Québec ouvre la voie à l'expansion d'Alouette

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Le premier ministre Philippe Couillard était notamment accompagné du ministre Pierre Arcand pour l'annonce à Sept-Îles.

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Le Soleil

(Sept-Îles) L'encre n'est pas encore sèche sur l'entente d'une nouvelle tarification électrique qu'Aluminerie Alouette se tourne vers l'avenir et lance les études de préfaisabilité de sa troisième phase d'expansion, un projet de 2 milliards $.

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Le premier ministre du Québec Philippe Couillard

Québec et le principal employeur de Sept-Îles ont annoncé jeudi en être venus à un accord, après des mois de négociations, pour l'octroi d'un tarif d'électricité plus compétitif. «On était à la croisée des chemins. Maintenant, ça nous permet d'envisager le futur de l'entreprise», s'est réjoui le président et chef de la direction, Claude Boulanger.

Et l'horizon laisse déjà entrevoir la réalisation possible de la phase 3, si les conditions du marché mondial se redressent. «Cette fameuse phase 3 qu'on attend tous», a souhaité tout haut le premier ministre Philippe Couillard, à Sept-Îles pour l'annonce. «Ce sera la décision de l'entreprise [...] Mais, on sera là, si vous décidez de faire le pas en avant.»

Le projet, qui prévoit l'aménagement d'une troisième salle de cuves, pourrait s'amorcer «dans une fenêtre d'opportunité» située entre décembre 2017 et 2019, a assuré M. Boulanger. Alouette bénéficie d'ailleurs, depuis octobre 2011, d'un bloc d'énergie de 500 mégawatts, octroyé par Québec, expressément pour le démarrage de l'expansion.

Une entente «équitable»

Si la nouvelle entente ouvre la voie à une éventuelle phase 3, elle assure également la pérennité des installations de Pointe-Noire et consolide quelque 1000 emplois à Sept-Îles. «C'est une révision équitable, qui aura une portée économique majeure», a fait valoir le ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles, Pierre Arcand.

Bien que confidentiel, l'accord prévoit une formule de tarification à «partage de risques» qui évoluera selon le prix mondial de l'aluminium. Le nouveau tarif entrera en vigueur à la fin des contrats actuels, en janvier 2017, et s'échelonnera jusqu'en décembre 2029. L'entente s'accompagne d'un bloc de 70 mégawatts additionnels.

Investissements de 400 M$

Alouette s'engage en contrepartie à poursuivre des investissements de 400 millions $ d'ici 2020 dans son développement technologique. L'aluminerie doit aussi maintenir ses efforts pour favoriser l'implantation d'un terminal régional pour la réception et la distribution de gaz naturel liquéfié sur la Côte-Nord à partir de ses installations.

«Nous sommes convaincus que le développement de la région passe par la disponibilité de ce type d'énergie», a martelé Claude Boulanger, qui envisage, «s'il est commercialement viable», d'alimenter des fours à cuisson d'anodes par le gaz naturel d'ici cinq ans, ce qui apporterait «des gains environnementaux substantiels».

En mai, la haute direction de l'aluminerie durcissait le ton dans sa négociation avec Québec, sommant l'État de rétablir le «déséquilibre» provoqué par les ententes conclues avec ses concurrents, comme Alcoa en février 2014. «Ce qui est offert à Alouette est équitable par rapport à ce qui a été offert aux autres», a réagi jeudi le premier ministre.

«Mais, ce n'est pas rigoureusement identique parce qu'il n'y a pas une usine comme les autres», a-t-il poursuivi. Alouette affirmait être l'aluminerie qui payait son électricité la plus chère au Québec, avec un coût d'énergie par tonne produite de 463 $, alors qu'il en coûte, par exemple, 352 $ à Deschambault, selon l'entreprise.

Le gouvernement mise sur l'aluminium

Le gouvernement libéral a bien l'intention de faire de l'aluminium l'un des fers de lance de l'économie du Québec. L'annonce d'une nouvelle entente tarifaire avec Aluminerie Alouette tombe à point avec le lancement récent de la Stratégie québécoise de développement de l'aluminium.

«Il y en a qui ont du pétrole et nous on a ça», a martelé le premier ministre Philippe Couillard, en brandissant un petit lingot de métal gris. «Ça, c'est l'hydroélectricité qu'on exploite dans une forme solide. Ça, c'est l'avenir du Québec. Je suis bien content de compter sur cet avenir-là plutôt que le pétrole», a-t-il rajouté. Québec mire notamment la création d'un «environnement favorable» à la transformation de l'aluminium pour favoriser la croissance de cette filière industrielle. «Ce n'est pas vrai qu'on va produire de l'aluminium pour être transformé ailleurs et être revendu ici. On est capable de faire ça», a assuré pour sa part le ministre de l'Économie, Jacques Daoust.

Pour appuyer la stratégie de Québec, Alouette s'est d'ailleurs engagée à rendre disponible annuellement 50 000 tonnes de métal gris primaire à prix compétitifs pour répondre aux besoins des transformateurs québécois, en priorisant ceux de la Côte-Nord.

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