Cote de popularité très basse pour Jean D'Amour en Gaspésie

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Une quinzaine de manifestants ont perturbé la conférence de Jean D'Amour à Gaspé, vendredi.

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Geneviève Gélinas, Gilles Gagné

Collaboration spéciale

Le Soleil

(Gaspé) La cote du ministre Jean D'Amour, responsable de la Gaspésie, est très basse auprès des Gaspésiens alors que le principal intéressé a été accueilli au son des casseroles lors de sa visite à Gaspé vendredi matin. On fustige son absence d'engagement, mais aussi son attitude de «presque chantage».

Les Gaspésiens ont l'impression de recevoir une brique après l'autre. Exploramer, un musée de Sainte-Anne-des-Monts qui accueille plus de 20 000 visiteurs par an et embauche 28 personnes, a annoncé le 8 octobre qu'il fermait ses portes faute d'aide financière de Québec. La Société des établissements de plein air du Québec (SEPAQ) vient de mettre en vente l'Auberge et Golf Fort-Prével (32 emplois), entre Gaspé et Percé, sans garantie que le repreneur poursuivra les opérations. Et le train touristique L'Amiral est bloqué en gare de Gaspé parce que le chemin de fer, propriété du gouvernement québécois, tarde à être réparé.

Le ministre D'Amour «parle beaucoup, mais dans les faits - et le meilleur exemple, c'est sa gestion d'Exploramer -, c'est désolant de voir qu'il ne peut pas s'engager plus que ça», dit Sonia Pelletier, citoyenne et femme d'affaires venue assister au déjeuner-conférence donné par M. D'Amour sur la stratégie maritime.

«Je ne le vois pas souvent. Je viens déjeuner avec pour le voir, ça veut tout dire!» a lancé la préfète de la MRC de La Côte-de-Gaspé, Délisca Roussy.

«Presque du chantage»

Le député péquiste de Gaspé, Gaétan Lelièvre, qualifie de «dictatoriale» l'attitude de Jean D'Amour. «Les intervenants se plaignent qu'il n'est pas accessible, pas à l'écoute, qu'il n'accepte pas qu'on lui dise qu'on n'est pas d'accord avec son gouvernement. Mais les gens ont des dossiers sur son bureau et n'osent pas le confronter publiquement parce que s'ils le font, on leur dit que ce n'est pas une façon de faire avancer leur dossier. C'est presque du chantage [...]. Les gens ont peur. C'est une attaque à la démocratie.»

Professeur d'histoire, auteur et observateur de l'actualité gaspésienne, Jean-Marie Thibeault est loin d'être impressionné par le bilan du ministre régional, 18 mois après son accession au cabinet.

«Il est le ministre irresponsable de la région, plutôt que responsable. Il représente le Parti libéral ici plutôt que les gens de la région à Québec. J'ai l'impression qu'on nous a mis en pénitence parce que les circonscriptions de Gaspé et de Bonaventure [...] ont voté pour le Parti québécois», dit-il.

M. Thibeault déplore aussi le climat d'intimidation qui semble paralyser certains meneurs de la Gaspésie. «Bon nombre d'acteurs sont soumis, inféodés au ministre. Ils attendent quelque chose, l'équivalent de miettes [...]. Mais c'est notre gouvernement. On se croirait revenus à l'époque de Duplessis, qui disait : "Duplessis donne à votre province." Je n'attends pas d'aide. Je n'ai pas envie d'attendre qu'il donne. Il faut aller chercher des leviers pour développer, pas l'inverse, comme attendre.»

Questionné par les journalistes sur le sentiment d'abandon vécu par les Gaspésiens, Jean D'Amour a rappelé les investissements de Québec dans la cimenterie de Ciment McInnis, en construction à Port-Daniel et d'abord annoncés par le gouvernement péquiste qui l'a précédé, le projet de Pétrolia pour explorer le gaz naturel près de Murdochville et l'acquisition de la voie ferrée. «Ceux qui ne représentent pas la Gaspésie, ce sont ceux qui ne parlent pas à leur ministre régional», a-t-il déclaré.

***

Trois dossiers en attente d'engagements

  • Musée Exploramer, à Sainte-Anne-des-Monts
  • Auberge et Golf Fort-Prével, entre Gaspé et Percé, mis en vente par la SEPAQ
  • Train touristique L'Amiral, à l'arrêt à Gaspé faute d'un chemin de fer en bon état

***

Le ministre se mouille peu

Le ministre Jean D'Amour était de passage à... (Photo collaboration spéciale Geneviève Gélinas) - image 3.0

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Le ministre Jean D'Amour était de passage à Gaspé vendredi pour un déjeuner-conférence sur la Stratégie maritime. 

Photo collaboration spéciale Geneviève Gélinas

Lors de son passage à Gaspé, hier, le ministre Jean D'Amour ne s'est pas beaucoup plus avancé que dans le passé sur des dossiers chers aux Gaspésiens. Exploramer, le musée de Sainte-Anne-des-Monts, aurait eu besoin de 200 000 $ pour rester ouvert. En annonçant sa fermeture définitive, le président d'Exploramer, Gilles Thériault, a reproché à Jean D'Amour de ne pas avoir respecté ses engagements à trouver les fonds nécessaires à sa survie. Hier, le ministre arguait toujours qu'il veut «assurer la pérennité» d'Exploramer avec «un plan de relance», mais n'avait pas d'aide financière à présenter.

La SEPAQ a mis l'Auberge et Golf de Fort-Prével en vente, même si les municipalités de Gaspé et de Percé étaient prêtes à étudier la possibilité de la racheter pour s'assurer qu'elle continue à fonctionner. «Je ne peux pas dire oui à un projet qui n'existe pas», a réagi le ministre.

Les élus pressent Québec de réparer le chemin de fer Gaspé-Percé, pour que le transport de croisiéristes par le train touristique L'Amiral puisse reprendre. Son gouvernement a «l'intention d'investir», dit M. D'Amour, qui refuse de mentionner un échéancier. Lorsque M. D'Amour a été nommé ministre régional, en avril 2014, il y avait urgence de regarnir le fonds servant à réparer les ponts de la Société du chemin de fer de la Gaspésie. À la suite du budget de 2014, l'État québécois n'a pas envoyé un sou avant que le transporteur se place sous la protection des tribunaux, en novembre, en raison d'une faillite technique.

Ce qu'ils ont dit

 «Je suis les nouvelles et je n'ai entendu aucune annonce structurante pour

la région, à part la stratégie maritime qui reste floue. À mon avis, il y a un problème.» 

- Yves Daniel Garnier, enseignant au Cégep de la Gaspésie et des Îles

***

«J'entends mon voisin dire : "Ils ont un plan pour fermer la Gaspésie." Mais ils n'ont pas de plan. J'aimerais mieux qu'ils en aient un. On saurait comment le combattre. L'État nous coupe l'oxygène, petit à petit.» 

- Jean-Marie Thibeault, professeur d'histoire, auteur et observateur de l'actualité gaspésienne

***

«Jean D'Amour a le don de faire passer des coupures pour des investissements, en nous disant : "On vous laisse la moitié de ce que vous aviez." Il prend le monde pour des valises. C'est un bilan catastrophe jusqu'à maintenant, des centaines de pertes d'emplois dans la forêt, la santé, les services publics. Il y a un décalage entre sa réalité et celle des gens. Il se vante de choses qui n'appartiennent pas à son bilan, comme le projet de logement social de Carleton, annoncé par le gouvernement précédent.»

- Patricia Chartier, travailleuse communautaire, conseillère municipale à Maria et ex-candidate de Québec solidaire dans Bonaventure.

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