour. La Côte-Nord n'a, en fait, enregistré qu'un seul bilan positif depuis que l'Institut compile ce genre de données (1998-1999) et c'était en 2010-2011, en pleine flambée du prix du fer. 

Pas de surprise

Ce recul marqué depuis 2011 n'étonne en rien le maire de Sept-Îles, Réjean Porlier. «Je ne peux pas dire que je suis surpris, parce que notre économie est tellement axée sur les ressources naturelles, a-t-il réagi. C'est navrant et ça nous donne encore plus de raisons de travailler sur notre diversification économique». 

En ce sens, le maire Porlier n'a pas manqué de rappeler qu'il souhaite rencontrer le premier ministre Couillard. «Je veux connaître ses intentions en regard des régions comme la nôtre, lance-t-il. On travaille sur des projets [avec le gouvernement], mais pas sur une vision globale qui puisse assurer une pérennité.»

«En aucun temps, je remets en question le travail du ministre Arcand [responsable de la Côte-Nord], mais je veux entendre de la bouche du premier ministre quelle sorte d'avenir il voit pour notre région et pour Sept-Îles. Est-ce qu'on peut arrêter de voir la Côte-Nord comme une région où l'on vient et d'où on sort?»

Régions éloignées

Tout comme la Côte-Nord, les régions éloignées enregistrent des soldes migratoires déficitaires. Le nombre de personnes qui ont quitté le Saguenay-Lac-Saint-Jean (-0,20 %) et l'Abitibi-Témiscamingue (-0,37 %) a continué d'augmenter en 2014-2015, mais a ralenti au Bas-Saint-Laurent (-0,09 %) et en Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine (-0,14 %).  

La MRC Rimouski-Neigette est l'une des rares à faire un gain migratoire dans l'Est (+0,52 %). «C'est vraiment une MRC qui ressort comme centre attractif, souligne Martine St-Amour. C'est une MRC qui fait ses gains plus particulièrement par rapport au reste du Bas-St-Laurent et de Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine».

Gains modestes dans la Capitale-Nationale

La Capitale-Nationale parvient à se maintenir dans la colonne du positif en 2014-2015, mais connaît son gain migratoire le plus modeste en 10 ans, toujours selon l'ISQ, «une baisse attribuable à la réduction du nombre d'entrants.»

Le nombre plus élevé de Québécois à partir vers Montréal a plombé le bilan de la Capitale-Nationale, qui a accueilli 1354 citoyens de plus (+0,19 %) cette année. «La région a déjà eu un solde positif par rapport à Montréal, mais depuis deux ans, on est revenu à une situation déficitaire», explique Mme D'Amour. 

«Plus de gens quittent la Capitale-Nationale pour Montréal que l'inverse», poursuit-elle. Québec a néanmoins fait des gains «un peu plus importants» dans les régions de l'Est-du-Québec et la Côte-Nord. Du côté de Lévis, la région Chaudière-Appalaches se distingue par une amélioration de son bilan avec une hausse de 832 citoyens (+0,20 %).

Enfin, c'est la région des Laurentides qui demeure la plus favorisée dans ses échanges migratoires avec un gain de 5068 personnes (+0,87 %). Entre juillet 2014 et juillet 2015, quelque 190 500 Québécois ont déménagé de région, soit 2,4 % de la population de la province.

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