Baie-Comeau: en grève pour se faire parler en français au travail

Les syndiqués de l'hôtel-motel La Caravelle veulent parler... (Collaboration spéciale Steeve Paradis)

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Les syndiqués de l'hôtel-motel La Caravelle veulent parler en français au travail.

Collaboration spéciale Steeve Paradis

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Steeve Paradis

Collaboration spéciale

Le Soleil

(Baie-Comeau) Ce n'est pas toujours facile de s'entendre avec son patron, alors imaginez quand il parle mandarin! Les employés de l'hôtel-motel La Caravelle de Baie-Comeau ont déclenché mardi une grève générale illimitée, pas nécessairement pour augmenter leur salaire, mais bien pour se faire parler en français au travail!

«Tous les matins, ils rentrent au travail en nous disant "good morning". On ne l'accepte pas, on veut travailler en français», a lancé la présidente du syndicat, Monique Boulianne, à propos des copropriétaires, deux Chinois précédemment établis à Montréal et qui ne parlent qu'anglais et mandarin. Le couple est propriétaire de l'établissement depuis près de deux ans.

«La dernière fois que j'ai entendu parler de relations de travail en anglais à Baie-Comeau, c'était il y a 55 ans, à l'aluminerie [Alcoa], et les gars avaient été insultés», a affirmé le président du Conseil central Côte-Nord de la CSN, Guillaume Tremblay. «Au Québec, il faut minimalement communiquer en français. Ces gens se sont syndiqués parce qu'ils en avaient assez de relations de travail pourries.»

Climat de travail désastreux

Car, au-delà de la langue, la vingtaine de syndiqués de l'établissement soutiennent que le climat de travail est désastreux et qu'on se moque du syndicat, accrédité depuis la fin février 2015. Mme Boulianne a d'ailleurs été congédiée il y a deux semaines après cinq ans de service, «et je suis convaincue que c'est parce que je suis la présidente du syndicat», a-t-elle allégué.

«Ils [les proprios] nous ont suppliés tout l'été de les aider, a poursuivi Mme Boulianne. On l'a fait sans rien contester, on a travaillé dur, mais non seulement on n'a pas été payés à temps et demi pour nos heures supplémentaires, mais il y a des heures qui n'ont carrément pas été payées.» Selon le syndicat, le principe d'ancienneté serait aussi bafoué.

Les employés de La Caravelle sont payés au salaire minimum. Ils ont demandé l'an dernier une augmentation d'un dollar l'heure à leurs nouveaux propriétaires, demande qui a été catégoriquement refusée selon eux.

Dialogue de sourds

Une première rencontre de négociations a eu lieu le 3 septembre et a donné lieu à un dialogue de sourds. Preuve du peu d'empressement de la partie patronale selon la CSN, la prochaine série de négos est prévue le 26 novembre. Un conciliateur devrait cependant intervenir dans le dossier d'ici là. Espérons que tous parleront alors le même langage...

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