Plan Nord: cri du coeur de 16 entreprises de la Côte-Nord

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Vue aérienne de Sept-Îles

Richard Boucher

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Fanny Lévesque

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Le Soleil

(Sept-Îles) Québec devra faire plus s'il veut que les gens d'affaires de la Côte-Nord croient aux promesses du Plan Nord.

Un regroupement de 16 entrepreneurs a lancé mercredi un cri du coeur en signant Les illusions perdues du Plan Nord, une lettre publiée dans l'hebdomadaire régional Le Nord-Cotier. Issus de milieux diversifiés, les signataires dénoncent que les retombées positives du projet phare du gouvernement Couillard tardent à se faire sentir sur la Côte-Nord.

«Il ne se passe rien présentement, on regarde notre économie en chute libre», a martelé au Soleil l'un des signataires, Steve Guillemette. «On perd des commerces, on met des gens à pied, des gens qu'on a formés, qui ont une expertise. Ces gens-là déménagent et quittent la région», a poursuivi le président du Groupe G7.

La Côte-Nord est durement éprouvée par l'effondrement du marché du fer, qui peine à se relever avec un prix à la tonne oscillant autour de 42 $US. Entre 500 et 750 emplois auraient été perdus à Sept-Îles dans la dernière année, selon les estimations de la Chambre de commerce, qui appuie la sortie de ses membres.

«Les gens ne réalisent pas, à Québec et Ottawa, que c'est pas parce qu'on a annoncé [le décret environnemental] de Mine Arnaud ou qu'on parle d'un éventuel FerroQuébec qu'on vit le Klondike», a illustré le président de la Chambre de commerce de Sept-Îles, Marc Brouillette. «On dit la même affaire, il faut que le gouvernement active les choses.»

Et c'est précisément l'avancement de ces deux projets, estimés à des centaines de millions de dollars, que les entrepreneurs souhaitent que Québec accélère. FerroQuébec est en attente de l'obtention du décret environnemental pour démarrer son projet de construction d'une usine de silicium à Port-Cartier, évalué à 400 millions $.

«C'est incompréhensible que le gouvernement n'ait pas encore tranché dans ce dossier», affirme M. Brouillette. «Il y a des entreprises qui attendent après ça [...] Les gens sur le terrain, le temps les rattrape, les comptes, les marges de crédit, les pertes d'emplois et les faillites. Ils ont l'impression que personne dans la province comprend ce qu'ils vivent.»

Pour Steve Guillemette, franchir une nouvelle étape dans l'avancement de FerroQuébec viendrait donner une «bouffée d'oxygène» à la Côte-Nord. «Les gens sont nerveux, déprimés, il faut remettre de l'énergie positive dans notre économie. On comprend qu'il y a des normes à respecter, du travail à faire, mais on est capable d'accélérer le dossier.»

Investissement Québec, principal actionnaire de Mine Arnaud, a suspendu à l'automne les travaux d'ingénierie du projet minier de 850 millions $ parce que son partenaire a décidé de ne plus investir. «Pourquoi le gouvernement ne vient pas nous aider, mais quand c'est le temps d'aider Bombardier, ils sont là?» interroge Steeve Guillemette.

Le président du Groupe G7, qui oeuvre dans... (Collaboration spéciale Fanny Lévesque) - image 2.0

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Le président du Groupe G7, qui oeuvre dans la grande et moyenne industrie, Steeve Guillemette est passé de 200 à 100 employés du plus fort du boum minier à aujourd'hui. 

Collaboration spéciale Fanny Lévesque

«Ce n'est pas parce qu'on s'en occupe pas»

«Nous faisons tout ce qui est en notre possible pour créer de l'activité économique», a affirmé le ministre responsable du Plan Nord, Pierre Arcand, qui a tenu à réagir à la publication de la lettre des gens d'affaires de la Côte-Nord.

«Je suis bien surpris parce que je me fais dire par tous les représentants locaux que depuis les derniers mois, on est à l'écoute, disponible», a expliqué au bout du fil le ministre Arcand, aussi responsable de la Côte-Nord. «Il semble qu'on est extrêmement actif, il y a aussi des considérations de marché, mais ce n'est pas parce qu'on s'en occupe pas.»

Pierre Arcand promet qu'il s'agit d'une «question de temps» avant que le décret environnemental de FerroQuébec soit délivré. «On ne parle pas de mois, ça va se faire assez rapidement». Pour Mine Arnaud, le ministre assure que le président d'Investissement Québec en a fait sa priorité numéro un.

«On met les pressions nécessaires, il est clair qu'on ne lâchera pas tant que nous n'aurons pas un financement acceptable», a poursuivi le ministre, qui doit se déplacer à Sept-Îles, la semaine prochaine.

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