Cimenterie de Port-Daniel: débarquement sans permis sur une plage

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À Port-Daniel, des barges ont débarqué sur la plage des pièces d'équipement trop lourdes pour voyager sur route.

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<p>Geneviève Gélinas</p>
Geneviève Gélinas

Collaboration spéciale

Le Soleil

(Port-Daniel-Gascons) Des inspecteurs du ministère de l'Environnement se rendront sous peu sur la plage de l'anse McInnis, à Port-Daniel, où des centaines de tonnes d'équipement ont été débarquées pour la cimenterie en construction. Les transporteurs auraient dû demander une autorisation, ce qu'ils n'ont pas fait, indique le Ministère. Et des voisins s'inquiètent des traces laissées sur cette plage réputée pour sa beauté.

Les débarquements ont eu lieu le 19 octobre et le 1er novembre. Un troisième est prévu ce jeudi 19 novembre. Ce devrait être le dernier, à moins d'imprévu. Les barges arrivent d'Halifax et de Milwaukee avec à bord, entre autres, les sections d'un four industriel et une table de broyage.

«Les pièces étaient trop pesantes pour être transportées sur route. Certaines pièces faisaient jusqu'à 23 pieds [7 mètres] de large», explique Jean Marion, du Groupe Bellemare, qui a débarqué 600 tonnes au total le 19 octobre.

Les deux autres débarquements sont assumés par Transport Watson. La plus lourde pièce transbordée le 1er novembre pesait 225 000 livres (plus de 100 tonnes métriques).

«La barge monte sur la plage quand la marée est haute», décrit M. Marion. «On met de l'eau à l'arrière pour que le devant lève et on pousse ça avec un remorqueur.» Des camions viennent sur la plage pour prendre livraison des pièces.

Un voisin nous a transmis des photos de la plage après un débarquement. On y voit de la végétation écrasée, du gravier de plage remué et des traces de machinerie lourde. Le bruit et la circulation sont intenses pendant l'opération, a précisé ce voisin, qui refuse de voir son nom publié.

Ciment McInnis décline toute responsabilité. «Toute la livraison est donnée à contrat. Le transporteur assume les risques. On ne gère pas les permis», indique Maryse Tremblay, directrice des communications de Ciment McInnis.

La cimenterie de Port-Daniel, en Gaspésie... (Collaboration spéciale Gilles Gagné) - image 2.0

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La cimenterie de Port-Daniel, en Gaspésie

Collaboration spéciale Gilles Gagné

Les transporteurs ont passé un protocole d'entente avec Pêches et Océans Canada, qui prévoit de remettre le terrain en état après le déchargement, précise Mme Tremblay.

Le Groupe Bellemare estime avoir nettoyé la plage dans les règles de l'art.

«Toutes les fois, on fait la remise en état», dit aussi Jean-François Prince, de Transport Watson. «Mais on y retourne cette semaine. On va faire les vérifications.»

Aucune autorisation n'a été demandée pour les débarquements, indique le porte-parole du ministère du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, Frédéric Fournier. De tels travaux sont pourtant assujettis à la Loi sur la qualité de l'environnement, peu importe qu'une entente soit intervenue avec Pêches et Océans. «Quand c'est sur le littoral, ils ont besoin de venir nous voir aussi», dit M. Fournier.

«Une inspection sera réalisée sous peu faire les validations requises. Selon les constats effectués, le ministère va évaluer les actions à prendre», ajoute le porte-parole.

Vérification faite, Pêches et Océans a bel et bien donné sa bénédiction au transporteur après avoir examiné l'impact sur les poissons et leur habitat, une question de juridiction fédérale. La plage doit être remise en état au plus tard le 30 avril, précise le ministère fédéral, en respectant le profil et la hauteur de la plage ainsi que le gravier d'origine.

La cadence des travaux sera soutenue au cours de l'hiver

Bien qu'ils ne garderont pas le rythme des derniers mois, les travaux de construction de la cimenterie de Port-Daniel maintiendront une allure soutenue au cours de l'hiver, alors que de 300 à 400 personnes continueront de converger au chantier du village gaspésien.

En septembre, jusqu'à 800 travailleurs ont foulé le sol du chantier, sur trois factions. Il y a quelques jours encore, entre 650 et 700 personnes se rendaient quotidiennement à l'emplacement du ruisseau à la Loutre.

«Il y aura pas mal d'activités cet hiver. Le niveau d'activités est encore élevé; les activités de bétonnage ne sont pas terminées», précise Maryse Tremblay, porte-parole du promoteur, Ciment McInnis.

Lors de l'hiver 2014-2015, la main-d'oeuvre au chantier avait baissé à environ 80 personnes. Quelques-uns des silos de la future cimenterie et les halles de stockage constituaient les seules structures émergeant du sol et le volume d'ouvrage est limité en pareille situation, quand il faut travailler dehors.

Le contexte sera tout autre au cours du prochain hiver puisque plusieurs bâtiments sont érigés, et qu'une fois fermés aux intempéries, ils seront au centre d'une somme de travail considérable. C'est le cas du bâtiment administratif.

«Il sera prêt au printemps, mais le laboratoire est prêt maintenant. Cette portion de bâtiment est fermée et il ne faudra que quelques semaines avant qu'il soit fonctionnel. Il faut le faire certifier, de même que notre personnel, pour garantir que nos données sont fiables», explique Maryse Tremblay.

La tour de préchauffage et les halles de stockage sont d'autres unités où le travail hivernal sera assez intense. En attendant l'arrivée des intrants qui feront partie, comme le calcaire local, de la composition du ciment, ces halles en forme de «A» offrent d'immenses espaces où il est possible de monter des équipements à installer dans d'autres bâtiments de la cimenterie.

«C'est vrai, mais des équipements doivent aussi être installés pour un usage dans les halles, et ça prend de la place ça aussi», signale Maryse Tremblay.

Le terminal maritime sur pilotis avance aussi rondement. «Les plates-formes sont presque terminées. On s'affaire aussi sur l'installation des bras de chargement et de déchargement mobiles. Les navires n'auront pas à bouger, une fois accostés», ajoute-t-elle.

La cimenterie nécessite un investissement de 1,1 milliard $. Une partie indéterminée de cette somme servira à l'aménagement d'installations de réception du ciment aux États-Unis. «Nous commencerons la production avec des installations existantes», note Mme Tremblay.

Cette production s'établira à un intervalle de 2,2 à 2,5 millions de tonnes annuellement. Ciment McInnis et les firmes qui bénéficieront de l'impartition liées à l'exploitation de la carrière et du chargement des navires emploieront 153 personnes.

«Nous maintenons le cap pour un début de production à l'automne 2016», conclut Maryse Tremblay.

Projet controversé

Le projet de Ciment McInnis a soulevé la controverse à quelques reprises, notamment quand Investissement Québec a annoncé qu'elle prêtera 250 millions $ au promoteur, en plus de participer à l'équité du projet à la hauteur de 100 millions $. La Caisse de dépôt et placement du Québec investira aussi 100 millions $ dans l'équité de Ciment McInnis.  Avec Gilles Gagné (collaboration spéciale)

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