Plan Nord: la Chine fait la vie dure au Québec

Le ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles,... (Collaboration spéciale Fanny Lévesque)

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Le ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles, responsable du Plan Nord et de la Côte-Nord, Pierre Arcand, était à Sept-Îles, vendredi.

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Fanny Lévesque

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Le Soleil

(Sept-Îles) La Chine fait la vie dure à l'État québécois dans sa grande séduction des investisseurs étrangers pour déployer son ambitieux Plan Nord.

«Nous sommes dans une guerre [commerciale] extrêmement difficile avec la Chine», a affirmé en entrevue au Soleil le ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles, Pierre Arcand. De retour d'une mission économique à New York, le ministre parle «d'une énorme compétition» pour attirer les bailleurs de fonds au Québec.

«La Chine coupe les prix et fait tout, tout, tout ce qui est possible pour être ultra compétitive avec nous», a poursuivi le ministre aussi responsable du Plan Nord, qui s'est déplacé aux États-Unis en début de semaine, accompagné des représentants de compagnies minières québécoises pour recruter d'éventuels partenaires financiers.

Le président-directeur général d'Investissement Québec, Pierre Gabriel Côté, était aussi du voyage pour promouvoir le projet de la Mine Arnaud à Sept-Îles, «la première priorité» du gouvernement, qui en est le principal actionnaire. Des rencontres avec les grandes firmes, Ernst and Young et Blackstone, ont été qualifiées de «fructueuses» par M. Arcand.

«Quand les investisseurs voient que le gouvernement est derrière, qu'il a même pris des participations [dans le projet], ça sécurise l'investissement.» La qualité des ressources extraites au Québec pourrait aussi peser dans la balance et favoriser la province à la Chine, qui tente par tous les moyens de maintenir sa croissance, explique M. Arcand.

«On donne de belles conditions, on a des tarifs énergétiques qui sont corrects, on a un dollar qui n'est pas très fort, qui pourrait nous aider pour les exportations, énumère-t-il. En principe, tout devrait être en place pour que ce soit pas mal facile, mais on sent qu'il y a une énorme compétition en ce moment.»

«Il est clair qu'il va falloir redoubler d'efforts», ajoute le ministre, envisageant même que Québec doive changer d'approche s'il veut tirer son épingle du marché. «Il va falloir regarder non seulement ceux qui achètent la matière première, mais peut-être celui qui aurait l'intérêt de la posséder plutôt que de l'acheter sur le marché.»

Pierre Arcand assure néanmoins que sa visite à New York aura permis «de développer de nouveaux liens solides» et espère que «ça va bouger le plus rapidement possible». Québec peine à ficeler le financement des 17 projets miniers de son Plan Nord dans le contexte du cycle baissier du prix des matières premières.

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