Un village de Gaspésie a son poste d'essence de l'avenir

Une station-service comptant des réservoirs souterrains, des pompes,... (Collaboration spéciale Gilles Gagné)

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Une station-service comptant des réservoirs souterrains, des pompes, un équipement informatique et une caméra a été aménagée sur les lieux de l'ancien poste d'essence du village.

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Gilles Gagné

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Le Soleil

(Saint-Elzéar) Les 475 citoyens du village gaspésien de Saint-Elzéar regagnent leur station-service après quatre ans de privation. Le modèle adopté, contrôlé à distance, pourrait bien représenter la station-service rurale de l'avenir, estime son instigateur, Marie-Louis Bourdages.

Retraité depuis quelques mois et citoyen de Saint-Elzéar, M. Bourdages a travaillé pendant plusieurs décennies dans le secteur pétrolier en tant que propriétaire d'une station-service et d'une entreprise de distribution d'hydrocarbures, Pétroles C. Poirier, desservant toute la Gaspésie.

Au fil des ans, il a vu le contexte changer sérieusement dans son domaine, et le nombre de postes d'essence péricliter de façon inquiétante, un élément qui contribue à l'effritement des services dans les communautés rurales, comme la fermeture des écoles, et la réduction de leur pouvoir d'attraction.

«Le calcul est simple. Une station-service qui vend 500 000 litres par année, comme c'était le cas à Saint-Elzéar, avec une marge bénéficiaire de trois ou quatre cents par litre, fait entre 15 000 et 20 000 $ de profits. Ce n'est pas assez pour payer un salaire. Ce n'est pas assez pour arriver, quand on ajoute l'entretien, le déneigement et le reste. C'est pour ça qu'on voit les stations-services être intégrées à des gros dépanneurs. Le gaz est accessoire maintenant», explique M. Bourdages.

S'il est accessoire en commerce, le carburant demeure crucial pour un village d'arrière-pays comme Saint-Elzéar, qui compte deux industries forestières regroupant 200 employés, des gens devant aller presque aussi souvent vers l'intérieur des terres que vers une ville comme Bonaventure.

«Ça faisait des années que je pensais au concept d'une station-service contrôlée à distance. Ça existe déjà pour les camionneurs, qui utilisent une puce [électronique] pour payer, dans les magasins Costco. Ça n'existait pas jusqu'à récemment dans des villages comme Saint-Elzéar. Il y en a quelques-unes au Saguenay, propriétés de Pétroles RL», dit M. Bourdages.

Le principe est simple. Une station-service comptant des réservoirs souterrains, des pompes, un équipement informatique et une caméra a été aménagée sur les lieux de l'ancien poste d'essence du village. À 20 kilomètres, à Bonaventure, une autre station-service est dotée d'écrans pour surveiller ce qui se passe à la station jumelée, communiquer au besoin avec le client, en plus d'approuver la transaction avant le plein de carburant.

«Le paiement se fait avec une carte de crédit, une carte de débit, ou une puce. À la station-service de Bonaventure, on voit ce qui se passe ici. Si le client fume, si son moteur tourne, on peut couper la pompe. Le contrôle à distance pourrait se faire de n'importe quel bureau», précise M. Bourdages.

Le projet de Saint-Elzéar a pris un peu plus de temps que prévu avant d'aboutir parce que Marie-Louis Bourdages, en tant que développeur du concept, voulait vendre préalablement son entreprise.

«Je ne voulais pas être distributeur d'essence et faire les démarches pour la station-service contrôlée à distance. J'aurais été en conflit d'intérêts, parce qu'il fallait aller chercher des subventions pour y arriver», dit-il.

Deux ministères, de l'Économie, de l'Innovation et des Exportations, de même que les Affaires municipales et l'Occupation du territoire, en plus de la MRC de Bonaventure, son centre local de développement et la municipalité de Saint-Elzéar, ont versé un peu plus de 200 000 $ dans le projet. Des fonds privés, dont quelques dizaines de milliers de dollars fournis par M. Bourdages, complètent l'initiative de 312 000 $.

Déjà, deux autres villages gaspésiens ayant perdu leur station-service, dont Saint-François, près de Matapédia, envisagent un projet similaire.

«Au cas par cas»

«Tu ne peux développer un projet pareil s'il y a des pompes avec service autour. La distance n'est pas déterminée pour l'octroi des permis. C'est analysé au cas par cas», note M. Bourdages.

Elzéar Larocque, un concitoyen, est arrêté le saluer hier. «Je voulais te remercier. Ça n'avait pas de sens aller à Bonaventure, 40 kilomètres aller-retour, pour aller chercher de l'essence. Quand on perd un service dans un village comme le nôtre, c'est bien difficile de le récupérer.» 

Avec la collaboration d'André Bécu

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